Agissons contre la cherté des carburants en Corse

Agissons contre la cherté des carburants en Corse Le prix élevé des carburants impacte notre île dramatiquement tant au niveau social qu’économique. Nous devons agir. JM Andreani, Ph Domergue, F Poletti

Nouveau dans l’Observatoire A4C : Corse vs Bouches-du-RhôneLe collectif Agissons contre la cherté des carburants en Cors...
13/06/2026

Nouveau dans l’Observatoire A4C : Corse vs Bouches-du-Rhône

Le collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse enrichit son Observatoire avec une nouvelle comparaison : la Corse face aux Bouches-du-Rhône, de 2022 à 2026.

Pourquoi les Bouches-du-Rhône ? Parce qu’il s’agit d’un territoire continental proche et pertinent pour comparer les prix, notamment au regard de la zone d’approvisionnement de Fos, qui constitue une référence essentielle dans la formation des prix des carburants.

Ce nouvel outil permet de suivre l’évolution des écarts de prix hors taxes, mais aussi des marges de distribution, carburant par carburant, en données journalières ou hebdomadaires. La comparaison peut se faire avec l’ensemble du réseau des Bouches-du-Rhône ou avec le seul réseau traditionnel, hors grandes et moyennes surfaces.

Et les résultats sont clairs : non seulement l’écart est important, mais il s’accroît.

Sur le gazole, l’écart hors taxes Corse / Bouches-du-Rhône passe d’environ +13,2 c€/L en 2022 à +19,5 c€/L en 2025.
Autrement dit, l’écart ne se contente pas d’exister : il s’aggrave fortement.

Pour le SP95, le constat est lui aussi très significatif : l’écart passe d’environ +13,2 c€/L en 2022 à +17,5 c€/L en 2025.

Et lorsque l’on compare le SP95 corse à l’E10 vendu dans les Bouches-du-Rhône, cela devient encore plus édifiant. Alors que les automobilistes corses sont privés de ce carburant généralement moins cher, environ un tiers des stations des Bouches-du-Rhône ont cessé de vendre du SP95 depuis 2022 pour ne commercialiser que de l’E10.
Dans cette comparaison, l’écart ressort encore plus fortement : environ +18,6 c€/L, toutes stations confondues.

Même constat sur les marges de distribution. Sur le gazole, la marge moyenne atteint environ 43 c€/L en Corse, contre 24 c€/L dans les Bouches-du-Rhône.
Là encore, le problème n’est pas seulement le niveau de l’écart, mais sa dynamique : il progresse au fil des années.

C’est un élément essentiel. Car si l’insularité expliquait tout, on devrait observer un surcoût relativement stable.
Or les courbes montrent autre chose : des écarts qui se creusent, des baisses de cours qui ne sont pas toujours répercutées avec la même intensité, et des marges qui restent durablement plus élevées en Corse.

L’Observatoire permet désormais de voir cette évolution dans le détail, y compris pendant les périodes de remise, de bouclier tarifaire ou après les décisions de l’Autorité de la concurrence. la sanction du 17 novembre 2025 n'a produit aucun effet correctif

La question n’est donc plus seulement : pourquoi paie-t-on “plus cher” ? Mais aussi : pourquoi paie-t-on de plus en plus “plus cher” qu'ailleurs?

À découvrir ici 👇

+16,7 centimes par litre hors taxes sur le Gazole, un écart qui s’aggrave de 50% en quatre ans, des marges de distribution presque doublées : l’analyse complète des prix Corse vs Bouche…

Une nouvelle étape vient d'être franchie dans notre recours devant le Conseil d'État concernant les prix des carburants ...
09/06/2026

Une nouvelle étape vient d'être franchie dans notre recours devant le Conseil d'État concernant les prix des carburants en Corse.

Pour mémoire, notre démarche repose sur une question simple : lorsque la loi prévoit que l'État peut intervenir en cas de situation anormale sur un marché, peut-il se contenter de garder le silence face à une demande citoyenne argumentée ?

C'est cette question que nous avons portée devant la plus haute juridiction administrative française.

Après avoir communiqué notre requête aux ministères concernés, le Conseil d'État a mis en demeure, le 15 mai, le ministère de l'Économie de produire ses observations, puis a fixé au 17 juillet prochain la date de clôture de l'instruction.

Concrètement, cela signifie que l'examen du dossier se poursuit et que les parties disposent désormais d'une date limite pour produire leurs dernières observations avant que l'affaire n'entre dans sa phase de jugement.

