Action auprès des buveurs à guérir.
Si nous prenons le Mouvement en 1954, date de la Charte, nous le trouvons en plein démarrage avec des personnes pleines de bonne volonté, riches de dévouement, certaines de la nécessité de l'action auprès des buveurs à guérir et de leurs familles.
L'action du semblable sur le semblable, l'action du buveur guéri sur le buveur à guérir de l'alcoolisme et de la nécessité d'agir sur les structures de la Société.
La fierté « d'en être sorti » porte les buveurs guéris à porter leur témoignage en public. Ils éprouvent le besoin de crier leur bonheur et l'opinion publique devrait être éclairée sur l'alcoolisme-maladie et sur sa guérison. Il s'agissait de détruire le préjugé : «Qui a bu boira». Cette notion de l'alcoolisme-maladie distinguait profondément le Mouvement « VIE LIBRE » des autres mouvements.
L'amitié qui existe dans le cœur de tous les malades guéris s’affirme. Elle est le ferment de la guérison. Elle devient la grande devise de notre Mouvement : « Notre force est notre amitié ». Si parfois l'amitié risque de disparaître c'est qu'elle n'est pas gratuite, désintéressée. Par contre, cette amitié est donnée dans le sens de la promotion et du bonheur des autres, elle demeure, elle tient bon.
L'abstinence totale de tout alcool et familiale que l'ensemble des docteurs était loin de préconiser. Ce fut le résultat de fortes discussions au II° Congrès national au musée social de la rue Las Cases, à Paris.
La participation des abstinents volontaires (conjoints des buveurs guéris, leurs enfants et parents, et autres volontaires) à l'action des buveurs guéris qui était à l'origine de l'Entraide en 1946 (cf, la Charte de 1954, pages 6 et 10), et aussi, la coopération de membres sympathisants de tous milieux.
Cette participation et cette coopération, à part entière, des uns et des autres, s'expliquent du fait que « VIE LIBRE » essaie de toutes ses forces, par le triple jeu de la promotion professionnelle, familiale et sociale, de restituer l’homme dans toutes ses dimensions personnelles et collectives, donc dans la Société.
Il fallait que la Société aille à la rencontre de tous les rejetés que sont les victimes de l'alcoolisme. Une sorte de « délégation » de cette société s'est constituée à partir des abstinents volontaires et sympathisants.
Les abstinents volontaires, quant à eux, ont apporté, pour certains, le concours de leur expérience et de leurs compétences. Cela n'a pas été sans fautes de leur part, car ils ont quelquefois oublié que le moteur premier du Mouvement, son dynamisme profond, et en même temps sa faiblesse, restait le ressort caché de la souffrance.
Une leçon profonde reste valable pour toutes époques et pour tout homme : nul n'est à l'abri du paternalisme à l'égard de son semblable. Qui n'a pas dit : « Mes malades, ma section... ? ». Qui n'a pas préparé une réunion tout seul et qui ne se plaint pas d'avoir trop de travail alors qu'il répugne à confier du travail à d'autres ? etc...
De façon bien inégale encore dans toute la France, « VIE LIBRE » est devenu une équipe dans laquelle buveurs guéris et abstinents volontaires se côtoient fraternellement. Mais le Mouvement se doit d'être très vigilant sur le choix des amis qui désirent s'y engager volontairement, en complet accord avec les statuts et le règlement intérieur du Mouvement. Le service et la gratuité totale doivent être la règle absolue