15/07/2026
INTERVIEW DE L'ALPES SPIRIT CHAPTER ANNECY -
LOUIS BERTIGNAC
MORZINE - 13 JUILLET 2026
Aujourd’hui, Monsieur Louis Bertignac nous fait l’honneur de se soumettre à l’interview de l’Alpes Spirit Chapter d’Annecy.
On connait bien ce rockeur français, co-fondateur du groupe « Téléphone » mais le connaissons nous vraiment ?
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- Vous êtes un autodidacte de la musique et pourtant vous faites partie des meilleurs guitaristes français. Quel est l’histoire de cela ?
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Question flatteuse ! Enfin, j’ai, à partir de mes 15 ans, énormément joué sur mes albums favoris, Beatles, Stones, Led Zeppelin, Hendrix etc… Du coup, j’avais les meilleurs professeurs du monde, des heures durant, chaque jour.
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- La belle histoire « Téléphone » était une bande son de copains, Corinne Marienneau, Jean-Louis Aubert et Richard Kolinka.
Qu’en reste-t-il humainement ?
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Il nous reste des tas de beaux souvenirs, une belle aventure entre nous. On était presque prêts à mourir les uns pour les autres. Aujourd’hui, comme les membres d’un ancien couple, on n’a plus beaucoup de rapports.
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- Que représentent pour vous les Stones ou les Beatles ?
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Mes maîtres, musicalement. C’est eux qui m’ont donné envie de jouer en groupe. Les Beatles, énormes pour les voix et les mélodies, Les Stones pour leur groove et le son de guitare de Keith Richards.
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- Quel sont les atouts et les faiblesses qui vous caractérisent ? Et qui font de vous ce que vous êtes ?
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Ça n’est pas à moi de répondre à ça… Je fais ce que je peux, voilà.
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- Si vous deviez retenir un souvenir de scène, ce serait lequel ?
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Lorsque Rory Gallagher m’a invité à terminer son concert avec lui, c’était fantastique. J’étais un grand fan de lui, il m’appelle et me tend une Fender Telecaster, en me disant « viens, on va jouer du blues ensemble » ! C’était au Palais des Sports, à Paris, et j’avais 27 ans.
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- Certaines de vos chansons sont passées à la postérité : Cendrillon, Ces idées-là, Un autre monde, Ça c’est vraiment toi, Le jour s’est levé, etc.
Qu’est-ce que cela évoque pour vous ?
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Pas mal de boulot à composer et en studio ! Beaucoup de plaisir aujourd’hui d’avoir des incontournables dans mon répertoire, lorsque je monte sur scène.
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- Qu’est-ce qui vous a motivé à venir aux Morzine Harley Days ?
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Je suis déjà venu jouer dans ce festival, et j’en ai gardé un très bon souvenir.
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- Etes-vous motard et si oui, quel est votre rapport à la moto ?
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Je ne suis pas motard… Quand j’ai eu 19 ans, je me suis payé une Honda 125cm3, mais, après un accrochage avec une voiture dans Paris, j’ai préféré oublier la moto et me payer une voiture.
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- Votre chanson « Allez vite » est cruellement d’actualité. Alarmiste ou fataliste ?
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Juste réaliste. C’est vrai qu’une guerre peut nous tomber sur la gu**le du jour au lendemain, alors, sans attendre, profitons de la vie et ses plaisirs.
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- « Le film de ma vie » retrace évidemment votre itinéraire depuis l’enfance à maintenant.
Vraiment aucun regret ?
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Honnêtement, aucun regret. J’ai eu la vie dont je rêvais, c’est quasiment miraculeux
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- Vous vous êtes lancé dans l’écriture (avec Guy Carlier). Pourquoi avoir décidé de ce livre « Jolie petite histoire » ?
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Je pensais écrire ma vie à sa toute fin, donc sur mon lit de mort… Guy Carlier m’a persuadé de ne pas attendre, me disant qu’on ne connait jamais sa fin à l’avance, et que je devais laisser un témoignage, ne serait-ce que pour mes enfants, et pour les fans qui me suivent depuis longtemps.
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- Sur scène, vous êtes plutôt cash et sans filtre avec vous-même. La drogue et l’alcool font partie de vos messages.
Considérez-vous cela comme une alarme ou une transmission de vie ?
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Les deux. C’est normal de prévenir ceux qui sont là pour m’écouter, des dangers de certaines drogues, comme je l’ai fait avec mes enfants.
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- Nous avons toujours autant de plaisir à vous retrouver sur scène. En plus du rock, vous transmettez beaucoup de générosité et d’humilité.
La musique est-elle essentielle dans votre vie ?
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La musique m’a offert à peu près tous les bonheurs de ma vie, évidemment qu’elle m’est essentielle.
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- Sur scène, vous reprenez un tube des Beattles « why my guitar gently weeps ».
Votre vieille Gibson SG Junior (1963) ne pleure pas, elle chante, exulte, vibre comme peu le font.
Quel lien existe-t-il entre vous et cette guitare ?
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Ça fait 52 ans qu’elle m’accompagne ! Mes doigts l’ont façonnée, autant qu’elle les a façonnés. J’ai plein d’autres guitares, mais en elle j’ai une confiance absolue.
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- La parenthèse « Les Insus » était attendue par de très nombreux fans de « Téléphone ».
Nous imaginons que vous aussi attendiez ce moment depuis longtemps.
On pouvait y voir plus qu’une complicité entre Jean-Louis et vous… mais pas que. Le groupe transpirait le plaisir, voire la jouissance.
Était-ce vraiment la dernière ?
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C’était une belle occasion pour les fans qui étaient trop jeunes à l’époque de Téléphone, pour enfin nous (à peu près nous…) voir sur scène. Pour nous c’est différent, on s’est fait 10 ans ensemble. On l’a surtout fait pour le public. Je ne sais pas si c’était la dernière, les musiciens avec lesquels je joue aujourd’hui sont mes amis, et j’adore jouer avec eux. C’est déjà un peu étrange de reformer une fois un vieux couple, alors deux fois, je ne sais pas…