Nous ne préjugeons évidemment pas de la décision qui sera rendue.

Mais une chose est acquise : la question des carburants en Corse ne peut plus être simplement ignorée. Elle fait désormais l'objet d'un examen devant le Conseil d'État.

Nous continuerons à vous tenir informés de chaque étape.

Tout le monde sait que les carburants sont plus chers en Corse que sur le continent. Mais de combien exactement ? L’écar...
07/06/2026

Tout le monde sait que les carburants sont plus chers en Corse que sur le continent. Mais de combien exactement ? L’écart est-il stable ou se creuse-t-il au fil du temps ? Les remises commerciales et les dispositifs de soutien ont-ils réellement changé la donne ?

Pour répondre à ces questions, A4C lance un nouvel outil au sein de son Observatoire : « La Corse face aux régions ».

Ce dossier interactif s’appuie sur les données publiques afin de comparer les prix des carburants en Corse avec ceux des autres régions françaises.
Il permet de suivre l’évolution des écarts dans le temps, d’explorer les données du gazole et du SP95 et de mieux comprendre les mécanismes qui influencent les prix à la pompe.

L’objectif n’est pas de multiplier les opinions, mais de mettre les chiffres à la disposition de tous.

Consulter le dossier : https://fpoletti.fr/a4c/observatoire/la-corse-face-aux-regions/

Comparer les prix. Mesurer les écarts. Comprendre les mécanismes.

Que les carburants soient plus chers en Corse n’est un secret pour personne. Mais de combien exactement ? Ce dossier s’appuie sur les données publiques pour comparer les prix avec les a…

𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐜𝐞̀𝐬 𝐕𝐢𝐭𝐨 𝐯𝐬 𝐓𝐨𝐭𝐚𝐥 𝐫𝐞́𝐯𝐞̀𝐥𝐞Dans l’histoire d’une entente, il peut y avoir des passages plus tumultueux. C’e...
28/05/2026

𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐜𝐞̀𝐬 𝐕𝐢𝐭𝐨 𝐯𝐬 𝐓𝐨𝐭𝐚𝐥 𝐫𝐞́𝐯𝐞̀𝐥𝐞

Dans l’histoire d’une entente, il peut y avoir des passages plus tumultueux. C’est souvent le cas quand les intérêts divergent.
Et c’est très exactement ce qu’il s’est passé en 2022 entre le groupe Total et le groupe Rubis.

La France était en proie à une explosion de l’inflation liée à la guerre en Ukraine. C’est alors que le groupe Total a décidé d'accorder une remise de 20 centimes par litre dans l'ensemble de son réseau français.
Officiellement, cette remise a été présentée comme une contribution directe au pouvoir d'achat des automobilistes.
Officieusement, le groupe renforçait son argumentaire contre les projets de taxation exceptionnelle alors débattus au Parlement.

Le réseau Corse faisant partie du réseau national, cette remise s’est également appliquée sur l’île.
Et c’est précisément à ce moment que les intérêts des différents acteurs ont cessé d’être parfaitement alignés.
Total cherchait à démontrer sa contribution au pouvoir d’achat et à répondre aux critiques sur ses bénéfices exceptionnels.
Vito cherchait à préserver ses parts de marché. Pendant quelques mois, ce qui apparaissait comme un marché relativement stable est devenu un terrain d’affrontement.

Ainsi, en octobre 2022, Vito Corse a assigné TotalEnergies Marketing Corse en concurrence déloyale, estimant que la remise de 20 centimes par litre accordée en 2022 reposait sur une situation anormalement favorable liée à la puissance financière du groupe TotalEnergies et qu'elle constituait une pratique de prix abusivement bas susceptible de désorganiser le marché corse et d'évincer ses concurrents.

Après trois ans de procédure, par un jugement du 20 janvier 2026, le Tribunal des activités économiques de Marseille a rejeté les demandes de Vito Corse.

𝗡𝗼𝘂𝘀 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝘀𝗼𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗰𝘂𝗿𝗲́ 𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲𝘂𝘅 𝗷𝘂𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗱𝘂 𝗧𝗿𝗶𝗯𝘂𝗻𝗮𝗹 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝗰𝘁𝗶𝘃𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗠𝗮𝗿𝘀𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲 : l'un sur le fond du litige opposant Vito Corse à TotalEnergies Marketing Corse, l'autre sur le rapport d'expertise économique produit par Vito Corse, dont certaines parties ont été occultées au titre du secret des affaires.
Ils sont riches d’enseignements.

