3- Démarche philosophique de l’association :
Centenaire - 2009
L’association revêt un caractère pédagogique, spirituel, social et scientifique qui prend sa source dans les qualités morales du soufisme et ses visées élevées dont les perspectives humanitaristes sont inspirées du Livre (Coran) et de la Sunna (Tradition). A partir de cette idée, prend essor la philosophie de l’association pour se
concentrer sur l’homme en tant qu’être vivant à travers qui, se propagent tous les aspects de l’élévation morale ainsi que les qualités positives que Dieu lui a prêté malgré le côté négatif, qui est celui de l’émergence de ces valeurs supérieurs devient alors une épreuve qu’il doit surmonter. Et c’est pour cela qu’il a mérité d’être le vicaire de Dieu sur terre « Et Dieu a dit aux anges je désignerai un vicaire sur terre » Coran. Et c’est pour cela que l’association approfondit sa démarche en plaçant l’homme comme point central du cercle des valeurs morales et des sentiments nobles. A chaque fois qu’il prend conscience de sa propre importance ainsi que de la cause de son existence dans ce vaste univers, explose le sens de son humanité et il s’élève au-dessus de sa bestialité. Cheikh Ahmed El Alawi attire notre attention vers cela en disant : « Louange à Dieu qui a rattaché l’homme aux spiritualités célestes après l’avoir sauvé des espèces inférieurs. L’homme est alors devenu le centre de la création et le point central du cercle des qualités morales et de la générosité bien qu’il soit resté homme au sens voulu lors de la création »
Puis il ajoute que l’homme ne peut être considéré véritablement en tant qu’homme que s’il acquière les qualités morales que lui confère sa spécificité. Il conclue alors « que l’homme soit sûr qu’il n’aura d’autre avantage sur sa descendance que par ce qu’il aura acquis des qualités morales. « Celui d’entre vous qui jouira de la meilleure considération sera celui qui sera le plus pieux » Coran. L’homme (c’est à dire le genre humain) a fait des avancés importantes et a beaucoup évolué par rapport aux époques et aux ères qu’il a traversé et voilà maintenant qu’il est arrivé à une civilisation qui lui permet de maîtriser toute chose que Dieu a crée pour lui ; mais à quelle limite est-il arrivé en ce qui concerne les valeurs morales et les nobles sentiments en regard à ces acquis matérialistes ; et c’est là le nœud gordien ; l’éveil moral a-t-il vraiment accompagné l’éveil matérialiste ? Cette problématique est posée aujourd’hui par la démarche philosophique de l’association. Celle-ci travaille à faire passer ce message à tous ceux qui se sentent concernés par la destinée de l’homme. Et en vérité nous sommes tous concernés par cette destinée. Cette différentiation entre la civilisation matérialiste et la civilisation des valeurs morales pose aujourd’hui plus d’une question ; elle tire la sonnette d’alarme sur le devenir de l’homme en tant que point central du cercle des vertus et des valeurs morales. Cheikh Khaled Bentounès « président d’honneur de l’association » œuvre pour la concrétisation de ce programme en sensibilisant les membres de la société et cela à travers les conférences qu’il donne, les rencontres qu’il organise, les ouvrages et articles qu’il publie. Il nourrit ainsi un grand espoir pour que l’homme révise la relation qu’il entretient avec les autres humains (ses frères). Le paradis n’est pas dans l’accumulation des biens matériels sur le compte de la négligence du côté humanitaire, il considère que sans les valeurs morales la civilisation va à sa perte et tient à conserver les acquits matérialistes il doit se préoccuper du côté humanitariste et tenir compte des vertus dont Dieu l’a gratifié. Il affirme dans la conclusion de son livre « Le soufisme cœur de l’Islam » : « je ne trouve pas trace de civilisation dans un monde plein de sang, de guerres, et d’intolérance, d’injustice, d’inégalité et de malheur, si ces choses existent dans un monde qui se considère civilisé, alors la civilisation n’a aucun sens. Si cette civilisation nous a apporté des progrès scientifiques et technologiques, par contre elle ne nous a donné aucune solution quant au problème de la relation de l’homme avec lui-même et avec les autres. Notre devoir donc aujourd’hui est de donner de manière simple aux problèmes de l’humanité. Des solutions du moyen âge par exemple ne conviennent pas à notre époque et ne sont d’aucune utilité. Quel bénéfice pourrons-nous donc tirer en s’enfermant dans une idéologie, une philosophie ou une croyance partisane qui entrave et pétrifie toute forme de progrès ? Nous devons porter toute notre attention à l’humanité et au concept de l’Homme universel. Si les valeurs spirituelles nous aident en cela c’est tant mieux, mais si elles deviennent un obstacle ou une source d’orgueil, abandonnons-là.