04/09/2026
LE PLAN CASI INSUFFISANT POUR SAUVER LES PRODUCTEURS
La ministre de l’Agriculture a annoncé aujourd’hui le plan CASI (climat, adaptation, sécheresse et incendies) de plus d’un milliard d’euros face aux conséquences exceptionnelles de la sécheresse et des canicules de 2026.
Pour le MODEF, ce plan est très insuffisant ! Les pertes liées au déficit de fourrage et de maïs ensilage sont estimées à 5,4 milliards d’euros et les pertes de rendement pour les productions végétales (maraichage, arboriculture, les légumes de plein champ) dépassent 50 %. Ce plan devrait être au minimum doublé voir multiplié par 10 au vu des dernières estimations de pertes agricoles.
Ce plan ne va pas éviter la faillite des 35 000 exploitations fragilisées. Au contraire, il va accélérer la disparition de 50 000 fermes et la décapitalisation massive du cheptel français. Le MODEF n’est pas dupe ! Le gouvernement veut accélérer l’industrialisation de l’Agriculture française, libéraliser l’Agriculture par la signature des traités de libre-échange et supprimer l’Agriculture familiale !
Une nouvelle fois, le gouvernement favorise certains paysans (68 000 agriculteurs assurés) plutôt que l’ensemble de la profession agricole. Les cultures couvertes par un contrat d’assurance, l’indemnité de solidarité nationale (ISN) permet de compenser intégralement les pertes (prise en charge à hauteur de 90 % par l’Etat et 10 % par l’assurance). À l’inverse, pour les cultures non assurées, l’ISN a été rendue dégressive : 45 % en 2023, 40 % en 2024 et 35 % en 2025. Le MODEF craint que l’enveloppe annoncée des 520 millions d’euros pour l’ISN soit uniquement destiné aux 68 000 agriculteurs assurés ! La réforme de l’assurance récolte (MRC) est un véritable échec ! La preuve, les surfaces assurées ont reculé en 2025 (- 3 %) ! La ministre ose déclarer que les agriculteurs non assurés auront « une aide délivrée moindre » que les assurés.
Le MODEF a interpellé plusieurs fois la ministre. D’ailleurs, nous n’avons eu aucune réponse de sa part ! Le MODEF réclame un véritable plan d’urgence agricole ambitieux :
- un Fonds national des calamités agricoles (anciennement FNGRA) sans passer par la MRC de 5 milliards d’euros,
- une aide directe pour toutes les productions subissant des pertes (en élevage : 300 €/UGB …)
- l’arrêt d’introduire des cultures alimentaires dans les méthaniseurs pour sauver les éleveurs,
- des prix minimum garantis par l’État afin d’assurer un revenu aux producteurs (augmenter les prix aux producteurs),
- prévoir l’acheminement du transport des fourrages et des céréales par les militaires,
- le blocage des prix du fourrage, de la paille et des semences de graines fourragères (arrêtons la spéculation),
- l’activation du coefficient multiplicateur pour les fruits et les légumes (les consommateurs ne doivent pas être lésés à cause de l’inefficacité du gouvernement),
- l’adoption rapide de la proposition de loi de Julien BRUGEROLLES pour restaurer un véritable régime public et de prévention face aux aléas climatiques, sanitaires et environnementaux.
Angoulême, le 4 septembre 2026
Frédéric MAZER
Co-Président du MODEF National
Victoire VIOLANES
Co-Présidente du MODEF National