𝗣𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲𝗿 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 : 𝗠𝗮𝗿𝘀𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲

Le fait que ce contentieux, pourtant entièrement centré sur le marché corse des carburants, ait été jugé à Marseille sans contestation des parties pose une question simple : si les prix sont censés se former sur un marché strictement corse, où se situent réellement les centres de décision et de pouvoir économique de ce secteur ?
Sans constituer une preuve, ce choix de juridiction suggère que les acteurs eux-mêmes ne considèrent peut-être pas que tout se joue uniquement en Corse.

𝗗𝗲𝘂𝘅𝗶𝗲̀𝗺𝗲 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 : 𝗹𝗲𝘀 𝟮𝟬 𝗰𝗲𝗻𝘁𝗶𝗺𝗲𝘀

Les faits constatés par le tribunal montrent que Vito Corse a suivi l’opération de Total pendant plusieurs mois.
Malgré les pertes alléguées par cette entreprise, le tribunal a estimé que celle-ci ne démontrait pas avoir été évincée du marché ni que l'opération de Total constituait une concurrence déloyale.
Ainsi, une baisse de 20 centimes, puis de 10 centimes, a pu être supportée pendant plusieurs mois par les principaux acteurs du marché.

𝐶𝑒𝑙𝑎 𝑝𝑜𝑠𝑒 𝑢𝑛𝑒 𝑞𝑢𝑒𝑠𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑠𝑖𝑚𝑝𝑙𝑒 :
𝑂𝑢̀ 𝑙𝑒𝑠 𝑎𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑜𝑛𝑡-𝑖𝑙𝑠 𝑡𝑟𝑜𝑢𝑣𝑒́ 𝑐𝑒𝑠 20 𝑐𝑒𝑛𝑡𝑖𝑚𝑒𝑠 ?

𝗧𝗿𝗼𝗶𝘀𝗶𝗲̀𝗺𝗲 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 : 𝗹’𝗶𝗻𝗳𝗹𝘂𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗿𝗲́𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲

Parmi les moyens invoqués par Total figurait l'argument selon lequel sa responsabilité ne pouvait être engagée au titre des prix pratiqués à la pompe, les stations-service étant selon elle totalement autonomes dans leur politique tarifaire.
Le tribunal a rejeté cet argument, relevant que les stations du réseau avaient appliqué au centime près la remise annoncée par Total. Dès lors, l'enseigne ne pouvait à la fois communiquer sur une opération nationale de baisse des prix et prétendre être étrangère aux tarifs effectivement pratiqués à la pompe.

𝐿𝑎̀ 𝑒𝑛𝑐𝑜𝑟𝑒, 𝑢𝑛𝑒 𝑞𝑢𝑒𝑠𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑠𝑒 𝑝𝑜𝑠𝑒 :
𝑆𝑖 𝑢𝑛𝑒 𝑒𝑛𝑠𝑒𝑖𝑔𝑛𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑐𝑎𝑝𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑎𝑝𝑝𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒𝑟 𝑎𝑢 𝑐𝑒𝑛𝑡𝑖𝑚𝑒 𝑝𝑟𝑒̀𝑠 𝑢𝑛𝑒 𝑟𝑒𝑚𝑖𝑠𝑒 𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑙𝑒 𝑠𝑢𝑟 𝑙'𝑒𝑛𝑠𝑒𝑚𝑏𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑠𝑜𝑛 𝑟𝑒́𝑠𝑒𝑎𝑢, 𝑞𝑢𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑒𝑠𝑡, 𝑒𝑛 𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑛𝑜𝑟𝑚𝑎𝑙, 𝑠𝑜𝑛 𝑖𝑛𝑓𝑙𝑢𝑒𝑛𝑐𝑒 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑝𝑟𝑖𝑥 𝑝𝑟𝑎𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒́𝑠 𝑙𝑜𝑐𝑎𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 ?

𝗤𝘂𝗮𝘁𝗿𝗶𝗲̀𝗺𝗲 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 : 𝗹𝗲 𝗿𝗮𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁 𝗠𝗲𝗶𝗻𝗱𝗹

Au cours de la procédure, Vito Corse a produit un rapport d'expertise économique destiné à étayer sa demande d'indemnisation. Le tribunal a considéré que certaines parties de ce rapport relevaient du secret des affaires et ne pouvaient être communiquées qu'au travers d'une version restreinte.
Cette décision nous apprend une chose essentielle : des analyses économiques détaillées du marché existent bel et bien. Des données existent. Des calculs existent. Des évaluations économiques existent.
Et elles sont suffisamment précises et suffisamment sensibles pour que la justice estime nécessaire d'en protéger une partie.

