21/07/2026
🛑🇨🇲 *Souveraineté alimentaire : le MJCE propose la création d’une Capitale nationale du maïs à MONATÉLÉ*
Le Cameroun doit se doter d'une Capitale nationale du maïs. Voilà la proposition que formule aujourd'hui le Mouvement pour une Jeunesse Citoyenne et Entreprenante (MJCE). Cette initiative ne relève ni du folklore institutionnel ni d'une simple reconfiguration territoriale. Elle procède d'une conviction : aucune nation ne conquiert durablement sa souveraineté alimentaire sans organiser intelligemment ses filières stratégiques. L'heure est venue de passer d'une agriculture de subsistance à une agriculture de polarisation, fondée sur des pôles de compétitivité capables de concentrer les investissements, les compétences, la recherche et les infrastructures.
Les chiffres justifient à eux seuls cette ambition. En 2024, le Cameroun a importé 81 233 tonnes de maïs, soit une progression de plus de 103 % par rapport à l'année précédente, pour une facture de 11,1 milliards de FCFA. Cette dépendance est d'autant plus préoccupante que notre pays dispose de près de 7,2 millions d'hectares de terres arables, dont moins de la moitié est effectivement exploitée. Ce paradoxe révèle une évidence : la faiblesse de notre filière ne réside plus exclusivement dans la production. Elle réside dans son déficit de structuration, sa fragmentation logistique et l'absence d'une véritable intelligence territoriale.
La décision gouvernementale visant à réduire progressivement les importations de maïs, notamment par la suspension annoncée des autorisations d'importation, constitue un tournant salutaire. Mais cette orientation ne produira des effets durables que si elle s'accompagne d'une profonde mutation de l'écosystème agricole. On ne décrète pas l'import-substitution ; on l'outille, on l'organise et on l'industrialise.
C'est précisément le sens de la proposition du MJCE.
La Capitale nationale du maïs serait conçue comme un agropole céréalier, véritable cœur névralgique de la filière. Elle regrouperait, sur un même territoire, de vastes infrastructures de stockage destinées à réduire les pertes post-récolte, des unités modernes de transformation capables de produire farines, semoules, aliments pour bétail et autres dérivés, une plateforme nationale de commercialisation facilitant les échanges entre producteurs et industriels, ainsi qu'un dispositif permanent d'accompagnement technique des coopératives et des jeunes entrepreneurs agricoles.
Cet écosystème s'appuierait également sur les compétences déjà disponibles. La présence à Monatélé d'une université spécialisée dans les sciences agronomiques constitue un atout scientifique majeur. Associée aux instituts de recherche, elle pourrait devenir le laboratoire national d'innovation de la filière, en travaillant sur la sélection variétale, la fertilité des sols, l'amélioration des itinéraires techniques, la mécanisation, la résilience climatique et la lutte contre les bioagresseurs. L'ambition est claire : faire converger la science, la production et l'industrie au sein d'un même bassin de compétitivité.
Le MJCE propose par ailleurs que cette Capitale accueille chaque année *un Salon national du maïs*, vitrine de l'excellence agricole camerounaise. Ce rendez-vous réunirait producteurs, chercheurs, transformateurs, investisseurs, établissements financiers, collectivités territoriales et partenaires techniques autour d'expositions, de démonstrations de technologies agricoles, de rencontres d'affaires et de conférences scientifiques. Il contribuerait à donner une visibilité nationale et internationale à une filière qui demeure, paradoxalement, l'une des plus stratégiques de notre économie.
*Pourquoi Monatélé ?*
Parce que cette commune réunit des avantages objectifs rarement réunis sur un même territoire. Son climat est favorable à la culture du maïs. Son réseau hydrographique, irrigué par le fleuve Sanaga et plusieurs cours d'eau, offre un potentiel agricole exceptionnel. *Son patrimoine gastronomique fait du maïs un aliment identitaire, sublimé dans des mets traditionnels comme l'Ekomba, le Sangha ou l'Ikourha.* Sa proximité avec Yaoundé facilite les échanges institutionnels et scientifiques, tandis que son potentiel écotouristique renforcerait l'attractivité d'un salon national appelé à devenir une référence sous-régionale.
La création d'une Capitale nationale du maïs dépasserait largement le seul cadre agricole. Elle participerait à la territorialisation des politiques publiques, à la modernisation des chaînes de valeur, à la création d'emplois ruraux qualifiés et à l'émergence d'un véritable hub agro-industriel. Elle favoriserait la massification de la production, la sécurisation des débouchés, l'attraction des investissements privés et la consolidation de notre souveraineté céréalière.
Le projet *« Un Jeune, Un Champ de Maïs »*, porté par le MJCE, démontre déjà que la jeunesse camerounaise est prête à relever le défi de la production. Ce qu'elle attend désormais de l'État, ce ne sont plus des promesses, mais des infrastructures ; ce ne sont plus des discours, mais une architecture économique cohérente capable de transformer le potentiel agricole en prospérité durable.
C'est précisément cette ambition que porte le MJCE en proposant la création d'une Capitale nationale du maïs à Monatélé.
_La ville de Monatélé est le chef lieu du département de la Lékié. Elle abrite l'annexe de l'université agricole d'Ebolova. Le maïs constitue un élément essentiel pour son identité gastronomique notamment pour ses mets traditionnels tels que l'Ekomba, l'Ikourha , le Sangha..._
(é) Antoine Boris ELOUNA Président National du MJCE.