04/11/2024
Guerre au Proche-Orient : Accusée d’antisémitisme, une rapporteuse de l’ONU accuse l’Etat hébreu de génocide à Gaza
conflit israélo-palestinien•Israël a réclamé mercredi la démission d’une experte indépendante de l’ONU, Francesca Albanese, laquelle dénonce « l’éradication des Palestiniens »
Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies pour les droits de l'Homme dans les territoires palestiniens occupés, à Rome, jeudi 12 septembre 2024. - Mauro Scrobogna/LaPresse/Shutter
Israël et ses soutiens l’accusent d’antisémitisme quand elle dénonce un « génocide ». Francesca Albanese, experte indépendante de l’ONU, s’est une nouvelle fois attiré les foudres de l’Etat hébreu en affirmant dans son rapport intitulé L’effacement colonial par le génocide que l’on assiste au « premier génocide colonial diffusé en direct qui a lieu à l’égard du peuple palestinien », relaie Radio Canada.
En s’adressant au gouvernement canadien dimanche à Montréal, cette experte, mandatée par le Conseil des droits de l'homme mais qui ne parle pas au nom de l’ONU, a demandé aux États de respecter leurs obligations au regard de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.
Devant une commission de l’Assemblée générale des Nations unies fin novembre, Francesca Albanese avait déjà estimé que « le génocide de la population palestinienne apparaît comme le moyen de parvenir à une fin : l’expulsion complète ou l’éradication des Palestiniens de la terre à laquelle est rattachée une part si essentielle de leur identité et qui est illégalement et ouvertement convoitée par Israël ».
Accusation d’antisémitisme
Devant ces propos, l’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, a réclamé sa démission et l’ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield a jugé l’experte « inapte à son rôle ». « Les Nations unies ne devraient pas tolérer l’antisémitisme d’une responsable affiliée à l’ONU engagée pour promouvoir les droits humains », a-t-elle ajouté.
Des critiques qui n'émeuvent pas la principale intéressée, selon qui il n’y a rien d’étonnant à ce que les Etats-Unis prennent la défense de l’Etat hébreu en raison du « conflit d’intérêts » qui les lie.