Lorsqu'il s'agit d'expliquer aux consommateurs corses pourquoi ils paient leur carburant plus cher qu’ailleurs malgré une TVA réduite, ces mêmes données disparaissent derrière un mur d'opacité.

La transparence est de rigueur lorsqu'il s'agit de défendre des intérêts privés devant un tribunal. Elle semble beaucoup plus difficile à obtenir lorsqu'il s'agit d'éclairer les consommateurs qui financent, chaque jour, l'ensemble du système.

𝗖𝗼𝗻𝗰𝗹𝘂𝘀𝗶𝗼𝗻
Finalement, l'intérêt de cette affaire est peut-être moins de savoir qui avait raison entre Vito et Total que de révéler qu'au moment où les intérêts des acteurs ont cessé d'être parfaitement alignés, une partie du fonctionnement réel du marché est devenue visible, mais uniquement dans l'enceinte discrète d'un tribunal.
C'est précisément cette visibilité qui fait aujourd'hui cruellement défaut au débat public.

Il faut que les consommateurs aient accès à une transparence réelle sur les coûts, les marges et les mécanismes de formation des prix. En d’autres termes : à une régulation du prix des carburant en Corse !

Quand nous avons lancé le collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse, il y avait surtout une colère et ...
21/05/2026

Quand nous avons lancé le collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse, il y avait surtout une colère et beaucoup de questions.

Au fil du temps, il y a eu des analyses, des documents, des comparaisons de prix, des démarches juridiques et surtout une volonté : essayer de comprendre réellement ce qui se joue derrière les prix à la pompe en Corse.

Pour rassembler tout ce travail, le collectif dispose désormais de son propre site :

👉

A4C (Agissons contre la cherté des carburants en Corse) est une initiative citoyenne qui documente les mécanismes de fixation des prix, dénonce les opacités du marché et défend une régulation plus …

28/04/2026

Découvrez la face cachée de votre plein d’essence

On a tous le même réflexe : quand le prix à la pompe grimpe, c’est vers la station-service que se tourne notre colère.

Mais saviez-vous que le pompiste n’est que la « partie visible de l’iceberg »… et qu’il ne perçoit qu’une petite partie des marges ?

Dans cette vidéo, nous vous proposons de plonger dans les coulisses de la distribution pétrolière en Corse pour comprendre :

👉 Comment les marges se construisent bien avant l’arrivée en station, dès l’entrée dans les dépôts pétroliers
👉 Pourquoi la concurrence disparaît en amont, sous l’effet d’un alignement des prix de référence
👉 Ce que recouvrent réellement les contrats opaques et l’utilisation de l’indice international Platt’s

Il est temps de lever le voile sur la complexité d’un système qui pèse directement sur le budget des Corses.
Comprendre, c’est déjà refuser de se laisser abuser.

14/04/2026

Alors que débute la mission parlementaire confiée au député Paul-André Colombani sur le prix des carburants en Corse, il nous paraît essentiel de rappeler un élément fondamental du débat.

Le 17 novembre 2020, l’Autorité de la concurrence a rendu un avis approfondi relatif au niveau de concentration de plusieurs marchés en Corse et à ses effets sur la concurrence locale, à la suite d’une saisine du ministre de l’Économie et des Finances en date du 11 février 2019.

Parmi les secteurs analysés figurait celui de la distribution des carburants, dont les caractéristiques structurelles ont été examinées de manière détaillée.

À l’occasion de la publication de cet avis, l’Autorité avait produit plusieurs supports pédagogiques, dont une vidéo consacrée spécifiquement au marché des carburants.
Dans celle-ci, Thomas Piquereau indiquait explicitement que, pour l’Autorité de la concurrence, la régulation des prix constituait l’une des réponses face aux dysfonctionnements observés.

Ce point mérite d’être souligné avec clarté.

En effet, l’article L.410-2 du code de commerce prévoit précisément que la mise en œuvre d’un dispositif de régulation des prix est subordonnée à la consultation préalable de l’Autorité de la concurrence.
Autrement dit, lorsque l’Autorité de la concurrence évoque en 2020 l’hypothèse d’une régulation, elle le fait en qualité d’autorité que la loi désigne précisément pour en apprécier l’opportunité dans le cadre de l’article L.410-2 du code de commerce.

