22/04/2026
Déclaration commune de solidarité
Nous, activistes et associations féministes soussignées, condamnons fermement l'interdiction de la séance de dédicaces du livre de la professeure Fatima Oussedik, « Les Identited Rebelles », prévue le samedi 18 avril 2026 à la Bibliothèque des Beaux-Arts d'Alger.
Cette interdiction constitue une atteinte injustifiée à la liberté d'expression et de création, et soulève de graves questions quant à l'état des espaces culturels en Algérie et à la garantie de la liberté de pensée.
À la lumière des récents développements, notamment la réouverture de la librairie et l'annonce par l'éditeur de la disponibilité du livre en librairie avec un ISBN correct, suite à la reconnaissance d'une erreur technique d'impression, nous prenons acte de ces évolutions.
Cependant, ces évolutions ne sauraient en aucun cas remettre en cause les préoccupations légitimes soulevées par l'interdiction elle-même, ni les questions relatives au respect de la liberté d'expression, et à la nécessité de veiller à ce que de telles pratiques ne se reproduisent.
Toute restriction du débat intellectuel et de la production de académique étouffera la vitalité de la société, sapera les fondements du pluralisme et de l'ouverture, et portera atteinte aux libertés académiques, qui font partie intégrante des libertés individuelles et collectives fondamentales.
Les activistes et associations soussignées témoignent de leur reconnaissance envers la carrière universitaire et militante de la professeure Fatima Oussedik, écrivaine et militante féministe qui a consacré ses efforts aux questions sociales et aux droits des femmes.elles saluent également son engagement citoyen et ses contributions scientifiques, fruits de plus de quarante années de recherches sociologiques approfondies.
De plus, elles considèrent que toute prise pour cible de personnalités culturelles et intellectuelles constitue un dangereux précédent qui sape l'essence même des libertés fondamentales et exige une position collective claire et responsable.
Par conséquent, les activistes et associations soussignées :
Condamnent cette décision et la considèrent comme une restriction injustifiée à la liberté d'expression.
Appellent au respect du droit de publier, de diffuser et d'exprimer des idées, sans aucune restriction arbitraire.
Elles affirment leur pleine solidarité avec la professeure Fatima Oussedik et avec tous ceux qui œuvrent dans les sphères culturelles et intellectuelles.
La protection de la liberté de pensée et d'expression n'est pas une option, mais un pilier fondamental de toute société qui aspire à la justice, au progrès et à la préservation de la dignité de ses citoyens.
Alger, le 22 avril 2026
Signatures :
- Association nationale de femmes en communication (FEC)
- Association Djazairouna
- Association des femmes algeriennes revendiquant leurs droits (FARD)
- Fondation du journal féministe algérien
- Coalition féministe algérienne (JFA)
- Louisa Ait Hamou, professeure
- Fadila Boumendjel Chitour, professeure
- Fatima Alioua, professeure
- Habiba Djahnine
- Soumia Salehi, militante féministe
- Rima Kerkbani
- Fatima Hamidouche
- Leilat Ben Ayad
- Soumia Chabab
- Sara Lalou
- Dalila Ouamrane, militante féministe
- Fatima Boufenik, professeure
- Anissa Smati Belhassen
- Ferial Wassila Khalil
- Khawla Taleb El Ibrahimi
- Dalal Jamila Sahraoui, militante féministe
- Khadija Boussaid, professeure - Lina Farah
- Hamdouch Sanaa, militante féministe
- Leila Saâdna, militante féministe
- Aïcha Messaadia, militante féministe
- Hammadi Nada Yakine, militante féministe
- Warda Souidi, militante féministe
- Nesrine Ben Ayache, militante féministe
- Khadija Boussaid
- Amira Khroua, militante féministe
- Saadia Kassem, militante féministe
- Majda Zouine, journaliste
-Nadia Aït Zaï, universitaire
-Nafissa Lahrèche, journaliste, fondatrice du journal électronique « Sawt Nissa» et militante féministe.