SAMBE Société des amis de Mongo Béti est une association qui contribue à faire mieux connaître la vie, l’œuvre et la personnalité de Mongo Béti .

Ne jamais cesser de parlerAccompagner les initiatives ....Notre Vice Présidente, Mme Bergeline Domou !
27/04/2026

Ne jamais cesser de parler
Accompagner les initiatives ....Notre Vice Présidente, Mme Bergeline Domou !

Happy Birthday Mme la Présidente de la SAMBE V***e d'Alexandre Beyidi-Awala, Mongo BetiElle a 89 ans ce jour et toujours...
27/04/2026

Happy Birthday Mme la Présidente de la SAMBE
V***e d'Alexandre Beyidi-Awala, Mongo Beti

Elle a 89 ans ce jour et toujours debout, infatigable dans la lutte pour la perpétuation de la mémoire, l'œuvre et la pensée de son illustre époux avec qui elle a mené de nombreux combats

Partagez avec nous, vos vœux et souhaits pour celle qui, le jour de l'enterrement de son mari à , arracha la médaille des mains des membres du gouvernement venus le décorer à titre posthume et le jeta au loin....

26/04/2026

Note de lecture du roman « Ville cruelle » d'Eza Boto à la lumière des enjeux de bonne gouvernance au Cameroun
Par Louis Marie Kakdeu

Pendant son séjour au Cameroun, le Pape Léon XIV a prêché la bonne gouvernance. Il a notamment insisté sur la nécessité de lutter contre les injustices sociales qui minent notre société. De quoi s’agit-il ? J’ai fouillé dans la littérature et le roman « Ville cruelle » est le livre qui décrit le mieux la situation des injustices sociales au Cameroun. Publié en 1954, Ville cruelle dépeignait un Cameroun colonial écrasé sous le joug de l'exploitation, de la corruption administrative et de l'injustice systémique. 72 ans après, une lecture comparée du roman avec la réalité camerounaise actuelle révèle une troublante continuité : si le colonisateur a changé de visage, nombre des maux dénoncés par Eza Boto persistent sous des formes renouvelées. De nos jours, la réalité n'est plus coloniale, mais le roman reste actuel car, la « ville » reste cruelle pour les plus démunis.

Ville cruelle est le premier roman de l'auteur camerounais Alexandre Biyidi Awala, alias Mongo Beti ou Eza Boto qui est né à Akometam, un village du Cameroun, le 30 juin 1932. Le premier roman d’un auteur marque son émancipation intellectuelle. Mongo Beti qui signifie « enfant Beti » s’était d’abord fait appeler Eza Boto qui signifie « enfant d’autrui », ce qui est fort significatif dans le contexte africain de l’époque où les contes racontaient l’histoire des marâtres qui menaçaient toujours les enfants d’autrui. L'œuvre Ville cruelle raconte l'histoire d'un jeune homme appelé Banda, orphelin de père et élevé par sa mère qui nourrissait le désir de vendre son cacao en ville pour se marier en vue de satisfaire le vœu de sa mère mourante. Mais, la ville est injuste, cloisonnée et cruelle ; les acheteurs grecs sous prétexte d’un contrôle de qualité lui volent son cacao en prétendant l'avoir brûlé. Cette cruauté est encore caractéristique de notre société contemporaine.

Dans le roman, les commerçants grecs et l'administration coloniale forment un système d'extraction qui prive les paysans du fruit de leur travail. Banda, producteur de cacao, ne peut accéder équitablement au marché. Cette logique d'exclusion économique perdure. Le petit opérateur économique, comme le paysan Banda, reste à la merci de systèmes opaques qu'il ne maîtrise pas.

L'un des symboles forts du roman est la ville de Tanga, coupée en deux : Tanga Sud pour les Blancs (bureaux, commerce, pouvoir), Tanga Nord pour les indigènes (précarité, insalubrité, marginalité). Cette géographie de l'injustice illustrait la logique coloniale d'exclusion. Aujourd'hui, si la ségrégation raciale a disparu, la fracture spatiale et sociale demeure. Les grandes villes camerounaises comme Yaoundé et Douala reproduisent cette dualité : quartiers résidentiels sécurisés pour les élites, quartiers populaires sans eau potable, sans électricité fiable, sans routes bitumées. Sur le plan économique, les problèmes de gouvernance ont considérablement contribué à faire du Cameroun un pays perçu comme à risque d'investissement élevé, et les mauvais choix dans l'affectation des ressources publiques aggravent cette situation.