Dans ce contexte, il apparaît légitime que les constats dressés en 2020 soient enfin pleinement pris en compte.
La Corse a trop perdu de temps!

Avec énormément de re**rd à l'allumage, la mission temporaire confiée au député Paul-André Colombani, ayant pour objet l...
07/04/2026

Avec énormément de re**rd à l'allumage, la mission temporaire confiée au député Paul-André Colombani, ayant pour objet le prix des carburants en Corse, vient d'être créée.

Cette mission est de 3 mois. Nous nous tenons à disposition pour apporter notre expertise à cette mission.

𝐂𝐚𝐫𝐛𝐮𝐫𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐞𝐧 𝐂𝐨𝐫𝐬𝐞 : 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥’𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐬𝐚𝐲𝐞 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐚𝐜𝐡𝐞𝐫 !Ce qui suit est important.𝗟𝗲 𝗽𝗿𝗶𝘅 𝗱𝘂 𝗰𝗮𝗿𝗯𝘂𝗿𝗮𝗻𝘁 𝗻𝗲 𝘀𝗲 𝗱𝗲́𝗰𝗶𝗱𝗲 𝗽𝗮...
06/04/2026

𝐂𝐚𝐫𝐛𝐮𝐫𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐞𝐧 𝐂𝐨𝐫𝐬𝐞 : 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥’𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐬𝐚𝐲𝐞 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐚𝐜𝐡𝐞𝐫 !

Ce qui suit est important.
𝗟𝗲 𝗽𝗿𝗶𝘅 𝗱𝘂 𝗰𝗮𝗿𝗯𝘂𝗿𝗮𝗻𝘁 𝗻𝗲 𝘀𝗲 𝗱𝗲́𝗰𝗶𝗱𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗽𝗼𝗺𝗽𝗲. Il se construit tout au long d’une chaîne que l’on regarde rarement.
Nous allons tenter de vous l’expliquer le plus clairement possible :

𝗘𝗻 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗽𝗲́𝗿𝗶𝗼𝗱𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗿𝗶𝘀𝗲 𝗲́𝗻𝗲𝗿𝗴𝗲́𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗶𝗹 𝗻𝗲 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗼𝗽𝗽𝗼𝘀𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗖𝗼𝗿𝘀𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗲𝘂𝘅.
Ni les salariés des stations Vito ou ENI aux consommateurs asphyxiés par le prix des carburants.
Pas plus qu’il ne faut opposer les salariés des stations indépendantes hors réseau Total à ceux du réseau Total.

𝗟𝗮 𝗺𝗮𝗿𝗴𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝘀𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀-𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝗰𝗲 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲 𝘃𝗶𝘀𝗶𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗶𝗰𝗲𝗯𝗲𝗿𝗴.
L’essentiel se joue en amont, là où l’on regarde rarement. Et il est de l’intérêt de certains que cela reste ainsi.

𝗧𝗼𝘂𝘁 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗮̀ 𝗹’𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲́𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗱𝗲́𝗽𝗼̂𝘁𝘀 𝗽𝗲́𝘁𝗿𝗼𝗹𝗶𝗲𝗿𝘀.

Pour pouvoir stocker leur carburant en Corse, les sociétés doivent accepter une règle contractuelle :
e𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗼𝗶𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗰𝗲́𝗱𝗲𝗿 𝗮̀ 𝗹’𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲́𝗲 𝗱𝘂 𝗱𝗲́𝗽𝗼̂𝘁 𝗮𝘂 𝗴𝗿𝗼𝘂𝗽𝗲 𝗥𝘂𝗯𝗶𝘀 𝗮̀ 𝘂𝗻 𝗽𝗿𝗶𝘅 𝗳𝗶𝘅𝗲́ 𝘀𝗲𝗹𝗼𝗻 𝘂𝗻 𝗶𝗻𝗱𝗶𝗰𝗲 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹 (𝗹𝗲 𝗣𝗹𝗮𝘁𝘁’𝘀).

Or, les grandes sociétés pétrolières sont capables d’acheter leur carburant moins cher que ce prix de référence.

