18/08/2026
𝐁𝐀𝐑𝐂𝐄𝐋𝐎𝐍𝐄 𝟐𝟎𝟐𝟔 | 𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐫𝐚𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐥’𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐭𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞
𝐃𝐮 𝟐𝟖 𝐣𝐮𝐢𝐧 𝐚𝐮 𝟐 𝐣𝐮𝐢𝐥𝐥𝐞𝐭 𝟐𝟎𝟐𝟔, Barcelone a accueilli le Congrès mondial des architectes de l’Union Internationale des Architectes (UIA), réunissant des professionnels venus des quatre coins du monde autour du thème :
« 𝐁𝐞𝐜𝐨𝐦𝐢𝐧𝐠. 𝐀𝐫𝐜𝐡𝐢𝐭𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐫 𝐚 𝐏𝐥𝐚𝐧𝐞𝐭 𝐢𝐧 𝐓𝐫𝐚𝐧𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 ».
Dans cette dynamique exceptionnelle, Barcelone, Capitale mondiale de l’architecture 2026, a offert aux architectes bien plus qu’un espace de congrès : 𝐭𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐮𝐞 𝐮𝐧 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝’𝐞𝐱𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐟𝐥𝐞𝐱𝐢𝐨𝐧, 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐦𝐢𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐭𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐚𝐥𝐞.
Parmi les nombreuses expériences qui ont marqué cette immersion, Plusieurs architectes ont eu le plaisir de visiter au 𝐃𝐢𝐬𝐬𝐞𝐧𝐲 𝐇𝐮𝐛 𝐁𝐚𝐫𝐜𝐞𝐥𝐨𝐧𝐚 (𝐃𝐇𝐮𝐛) l’exposition :
« 𝐒𝐞𝐧𝐲 𝐢 𝐫𝐚𝐮𝐱𝐚. 𝐍𝐨𝐭𝐢́𝐜𝐢𝐚 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐪𝐮𝐢𝐭𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐚 𝐜𝐚𝐭𝐚𝐥𝐚𝐧𝐚 »
« 𝐄𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐚𝐮𝐝𝐚𝐜𝐞. 𝐔𝐧𝐞 𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐭𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐜𝐚𝐭𝐚𝐥𝐚𝐧𝐞 »
Présentée du 22 mai au 6 septembre 2026, cette exposition propose un regard sur environ 150 ans d’architecture catalane, depuis la fondation de l’École d’architecture de Barcelone en 1875 jusqu’aux pratiques contemporaines.
Mais au-delà de la richesse des œuvres présentées, c’est surtout la manière de raconter l’architecture qui m’a profondément interpellée.
Plans, croquis, photographies, maquettes, documents d’archives et œuvres architecturales sont ici mis en dialogue.
L’exposition montre ainsi que l’architecture ne commence pas avec le bâtiment construit et ne s’arrête pas à sa livraison.
𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐢𝐝𝐞́𝐞.
𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐬𝐞 𝐝𝐞𝐬𝐬𝐢𝐧𝐞.
𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐬𝐞 𝐝𝐨𝐜𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐞.
𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐬𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐭.
𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐮𝐧 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞.
𝐄𝐭 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭, 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬, 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐦𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞.
Les photographies témoignent des réalisations.
Les plans permettent de comprendre la pensée du projet.
Les croquis révèlent les hésitations, les recherches et les intuitions.
Les maquettes donnent à voir l’espace et les rapports d’échelle.
Les archives, elles, permettent de reconstruire l’histoire.
C’est cette articulation entre l’œuvre, son processus de conception et les traces qui en demeurent qui donne à cette exposition une importance particulière.
Une leçon pour les architectes
Cette visite me semble particulièrement pertinente pour nous, architectes africains.
Elle nous rappelle que préserver une œuvre architecturale ne signifie pas seulement préserver ses murs.
Il faut également préserver sa mémoire.
𝐂𝐨𝐧𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐚𝐧𝐬.
𝐂𝐨𝐧𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐡𝐨𝐭𝐨𝐠𝐫𝐚𝐩𝐡𝐢𝐞𝐬.
𝐂𝐨𝐧𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐫𝐨𝐪𝐮𝐢𝐬.
𝐂𝐨𝐧𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐪𝐮𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬.
