31/08/2026
À toi, mon cher Papa
À ma venue au monde, on m’a toujours dit que c’était toi qui devais me protéger.
Que tu serais cette figure protectrice, celui sur qui je pourrais compter, celui vers qui je pourrais courir lorsque je me sentirais en danger, lorsqu’un garçon me menacerait, lorsqu’un homme voudrait me frapper…
Aujourd’hui, je te regarde et je ne comprends plus.
Tout ce que tu es censé représenter pour moi — la sécurité, la protection, le refuge — tu sembles l’oublier lorsque tu fais subir à une femme, ma mère, ce dont tu es justement censé me protéger.
Alors dis-moi, Papa…
Vers qui dois-je me tourner si, un jour, je me sens en danger ?
Dans quels bras dois-je chercher refuge si quelqu’un veut me faire du mal ?
Dois-je avoir peur de toi aujourd’hui ?
Et demain, chaque fois que je verrai un homme, devrai-je partir en courant ?
Devrai-je me demander s’il finira, lui aussi, par me faire du mal ?
Dis-moi, Papa…
Penses-tu que tu mérites encore que je t’appelle Papa ?
Ou peut-être vas-tu me répondre :
« Mais toi, c’est différent. Toi, tu es ma fille. »
Mais elle aussi est la fille de quelqu’un. Elle aussi a peut-être eu un père qui aurait voulu la protéger. Et aujourd’hui, cette femme que tu blesses, c’est ma mère.
Alors que pourras-tu dire à l’homme qui, demain, voudra me frapper, m’humilier, me menacer ou me faire peur ?
Comment pourras-tu lui dire : « Tu n’as pas le droit de faire du mal à ma fille », si moi, ta fille, je t’ai vu faire du mal à ma mère ?
J’allais oublier quelque chose, Papa…
Dis-moi, s’il te plaît : serais-tu en train de donner à mon futur mari l’autorisation de me faire la même chose que ce que tu fais aujourd’hui à ma mère ? De me frapper, de m’abîmer, de me détruire… jusqu’à peut-être m’ôter la vie ?
Je veux le savoir, Papa.
Je veux le savoir pour pouvoir me préparer chaque fois que je croiserai le regard d’un homme, chaque fois qu’un homme me sourira, chaque fois que l’un d’eux me dira qu’il m’aime.
Parce que si l’homme qui devait m’apprendre ce qu’est la protection me montre que l’amour peut aussi frapper, humilier et détruire… Alors, Papa, comment saurai-je reconnaître l’amour le jour où il viendra à moi ?
Dis-moi, Papa.
S’il te plaît…
Dis-moi.
Je suis moi. Je suis ta fille.
Mais je suis aussi la future femme, la future maman que tu frappes, que tu abîmes, que tu détruis et à qui, parfois, tu ôtes la vie.
Parce qu’avant d’être une épouse, une compagne ou une mère, cette femme que tu frappes a elle aussi été la petite fille de quelqu’un.
Association Le sourire de Babou
Cameroun : +237 6 93 23 80 77
Là où l’amour est roi, les cœurs s’apaisent et les sourires s’agrandissent.