Concrètement :
𝗠𝗲̂𝗺𝗲 𝘀𝗶 𝗹’𝗶𝗻𝗱𝗶𝗰𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗮̀ 𝟭𝟬, 𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗲𝘂𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗮𝗰𝗵𝗲𝘁𝗲𝗿 𝗮̀ 𝟳…
𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗼𝗶𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗿𝗲𝘃𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗮̀ 𝗹’𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲́𝗲 𝗱𝘂 𝗱𝗲́𝗽𝗼̂𝘁 𝗮̀ 𝟭𝟬.

Résultat : 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝗿𝗴𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗱𝗲́𝗷𝗮̀ 𝗿𝗲́𝗮𝗹𝗶𝘀𝗲́𝗲 𝗮̀ 𝗰𝗲 𝗺𝗼𝗺𝗲𝗻𝘁-𝗹𝗮̀, 𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗺𝗲̂𝗺𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗰𝗮𝗿𝗯𝘂𝗿𝗮𝗻𝘁 𝗻𝗲 𝗿𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲́𝗽𝗼̂𝘁𝘀.
Et comme tout le monde repart ensuite du même prix de référence, les prix ont tendance à s’aligner entre les différentes enseignes.

À la sortie des dépôts, le carburant est réaffecté aux opérateurs.
Autrement dit, ils récupèrent ce qu’ils ont dû céder à l’entrée, mais à un prix majoré des coûts de stockage, de logistique, d’additivation…
𝗗𝗶𝗳𝗳𝗶𝗰𝗶𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝘀’𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗿𝗼𝗴𝗲𝗿 𝘀𝘂𝗿 𝘂𝗻 𝘁𝗲𝗹 𝗺𝗲́𝗰𝗮𝗻𝗶𝘀𝗺𝗲.

Puis viennent les étapes de distribution.

Les opérateurs (Rubis, TotalEnergies, ENI) approvisionnent leurs réseaux respectifs :
Vito pour Rubis, TotalEnergies Corse pour TotalEnergies, et le groupe Ferrandi pour ENI.
Une marge est, bien évidemment, ajoutée au passage

Ces structures revendent ensuite aux stations-service, qui appliquent à leur tour une marge.

Et enfin, les stations vendent aux consommateurs avec encore une marge pour faire fonctionner leur activité.

Mais ce dernier maillon, celui qui est au contact direct de la population et de son exaspération, ne capte qu’une faible partie des marges tout en concentrant toutes les critiques.
𝗗𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲 𝘀𝘆𝘀𝘁𝗲̀𝗺𝗲, 𝗹𝗲𝘀 𝘀𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗯𝗹𝗲̀𝗺𝗲. 𝗘𝗹𝗹𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁, 𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶, 𝗽𝗿𝗶𝘀𝗲𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻 𝗺𝗲́𝗰𝗮𝗻𝗶𝘀𝗺𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲́𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲.

Nous sommes loin de considérer le groupe TotalEnergies comme un acteur humaniste.
Son bouclier tarifaire n’est pas un geste désintéressé.
Il s’inscrit dans un contexte de négociations avec l’État, notamment sur la question des surprofits.

D’ailleurs, lors de sa mise en place 𝗲𝗻 𝟮𝟬𝟮𝟯, 𝗹𝗮 𝗖𝗼𝗿𝘀𝗲 𝗮 𝗳𝗮𝗶𝗹𝗹𝗶 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗲𝘅𝗰𝗹𝘂𝗲 𝗱𝘂 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗶𝗳.
Pourquoi ?
Parce qu’il ne s’appliquait qu’aux carburants non additivés… alors qu’en Corse, ils le sont tous.
Nous avions tiré la sonnette d’alarme pour que la Corse soit réintégrée dans le périmètre du bouclier.

Il faut aussi rappeler le contexte : si Rubis est aujourd’hui présent en Corse, c’est parce que TotalEnergies a choisi de se désengager de la gestion des dépôts pétroliers (DPLC).
Rubis a ainsi repris 25 % des parts dans les dépôts… à condition que TotalEnergies lui cède également 34 stations-service.

Autrement dit, 𝘀𝗶 𝗧𝗼𝘁𝗮𝗹𝗘𝗻𝗲𝗿𝗴𝗶𝗲𝘀 𝗻𝗲 𝘃𝗼𝘂𝗹𝗮𝗶𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗥𝘂𝗯𝗶𝘀 𝘀’𝗶𝗻𝘀𝘁𝗮𝗹𝗹𝗲𝗿 𝗲𝗻 𝗖𝗼𝗿𝘀𝗲, 𝗶𝗹 𝗹𝘂𝗶 𝘀𝘂𝗳𝗳𝗶𝘀𝗮𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝗻𝗲 𝗿𝗶𝗲𝗻 𝗹𝘂𝗶 𝗰𝗲́𝗱𝗲𝗿.
Dans ce contexte, il est difficile de croire que TotalEnergies ait volontairement cherché à fragiliser Rubis avec son bouclier tarifaire. Ce qui pourrait expliquer que la Corse en ait été initialement écartée.