Le conflit des générations est également central. Un homme jeune de formation libérale s'oppose à la conception de l'autorité que représente un ancien, ce qui fait de ce roman un témoignage historique de l'évolution des sociétés africaines. Banda et Koumé incarnent dans le roman cette nouvelle génération consciente, celle qui refuse la soumission et aspire à une société plus juste. Mais Koumé meurt, sacrifié sur l'autel de la résistance, préfigurant le destin des militants africains. Au Cameroun contemporain, cette tension entre aspiration à la justice et répression reste vive. Comme Koumé dans le roman, les jeunes engagés se heurtent à des structures de pouvoir qui ne tolèrent pas la contestation. Et malheureusement, beaucoup sont tués.

Dans Ville cruelle, le droit n'existe que pour protéger les puissants : les gardes régionaux bastonnent Banda qui réclame son dû, et nul recours n'est possible pour les indigènes. L'administration est à la fois juge et partie. Aujourd'hui, l’indépendance de la justice est insuffisamment garantie et il existe un faible taux de recouvrement des avoirs détournés. La problématique de gouvernance porte ainsi sur la forme et la nature de l’Etat, la participation, la transparence et surtout la lutte contre la corruption, qui peut oblitérer toute perspective de développement et représenter une lourde hypothèque sur la paix et la stabilité du pays.

Il serait injuste de nier tout progrès au Cameroun. Cependant, malgré la multiplication des institutions de lutte contre la corruption, le Cameroun reste parmi les pays les plus mal classés au monde. Des réformes structurelles, accompagnées d'une volonté politique affirmée, seront nécessaires pour transformer les lois en actions concrètes et efficaces.

La force prophétique d'Eza Boto réside précisément dans cette actualité durable de son œuvre. Les oppresseurs ont changé de nom ; ils ne sont plus des colons grecs ou des administrateurs français, mais parfois des élites nationales ; et les mécanismes d'exploitation se sont africanisés. Pourtant, la structure fondamentale que dénonce le roman à savoir, un système où le fort écrase le faible, où l'accès aux ressources est confisqué, où la justice est instrumentalisée, reste reconnaissable. Ville cruelle nous rappelle que la bonne gouvernance n'est pas seulement une exigence technique ou institutionnelle : c'est d'abord une exigence morale et politique, celle que portaient déjà Banda et Koumé dans les rues de Tanga. 72 ans après, cette exigence n'a toujours pas trouvé de réponse satisfaisante, ce qui fait du roman d'Eza Boto non pas une œuvre du passé, mais un texte résolument contemporain. La dualité de la ville illustre la ségrégation, préfigurant ce que Frantz Fanon théorisera dans Les damnés de la terre.

Alexandre Biyidi Awala est aujourd'hui décédé. Dans les années 1990, il s'engagea en politique. Il avait rejoint les rangs du SDF. Il voulait participer au changement de notre pays. Son aventure politique tourna court. Mais, l'enseignement reste constant: il nous enseigne que l'on ne peut pas se contenter de l'écriture pour changer notre société. Il faut passer à la prise de décision. Et la décision se prend en politique. Si j'avais été de son époque, je l'aurai encouragé à persévérer en politique. Il est devenu clair que le plaidoyer de la société civile ne suffit pas.

Note de lecture redigée par Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National SDF

Le régime biya et les obsèques des dissidents.                                Par Venant Mboua 1- Mongo Beti, 2001. Grég...
14/04/2026

Le régime biya et les obsèques des dissidents.

Par Venant Mboua

1- Mongo Beti, 2001.
Grégoire Owona (dont on parle sur de nombreux dossiers pas très ...orthodoxes) alors ministre à la présidence, planifie l'octroi d'une médaille 🏅 à titre posthume, à Mongo Beti. Le gouverneur du Centre se charge d'annoncer la nouvelle à la v***e.
Réponse d'Odile Tobner : "mon mari ne s'accommodait pas de ce genre de distinctions ". Tchak! Elle raccroche.
Mais Greg, originaire du même département que Le célèbre dissident, débarque aux obsèques à Akometam avec préfet et autres supplétifs. Dans leur sac, la fameuse médaille. Elle est remise à un cousin du défunt, présenté comme le chef de famille. Dans son discours, ce frère remercie le gouvernement pour la médaille et insiste que ce bijou soit posé sur le cercueil.
Réaction nerveuse de la v***e : " pourquoi tu ne la poses pas sur ta poutrine? Elle te va si bien, no?".

