28/01/2026
Un petit rappel historique 👍🇨🇵⚔️
Journal*Le Monde " 1997... FNGC contre les plans du Ministre de l'intérieur...😏
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Les gardes champêtres refusent d'être assimilés aux policiers municipaux
Jacques Armesto, représentant de la « police des campagnes », a réagi aux propos de Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'intérieur, qui avait déclaré sur France 2 : « La plupart des 12 500 policiers municipaux sont des gardes champêtres. » M. Armesto estime que ces deux métiers n'ont « rien à voir ».
Par PASCAL CEAUX
POUR FAIRE ENTENDRE la voix des gardes champêtres, Jacques Armesto ne s'est armé que de sa plus belle plume. Dans un courrier adressé le 12 décembre à « la presse nationale et régionale », le président de la Fédération des gardes champêtres, au nom de ses 470 adhérents, met en garde contre « divers propos souvent erronés » tenus sur son honorable profession. « Nous n'avons rien à voir avec les agents de police municipale », écrit-il. Le sous-entendu est clair : le projet de loi de Jean-Pierre Chevènement portant réforme des polices municipales ne doit pas s'appliquer aux gardes champêtres. Et tant p*s s'il faut contredire le ministre de l'intérieur. M. Chevènement n'avait-il pas déclaré, le 7 décembre, lors d'un entretien sur France 2 : « La plupart des 12 500 policiers municipaux sont des gardes champêtres. »
Pour défendre son point de vue, M. Armesto, qui officie dans le village de La Salvetat-sur-Agout (Hérault), ne s'est pas contenté de coucher par écrit ses revendications. Il est monté à Paris. Au mois de novembre, il a rencontré des conseillers de Lionel Jospin. Il s'est fait un plaisir de leur rappeler quelques vérités toujours bonnes à dire...
Les gardes champêtres existaient avant la République. Leur acte de naissance remonte à 1791. Jusqu'en 1958, ils étaient officiers de police judiciaire (OPJ). Fonctionnaires territoriaux recrutés sur concours, et placés sous l'autorité du maire, ils sont agréés par le procureur de la République et assermentés.
Le code des communes les distingue nettement des policiers municipaux. Des articles différents s'appliquent à chacune des catégories, y compris lorsque le contenu de leurs missions se recoupe. Car le garde champêtre concourt à « la police des campagnes », aux côtés de la gendarmerie. Il a la possibilité d'être armé, avec l'autorisation du maire. « On tient à avoir cette possibilité », déclare Jacques Armesto. Il s'en explique dans sa lettre, lorsqu'il décrit en quelques phrases l'ordinaire du métier : « Le garde champêtre, souvent seul, isolé, parcourant la campagne, contrôle en chemin chasseurs, braconniers éventuels, pêcheurs, au risque de rencontrer quelques auteurs de vol ou de cambriolages potentiels... »
NOBLESSE DE LA TÂCHE
Jacques Armesto est âgé de trente-sept ans. Depuis treize années, il sillonne la campagne héraultaise pour les 1 200 habitants de La Salvetat-sur-Agout, qui deviennent 18 000 en été, à cause du tourisme. Lui travaille sans arme. Il n'a aucun doute sur la noblesse de sa tâche. Il aime « rendre service ». Il se reconnaît volontiers « un tempérament militaire » et défendra jusqu'au bout les particularismes du statut.
Les gardes champêtres sont irremplaçables. C'est sa conviction. Il propose même d'en recruter 20 000 au bénéfice des plus petites communes.
Pour conclure, Jacques Armesto s'est réservé une malicieuse anecdote, censée confondre les moins convaincus. C'est à Villepinte que s'est illustré récemment l'un de ses collègues. Ce Villepinte-là n'a rien à voir avec la ville de la banlieue parisienne, où s'est tenu les 24 et 25 octobre dernier le colloque gouvernemental intitulé « Des villes sûres pour des citoyens libres ». Il s'agit d'un petit village de l'Aude de 1 017 habitants, où fut démontré avec éclat l'utilité des gardes champêtres.
"Un matin, le collègue de Jacques Armesto surveillait la rentrée de l'école. Dans une voiture immatriculée en Gironde, il aperçoit, au côté d'un homme inconnu, une enfant de Villepinte qu'il reconnaît. Intrigué, il alerte la gendarmerie. Le plan Epervier est déclenché. L'homme est identifié comme l'auteur de plusieurs délits sexuels à l'encontre de mineurs. Il est interpellé. La fillette est saine et sauve. « Que serait-il arrivé sans le professionnalisme du garde champêtre local ?, interroge Jacques Armesto. Sûrement une tragédie de plus dans l'actualité des crimes de pédophiles et un drame de plus dans une famille. »
PASCAL CEAUX