Ce choc pétrolier apporte son lot de souffrances sociales.
Mais 𝗶𝗹 𝗺𝗲𝘁 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶 𝗲𝗻 𝗹𝘂𝗺𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗿𝗲́𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝘀𝗼𝘂𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗶𝗴𝗻𝗼𝗿𝗲́𝗲 : celle des marges des sociétés pétrolières.

En France, une règle est simple : 𝗶𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗱𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝘃𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗮̀ 𝗽𝗲𝗿𝘁𝗲.
Si TotalEnergies peut aujourd’hui proposer un bouclier tarifaire, c’est parce qu’𝗶𝗹 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗰𝗲𝘁 𝗲𝗳𝗳𝗼𝗿𝘁 𝗲𝗻 𝗿𝗲́𝗽𝗲𝗿𝗰𝘂𝘁𝗮𝗻𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲 𝗱𝗲 𝘀𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗿𝗴𝗲𝘀 𝗮𝘂 𝗯𝗲́𝗻𝗲́𝗳𝗶𝗰𝗲 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗼𝗺𝗺𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿.
𝗨𝗻 𝗰𝗵𝗼𝗶𝘅 𝗾𝘂𝗲 𝗘𝗡𝗜 (𝟮,𝟲 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗮𝗿𝗱𝘀 𝗱’𝗲𝘂𝗿𝗼𝘀 𝗱𝗲 𝗯𝗲́𝗻𝗲́𝗳𝗶𝗰𝗲 𝗻𝗲𝘁 𝗲𝗻 𝟮𝟬𝟮𝟱) 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝗴𝗿𝗼𝘂𝗽𝗲 𝗥𝘂𝗯𝗶𝘀 (𝟯𝟬𝟵 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱’𝗲𝘂𝗿𝗼𝘀 𝗱𝗲 𝗯𝗲́𝗻𝗲́𝗳𝗶𝗰𝗲 𝗻𝗲𝘁) 𝗿𝗲𝗳𝘂𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲.

Mais dans un territoire comme la Corse, soumis à une situation de monopole, 𝗶𝗹 𝗲𝘅𝗶𝘀𝘁𝗲 𝘂𝗻 𝗼𝘂𝘁𝗶𝗹 pour protéger durablement les consommateurs : 𝗹𝗮 𝗿𝗲́𝗴𝘂𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗶𝘅.
Le principe est simple : l’État fixe les marges maximales à chaque étape de la distribution pour construire le prix à la pompe.

Le problème, c’est que 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗶𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗼𝘂̀ 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗿𝗲́𝗴𝘂𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘅𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗱𝗲́𝗷𝗮̀, 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗿𝗲𝗽𝗼𝘀𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝘂𝗻 𝗽𝗿𝗶𝘅 𝘁𝗵𝗲́𝗼𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗰𝗲𝗹𝘂𝗶 𝗱𝗲 𝗹’𝗶𝗻𝗱𝗶𝗰𝗲 𝗣𝗹𝗮𝘁𝘁’𝘀, 𝗲𝘁 𝗻𝗼𝗻 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗶𝘅 𝗿𝗲́𝗲𝗹 auquel le carburant a été acheté.
Autrement dit : on encadre les marges… mais sur une base qui ne reflète pas toujours la réalité.
La régulation a permis de protéger les consommateurs. Mais elle peut être améliorée.

𝗘𝗻 𝗖𝗼𝗿𝘀𝗲, 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝗱𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗮𝗹𝗹𝗲𝗿 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗹𝗼𝗶𝗻 :
mettre en place une régulation qui prenne en compte l’ensemble de la chaîne, depuis l’achat du carburant destiné à la Corse en amont jusqu’à la station-service.

Nous appelons les élus et les représentants de l’Etat à écouter davantage ceux qui, depuis des années, travaillent sérieusement sur la cherté des carburants.
Et à prêter moins d’oreille à ceux qui noient le débat pour protéger leurs profits.

Car pendant que certains maintiennent leurs marges, ce sont des familles entières qui paient le prix.

