22/03/2026
Ozoro : quand une prétendue tradition devient le masque de la barbarie se.xuelle…
Ce qui s’est passé à Ozoro, dans l’État du Delta au Nigeria, dépasse le cadre d’un simple fait divers. C’est un drame humain, une alerte sociale et une remise en question profonde de la manière dont certaines pratiques dites traditionnelles peuvent être instrumentalisées pour justifier l’inacceptable.
À l’origine, le festival Ozoro, connu localement sous les noms de Alue-Do ou Uruamudhu, s’inscrit dans une logique culturelle liée à la fertilité, aux bénédictions et à la vie communautaire . Mais les images et témoignages relayés ces derniers jours ont montré une réalité insoutenable : des femmes humiliées, harce.lées et agress.ées en public, sous couvert de règles imposées pendant le déroulement de rites locaux.
Il est essentiel de le dire avec clarté : aucune tradition ne peut servir de prétexte à la violence faite aux femmes. Lorsqu’une célébration culturelle devient un espace d’abus, d’impunité et de terreur, elle cesse d’être un patrimoine à préserver dans sa forme actuelle. La culture est censée transmettre des valeurs, unir les communautés et donner du sens à l’identité collective. Elle ne peut ni protéger la brutalité, ni légitimer la déshumanisation.
L’indignation suscitée par cette affaire, au Nigeria comme à l’international, montre à quel point les sociétés africaines et le monde dans son ensemble sont aujourd’hui confrontés à une exigence nouvelle : celle de faire la différence entre la préservation des héritages et la tolérance des violences. Les premières réactions des autorités, notamment les arrestations annoncées et l’interdiction du festival après les faits, constituent un signal important. Mais au-delà des sanctions immédiates, cette affaire pose des questions de fond :
Comment protéger les femmes dans les espaces communautaires ?
Comment encadrer les pratiques culturelles pour éviter toute dérive criminelle ?
Comment faire évoluer certaines traditions sans renier l’identité des peuples ?
Ces questions ne concernent pas uniquement le Nigeria. Elles concernent toutes les sociétés où des normes sociales, culturelles ou religieuses sont parfois utilisées pour imposer le silence aux victimes et protéger les agresseurs.
Aujourd’hui, l’urgence est double :
d’une part, obtenir justice pour les victimes ;
d’autre part, engager un travail collectif de réforme, d’éducation et de vigilance. Car défendre la culture ne signifie pas défendre l’inacceptable. Respecter les traditions ne signifie pas abandonner les droits fondamentaux. Et protéger l’identité d’un peuple ne doit jamais se faire au détriment de la dignité des femmes.
Le silence protège les vi.olences.
La parole, elle, peut protéger les vies.
[Source Post] : F***y Owona