𝐂𝐨𝐧𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐨𝐜𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐚𝐝𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐢𝐟𝐬 𝐞𝐭 𝐭𝐞𝐜𝐡𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬.
𝐑𝐞𝐜𝐮𝐞𝐢𝐥𝐥𝐢𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐭𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐠𝐧𝐚𝐠𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐭𝐞𝐜𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐮𝐬𝐚𝐠𝐞𝐫𝐬.
𝐃𝐨𝐜𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐛𝐚̂𝐭𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞𝐬.
Car lorsque les archives disparaissent, nous perdons une partie de la capacité à comprendre notre propre histoire architecturale.
Et lorsqu’une œuvre remarquable n’est ni documentée ni valorisée, elle risque progressivement de devenir invisible, puis incomprise, et finalement oubliée.
𝐃𝐞 𝐁𝐚𝐫𝐜𝐞𝐥𝐨𝐧𝐞 𝐚𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧
En tant que Présidente de la Commission Culture, Patrimoine et Communication de l’Ordre National des Architectes du Cameroun, cette expérience m’interpelle particulièrement.
Je suis convaincue que 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞𝐯𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐫, 𝐚𝐮 𝐬𝐞𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧, 𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐯𝐞 𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐭𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐚𝐥𝐞.
Nos bâtiments, nos quartiers, nos plans d’urbanisme, nos grands équipements, nos logements, nos infrastructures et les œuvres de nos architectes constituent une part essentielle de l’histoire de notre pays.
Ils méritent d’être documentés, conservés, étudiés et valorisés.
L’exposition Seny i rauxa nous montre qu’𝐢𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐭 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞𝐥, 𝐝𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐭𝐞𝐬 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝’𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐭𝐞𝐜𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐚𝐮 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐭𝐞𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐞́𝐭𝐞́.
C’est une démarche dont nous pouvons nous inspirer.
Car au-delà de la conservation des bâtiments, il y a une autre urgence :
conserver les traces de ceux qui les ont imaginés.
Cette visite à Barcelone a donc renforcé une conviction qui accompagne mon engagement pour le patrimoine architectural :
Une architecture que l’on ne documente pas est une architecture dont la mémoire est menacée.
Et une architecture que l’on ne valorise pas est une architecture dont la contribution à l’histoire risque de disparaître.
À l’heure où nos villes africaines connaissent des transformations rapides, documenter aujourd’hui notre architecture est aussi une manière de transmettre demain notre histoire.
Barcelone m’aura ainsi offert, dans le cadre du Congrès mondial de l’UIA, une belle leçon d’architecture, mais aussi une belle leçon de mémoire, d’archives et de transmission.
Une expérience que je souhaite partager avec mes confrères et consœurs architectes du Cameroun et d’Afrique.
𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 œ𝐮𝐯𝐫𝐞𝐬.
𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐯𝐞𝐬.
𝐕𝐚𝐥𝐨𝐫𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫𝐬.
𝐓𝐫𝐚𝐧𝐬𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐦𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞.
C’est aussi cela, faire patrimoine.
Édith Flaure MIPO TCHINKOU
Architecte – Spécialiste du patrimoine
Présidente de la Commission Culture, Patrimoine et Communication
Ordre National des Architectes du Cameroun (ONAC)
ONAC N°412
📍 𝐵𝑎𝑟𝑐𝑒𝑙𝑜𝑛𝑒 — 𝐶𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑙𝑒 𝑚𝑜𝑛𝑑𝑖𝑎𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑟𝑐ℎ𝑖𝑡𝑒𝑐𝑡𝑢𝑟𝑒 2026
📍 𝐷𝑖𝑠𝑠𝑒𝑛𝑦 𝐻𝑢𝑏 𝐵𝑎𝑟𝑐𝑒𝑙𝑜𝑛𝑎
📖 𝑆𝑒𝑛𝑦 𝑖 𝑟𝑎𝑢𝑥𝑎. 𝑁𝑜𝑡𝑖́𝑐𝑖𝑎 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑟𝑞𝑢𝑖𝑡𝑒𝑐𝑡𝑢𝑟𝑎 𝑐𝑎𝑡𝑎𝑙𝑎𝑛𝑎