𝗥𝗲́𝗴𝘂𝗹𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗮𝗿𝗯𝘂𝗿𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗱𝗲́𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗹𝗮 𝘀𝗶𝗺𝗽𝗹𝗲 𝗾𝘂𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝘂 𝗽𝗹𝗲𝗶𝗻.
𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝘂𝗻 𝗺𝗲𝘀𝘀𝗮𝗴𝗲 𝗱’𝗲𝘀𝗽𝗼𝗶𝗿 𝗮𝗱𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲́ 𝗮̀ 𝘁𝗼𝘂𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗖𝗼𝗿𝘀𝗲𝘀 : 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗻𝗲 𝗹𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗿𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗯𝗲𝘂𝗿𝗿𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝘃𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲́𝘁𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲.

En Corse, nous sommes tellement habitués aux ententes que la concurrence passe pour suspecte!Dans tout combat, il y a de...
02/04/2026

En Corse, nous sommes tellement habitués aux ententes que la concurrence passe pour suspecte!

Dans tout combat, il y a de grands moments de lassitude. Et, nous vous l’avouons, nous en traversons un.

Lassitude parce que, face à l’envolée des cours du pétrole et des produits raffinés (gazole et essence), il n’existe pas de solution miracle. La régulation permet d’éviter le pire, en maintenant des prix proches de ceux du continent. Mais elle ne règle pas les conséquences d’une guerre.

Lassitude parce que cette crise énergétique prend littéralement à la gorge des milliers de Corses, en particulier les plus fragiles d’entre nous. Et nous nous sentons terriblement impuissants.

Lassitude, enfin, parce que nous entendons tout… et surtout n’importe quoi.

Lors du dernier blocage des dépôts pétroliers, on a beaucoup parlé des difficultés des stations dites « indépendantes » face au bouclier tarifaire de TotalEnergies.
Mais présenter la situation comme un affrontement entre petites stations et grand groupe est trompeur : la majorité des stations sous enseigne Total sont elles aussi exploitées par des indépendants.

On a également entendu que ce bouclier tarifaire constituait une « distorsion de marché ».
En Corse, pour une fois que les stratégies des opérateurs divergent réellement, cela semble presque anormal. Comme si la concurrence devenait suspecte… et l’alignement, acceptable.

Car c’est bien là que se situe le cœur du problème.

Pour accéder aux dépôts pétroliers de Corse, les opérateurs doivent signer un contrat de compte courant matière (CCM).
Ce contrat impose un passage obligé : le carburant doit être vendu à l’entrée du dépôt à l’opérateur qui en assure la gestion - le groupe Rubis - à un prix indexé sur les cotations internationales (Platt’s).
Il est ensuite racheté à la sortie du dépôt, au même prix, auquel s’ajoutent les coûts de stockage et de logistique.

Ce système a une conséquence simple : le prix du carburant est fixé sur le territoire insulaire de la même manière pour tous les opérateurs, quel que soit le prix réel auquel ils l’ont acheté.
Or, les grandes sociétés pétrolières sont capables d’acheter leur carburant moins cher que ce prix de référence, grâce à leur expertise et à leur puissance d’achat.

Résultat : elles réalisent une marge dès l’arrivée du carburant en Corse, avant même qu’il ne soit vendu dans les stations-service et bien entendu au détriment des Corses.

Autrement dit, la marge se fait en amont. Et les prix, eux, s’alignent en aval.

Dans ces conditions, difficile de ne pas y voir les effets d’une entente organisée sur la formation des prix. Un sujet d’autant plus sensible que l’Autorité de la concurrence a récemment sanctionné des pratiques similaires en Corse.

Depuis le début de la crise, TotalEnergies a fait un choix stratégique : consacrer une partie de ses marges à un bouclier tarifaire dans ses stations.
D’autres opérateurs, comme Rubis ou Eni, ont fait un choix différent : préserver leurs marges.

Les stations hors réseau Total se retrouvent aujourd’hui en grande difficulté. Leur situation est réelle, et elle doit être entendue. Mais elle est surtout la conséquence d'une posture de Rubis et d'Eni qui tient de la stratégie financière et non de la contrainte économique.
Rappelons que ces groupes dégagent des résultats considérables: en 2025, plusieurs milliards pour Eni, plusieurs centaines de millions pour Rubis; ce qui interroge sur la réalité des contraintes économiques avancées.

Mais une chose doit être dite clairement :
il serait totalement inconcevable que l’on demande aux ménages corses de payer pour permettre à certains acteurs de préserver leurs marges.

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