01/07/2026
L’attractivité des métiers du soin ne se résume pas uniquement au salaire, c’est un problème avant tout global d’organisation, de sens et de conditions de travail.
■ Un constat rapide permet de dire :
▪︎ qu'il existe une forte pénurie de soignants (des dizaines de milliers de postes IDE et AS sont manquants).
▪︎ que les métiers du soins sont en tension avec des conditions d'exercice difficiles et un manque de reconnaissance évident.
--> Donc, améliorer l’attractivité des métiers du soins = attirer + fidéliser + redonner du sens. +++
■ Les leviers principaux :
▪︎Revaloriser les salaires par modification des grilles indiciaires afin d'avoir une vraie augmentation pérenne et comptant intégralement pour la retraite. +++
▪︎Création de primes ciblées (services en tension, prime canicule).
▪︎Reconnaissance de la pénibilité des métiers du soins qui n'existe plus aujourd'hui. +++
--> Le salaire des soignants n'est aujourd'hui toujours pas à la hauteur des responsabilité et de l'engagement quotidien des soignants. Le SEGUR a seulement permis de compenser partiellement des années de "gel"où les salaires des fonctionnaires FPH n'ont pas suivi l'inflation.
■ Améliorer réellement les conditions de travail :
▪︎C’est le facteur INDISPENSABLE.
Concrètement:
▪︎plus de personnel (ratio patients/soignant adapté avec la sortie du décret d'application permettant une application sur le terrain).
▪︎moins d’heures supplémentaires et d’horaires subis.
▪︎réduction des tâches administratives pour renseigner les indicateurs statistiques.
▪︎matériel adapté. +++
--> À salaire équivalent, les conditions de travail difficiles (charge mentale inclue) sont une cause majeure du manque d’attractivité. +++
■ Lutter contre le burn‑out et améliorer les conditions de travail des équipes par :
▪︎un accompagnement psychologique plus présent,
▪︎une stabilité accrue des équipes,
▪︎un management bienveillant,
▪︎une reconnaissance quotidienne.
--> Le burnout est une cause majeure de départ et de reconversion. +++
■ Mieux concilier vie pro / vie perso avec :
▪︎des plannings plus flexibles/adaptés,
▪︎moins de nuits imposées,
▪︎des temps partiel choisis et non imposés,
▪︎la généralisation des crèches / aides familiales.
--> Aujourd’hui, les attentes et les priorités des "jeunes"soignants ont changé. L'équilibre vie pro / vie perso est pour eux ESSENTIEL. +++
■ Valoriser les parcours et les évolutions :
▪︎ASH--> AS --> IDE,
▪︎spécialisation (IADE, IBODE…),
▪︎passerelles (IDE → cadre, IPA…),
▪︎formation continue.
--> Les perspectives de carrière augmentent la fidélisation. +++
■ Mieux former et accompagner les "jeunes" à travers :
▪︎ des tutorats et un suivi en équipe,
▪︎ des périodes d'intégration progressive et réelle dans les services,
▪︎éviter les mises en difficulté dès le début par mobilités forcées dans d'autres services ou par période d'intégration trop courte ou inexistante.
--> Les premières années sont critiques car de soignants abandonnent le métier dans les premières années. La moyenne de vie professionnelle d'une infirmière est de 4 années !
■ Redonner du sens et de la reconnaissance en :
▪︎valorisant, à nouveau, le rôle social des métiers du soins, +++
▪︎donnant plus d’autonomie aux soignants en reconnaissant les spécificités / compétences se chacun.
▪︎en incluant les équipes dans les décisions +++
--> Le sentiment d’être utile existe déjà mais il est indispensable de le préserver et le reconnaître à sa juste valeur. +++
■ Repenser l’organisation globale par :
▪︎une numérisation intelligente (moins de paperasse et des logiciels de soins adaptés et intuitifs).
▪︎des équipes interdisciplinaires,
▪︎une meilleure gestion RH (planning, effectifs),
--> A ce propos, l’IGAS recommande un pilotage RH plus stratégique et global.
■ Pour résumer :
L’attractivité des métiers du soins repose sur 3 piliers :
● Respecter les soignants par un salaire "digne" et une "vraie" reconnaissance. L'époque des bonnes soeurs est révolue.
● Protéger leur santé en "limitant" la charge de travail, les amplitudes horaires et en augmentant le soutien réel des équipes.
● Donner des perspectives en permettant de véritable carrière, en développant la formation et les évolutions qui en découlent.
--> Le problème n’est pas un manque de vocation, mais un manque de conditions acceptables pour exercer. +++
Tant que la charge mentale et physique resteront trop lourdes et le travail peu reconnu l’attractivité restera fragile, même avec des hausses salariales ponctuelles.