11/05/2026
« Nos enfants sont devenus des robots » : Malaise autour du calendrier scolaire à Guelma
Les élèves des trois cycles scolaires ont entamé hier, dimanche 10 mai, leurs dernières compositions du troisième trimestre avant de partir en vacances anticipées dès le jeudi 14 mai, conformément aux instructions du ministre de l'Éducation nationale. Ce calendrier inédit leur ouvre droit à près de quatre mois de vacances estivales consécutives, les cours ne devant reprendre qu'en septembre prochain. Une décision qui ne fait pas l'unanimité dans la wilaya de Guelma. Elle a suscité, auprès de plusieurs parents d'élèves rencontrés, des réactions empreintes d'inquiétude et de désapprobation. Le grief le plus largement partagé porte sur le risque de déperdition des acquis scolaires durant une aussi longue interruption, jugée « anti-pédagogique » par bon nombre de familles. Un médecin guelmois, visiblement préoccupé par la question, ne mâche pas ses mots : « Les programmes arrêtés par le ministère sont très chargés. Comment concevoir que des enfants d'une dizaine d'années puissent assimiler des dizaines de leçons d'histoire, de géographie, de sciences, de mathématiques, de français, d'anglais, d'arabe, d'éducation islamique et autres ? C'est trop demander à nos bouts de choux ! » Une mère de famille abonde dans le même sens, déplorant un climat épuisant à la maison, ses enfants étant astreints à des révisions au lever du jour, l'après-midi et jusque t**d le soir, tout au long de l'année scolaire. Un grand-père, retraité de l'éducation nationale, se montre pour sa part catégorique dans son diagnostic : « Les élèves sont soumis à un rythme de travail infernal, ils sont devenus des robots. Une tête bien faite est préférable à une tête trop pleine. Les pédagogues désapprouvent les cours particuliers payants qui ruinent les familles aux revenus modestes. » Il plaide avec conviction pour une refonte profonde des programmes scolaires, qui doivent, selon lui, être impérativement adaptés à l'âge et aux capacités réelles des apprenants, aujourd'hui mis à rude épreuve tout au long de l'année entre devoirs, évaluations, compositions et interrogations orales et écrites. Au-delà du contenu des programmes, nos interlocuteurs pointent également la disproportion manifeste entre les trois trimestres de l'année scolaire, dont les durées respectives sont jugées déséquilibrées et génératrices de tensions aussi bien pour les élèves que pour leurs familles. Ils saisissent l'occasion pour interpeller les responsables du secteur éducatif afin qu'ils engagent des aménagements salutaires permettant aux apprenants d'évoluer dans un environnement scolaire plus sain, plus équilibré et davantage respectueux de leurs besoins physiologiques et psychologiques. Sur ce point, ils sont unanimes : les associations de parents d'élèves, les pédagogues émérites, les psychologues et les professionnels de l'enfance doivent impérativement être associés aux réflexions et aux travaux du ministère de l'Éducation nationale, dans la recherche de solutions idoines et durables au bénéfice de toute une génération.
Hamid Baali