28/01/2026
Dans le cadre de l’événement Special Olympics organisé au Five de Moulins-lès-Metz, 24 équipes venues de trois pays différents et des quatre coins de la France se rencontrent dans un tournoi de futsal placé sous le signe du partage et de l’inclusion.
Pour l’occasion, nous avons recueilli les propos de Laurent Klancar, arbitre à la JS ARS LAQUENEXY, qui revient sur son parcours dans l’arbitrage et sa participation à l’événement.
𝐃𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐝’𝐚𝐧𝐧𝐞́𝐞𝐬 𝐞̂𝐭𝐞𝐬-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐫𝐛𝐢𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐜𝐥𝐮𝐛 𝐚𝐫𝐛𝐢𝐭𝐫𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 ?
𝐋.𝐊 : Je suis arbitre depuis 2021. Je suis licencié arbitre à la JS ARS LAQUENEXY, un club où j’étais déjà éducateur depuis plusieurs années. En 2012, j’avais proposé mes services à la JSAL, et c’est tout naturellement que j’y ai pris ma licence d’arbitre.
Ce qui compte, c’est le respect : respect des personnes, respect du jeu, et le fait que chacun tienne son rôle avec sérieux et ponctualité.
Chacun son équipe, mais tous dans le même esprit, dans la joie et la bonne humeur, en se rappelant que le football est un jeu. Comme le dit si bien la devise du DMF : le jeu avant l'enjeu.
𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́ 𝐞𝐧𝐯𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐚𝐫𝐛𝐢𝐭𝐫𝐞 ?
𝐋.𝐊 : Au départ, c’est essentiellement pour ma santé que je suis devenu arbitre. Je voulais garder un pied dans le football malgré les aléas de la vie. C’est par la porte de l’arbitrage que je suis entré, et je m’y épanouis pleinement.
Dans mon parcours, j’ai eu la chance de toucher un peu à tout : joueur, éducateur, dirigeant, président. Rien d’extraordinaire, juste beaucoup d’années à aimer le football… et surtout à aimer les gens.
Le relationnel, pour moi, c’est la base de toute communication entre les personnes. Comprendre, écouter, s’adapter : c’est précieux en arbitrage, et surtout dans la vie de tous les jours.
Et puis il y a le côté terrain : en tant que joueur et éducateur, j’ai appris à lire le jeu, à anticiper les actions, à comprendre les placements et les déplacements.
Aujourd’hui, avec mes limites physiques, cette lecture du jeu m’aide énormément. Je me place tôt, je bouge avec économie, j’essaie d’être juste sans me mettre en difficulté.
𝐃𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐢𝐩𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐚̀ 𝐜𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐨𝐢 𝐝𝐞 𝐟𝐮𝐭𝐬𝐚𝐥 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐡𝐚𝐧𝐝𝐢𝐜𝐚𝐩 ?
𝐋.𝐊 : Avant de parler de football, j’aimerais parler d’humanité. Parce que ce tournoi, comme mon parcours, commence toujours là : dans la rencontre, la fragilité, et la force que l’on trouve ensemble.
Je participe à ce tournoi depuis décembre 2023.
C’est devenu un rendez-vous que j’attends avec beaucoup de plaisir.
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐞𝐬𝐭-𝐢𝐥 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐚𝐫𝐛𝐢𝐭𝐫𝐞𝐫 𝐜𝐞𝐭 𝐞́𝐯𝐞́𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐡𝐚𝐪𝐮𝐞 𝐚𝐧𝐧𝐞́𝐞 ?
𝐋.𝐊 : Parce que j’ai moi-même des soucis physiques, je comprends profondément ce que vivent les personnes en situation de handicap.
Il y a les handicaps visibles, moteurs, intellectuels… et puis il y a les handicaps invisibles, ceux que personne ne voit mais qui changent tout.
Arbitrer à ce tournoi, c’est ma manière d’apporter ma pierre à l’édifice.
C’est aussi une façon de me sentir utile, de donner un peu de mon temps à quelque chose qui a du sens, où l’humain passe avant tout.
Et puis il y a quelque chose de très particulier ici :
Le plaisir de revoir le staff Special Olympics, les équipes qui reviennent d’année en année, et d’en découvrir de nouvelles.
Le plaisir aussi de retrouver l’équipe arbitrale, avec des visages familiers et des nouveaux qui arrivent.
𝐐𝐮𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐞𝐧𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐱𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐚𝐮 𝐬𝐞𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐜𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐨𝐢 𝐒𝐩𝐞𝐜𝐢𝐚𝐥 𝐎𝐥𝐲𝐦𝐩𝐢𝐜𝐬 ?
𝐋.𝐊 : Je retiens une humanité rare.
Ici, tout est vrai : les émotions, la joie, l’effort, la solidarité.
Chaque édition me rappelle que le sport peut être un pont entre les différences, un lieu où chacun trouve sa place.
Pour terminer, j’aimerais vraiment inviter les arbitres à venir participer aux prochaines éditions de ce tournoi.
C’est une expérience à part, qui permet de découvrir un autre arbitrage, une autre atmosphère, et une autre vision du football dans le contexte du handicap. C’est cette dimension humaine qui, pour moi, donne tout son sens à l’événement.
𝐐𝐮𝐞𝐥 𝐫𝐨̂𝐥𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐮 𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐚𝐮 𝐦𝐨𝐬𝐞𝐥𝐥𝐚𝐧 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐮𝐧 𝐟𝐨𝐨𝐭𝐛𝐚𝐥𝐥 𝐢𝐧𝐜𝐥𝐮𝐬𝐢𝐟 ?
𝐋.𝐊 : En Moselle, il existe un véritable réseau qui permet aux personnes en situation de handicap de pratiquer le football dans de bonnes conditions.
Leur action commune est soutenue et coordonnée par la commission Foot Unifié du DMF, présidée par M. Julien Aranda, qui crée des passerelles, accompagne les équipes et permet à chaque joueur de trouver sa place, avec ses forces, ses limites et sa dignité.
𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐥’𝐚𝐭𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐛𝐢𝐭𝐫𝐞 𝐢𝐧𝐟𝐥𝐮𝐞𝐧𝐜𝐞𝐧𝐭-𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐫𝐨𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐥’𝐚𝐦𝐛𝐢𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝’𝐮𝐧 𝐦𝐚𝐭𝐜𝐡 ?
𝐋.𝐊 : Dans un tournoi comme celui ci, le relationnel est essentiel. Ici, un mot bien placé, un sourire, une explication calme peuvent changer tout le déroulement d’un match.
Ce n’est pas un détail : c’est la clé pour maintenir une atmosphère positive, inclusive et sécurisante.
Arbitrer, ce n’est pas être au dessus des autres : c’est être au milieu d’eux, pour que chacun puisse jouer en paix.
Et dans ce tournoi, cette philosophie prend tout son sens.