Deviens ce que tu es...
Dans ma vie, comme dans ma pratique, j'ai pu constater que les différentes thérapies dans le domaine de l 'épanouissement psychique de l'individu passent bien souvent par une approche systémique et dogmatique.
En effet, cohabitent différentes thérapies comme autant de châteaux forts sans passerelle entre elles. Ainsi s'apposent, la psychiatrie, la psychologie, la psychanalyse, la philosophie et les nombreuses thérapies cognitives brèves et comportementales.
La psychiatrie est une spécialité médicale héritière du serment d’Hippocrate.
La psychologie date de l'antiquité . Elle est une étude sur les faits psychiques, les comportements et les processus mentaux par le biais de la verbalisation.
La psychanalyse date de la fin du 19 éme siècle. Son avènement a sans doute été favorisé par de nouveaux courants de pensées politiques et sociétales, par la baisse du pouvoir religieux et par les problématiques de la société bourgeoise de l'époque. Elle est basée sur la théorie de l’inconscient, du refoulement, de la névrose et des conflits intrapsychiques. Le sujet est habité par des forces qui échappent à sa maîtrise.
La philosophie est l'étude du sens de la vie. Elle remonte aux origines de l'humanité.
Les thérapies cognitives brèves datent d'après la deuxième guerre mondiale. Elles sont issues pour la plupart de l'école Palo Alto aux Etats Unis. Elles ont été favorisées par un contexte économique, car les mutuelles américaines trouvaient trop onéreux de financer des cures analytiques longues faites par des médecins psychanalystes et préféraient des thérapies plus courtes donc plus économiques.
Ce petit rappel historique permet de souligner que chacune de ces thérapies ne peut s'extraire du contexte historique et sociologique de sa création. Elles obéissent à des règles, à des dogmes, à des croyances qui leur sont propres. Chaque chapelle a ses croyants, ses maîtres, ses disciples, ses formateurs et ses systèmes de pensées.
Des passerelles vers de nouvelles ressources :
Les thérapies ne sont parfois pas adaptées à la structure du patient. Par exemple, il est dommage qu'une personne de structure hystérique, au sens psychanalytique du terme, soit suivie uniquement en psychanalyse.
Cela peut parfois augmenter les troubles pour elle et son entourage. Dans ce cas, une thérapie de soutien psychologique ou comportementale est plus adaptée, parfois même avec un support médicamenteux. De même, une personne souffrant de troubles obsessionnels compulsifs ne devrait pas être uniquement prise en charge par un psychiatre qui ne lui délivrerait que des ordonnances de médicaments. En effet, l'efficacité des thérapies brèves ou comportementales n'est plus à démontrer dans ce domaine pour améliorer son état, son confort de vie.
Par les nombreux et divers exemples que l'on pourrait donner, je pense qu'il existe une passerelle entre chaque thérapie. Ce qui doit guider le choix du thérapeute, c'est le patient. Cela implique la bonne foi de l'écoutant, sa capacité à « passer la main » s'il n'est pas à même de répondre aux attentes. Ce qui aujourd'hui m’amène à concevoir une nouvelle approche plus adaptée au patient, à ses représentations, ses besoins, ses croyances, son mode de vie et sa culture. Cela fait appel à une remise en question constante du thérapeute.
J'ai pleinement conscience que ce concept peut être perçu pour certains comme « un pavé dans la mare » et pour d'autres, être générateur de conflits. Toutefois, il me semble important d'appréhender l'autre dans une approche globale, une approche humaniste, une approche pour l'épanouissement personnel vers davantage de confiance en soi.
Je trouve utopique le concept de non intervention. Il me semble tout à fait impossible pour un thérapeute d'être pleinement neutre dans une situation, car systématiquement ses propres croyances, ses propres représentations interfèrent sur la psyché du patient. La neutralité est pour moi une vue de l’esprit car même dans le taire il y a intervention, par le silence et par la posture. Alors, autant intervenir, avec foi et avec courage.
J'ai conscience également que ce concept n'est aussi qu'une croyance. Mais si cette croyance peut amener, réparer et aider l'autre à devenir ce qu'il est, alors le but est atteint. J'espère que nous pourrons vous aider à devenir simplement ce que vous êtes.