Une fois la médaille complètement rejetée, le ministre des combines a ramassé son préfet et ses supplétifs (qui étaient tous installés sous un hangar de l'autre côté de la rue), et a quitté les lieux.

On ne sait plus ce qu'est devenue cette médaille. Journaliste au journal Le Messager, j'ai, un an plus t**d, mené une enquête pour avoir la réponse et devinez quoi : à la grande chancellerie des Ordres nationaux, aucune trace d'un texte attribuant une quelconque distinction à Alexandre Biyidi/Mongo Béti...

C'était juste une frappe de Greg, pour se faire voir 😀 ou pour ridiculiser la dépouille du valeureux combattant!

PS : Dès l'annonce du décès, Ferdinand Oyono (ancien ami de Mongo Beti mais, le même qui, ambassadeur à Paris, refusa le passeport camerounais à celui-là même qui l'avait présenté à un éditeur pour on premier roman...) ministre de quelque chose dans le gouvernement de biya, a appelé Odile Tobner pour présenter ses condoléances et offrir ses services : "si vous avez besoin de quelque chose pour les obsèques, je suis là".
Réponse de la v***e : " pas la peine. Les amis de Mongo Beti ont fait l'essentiel".

La dépouille de Mongo Beti a pu être éloignée des vampires. Ekanè Anicet aura-t-il la même "chance"?

Prochain numéro, 2010. Puis Njawé

J’AI RENCONTRÉ UN ÉLÈVE DE MONGO BETI- Jean-Pierre Bekolo Je m’appelle Antoine Lecouteux. J’ai eu comme professeur Monsi...
18/11/2025

J’AI RENCONTRÉ UN ÉLÈVE DE MONGO BETI- Jean-Pierre Bekolo

Je m’appelle Antoine Lecouteux. J’ai eu comme professeur Monsieur Alexandre Biyidi ( Aka Mongo Beti) au lycée Corneille de Rouen, en classe de première, durant l’année scolaire 1976-1977. Ce souvenir reste pour moi très vif, et j’en suis encore ému aujourd’hui.
Ce qui m’a tout de suite frappé, dès le premier cours, c’était son élocution en français, absolument époustouflante. Je suis pourtant fils d’instituteur, j’avais l’habitude d’entendre un français correct à la maison, mais lui, c’était un livre vivant.
Il nous avait impressionnés en nous apprenant qu’il était titulaire de deux agrégations, l’une de lettres classiques (latin et grec) et l’autre, plus rare, de grammaire.

Mais au-delà de son érudition, c’était sa manière de transmettre qui nous a marqués. Il faisait des cours captivants, et il a su nous passionner pour la littérature, en particulier pour Baudelaire. Je me souviens de discussions enflammées à propos des poèmes, qui dépassaient largement l’heure de cours. On restait pendant la récréation à échanger avec lui, et s’il n’y avait pas eu un autre cours derrière, on aurait certainement continué.

Par mes parents, j’avais su qu’il était exilé, et qu’à l’Éducation nationale, il avait un statut particulier : il était accueilli à Rouen, mais pas forcément bienvenu. Malgré cela, il enseignait dans un très bon lycée et donnait le meilleur de lui-même à ses élèves.

Je l’ai revu par la suite, occasionnellement, dans un centre culturel où mes parents le croisaient, je pense en compagnie de sa femme et de ses enfants. Ces rencontres avaient lieu dans un contexte de rassemblement de personnes partageant des préoccupations liées à l’opinion politique.

Aujourd’hui encore, je garde le souvenir d’un enseignant d’exception, qui incarnait le « grand art » de la transmission.

 ... À Akometam Dans le cadre de la commémoration de l'an 24 du départ de Mongo Beti vers l'éternité, nous allons nous r...
15/10/2025

... À Akometam

Dans le cadre de la commémoration de l'an 24 du départ de Mongo Beti vers l'éternité, nous allons nous rendre sur sa tombe, dans son village à Akometam, ce dimanche 19 octobre... où nous "échangerons" avec lui

Nous vous invitons à vous joindre à nous afin de perpétuer ensemble la mémoire, l'œuvre, la pensée de l'auteur de Ville Cruelle...

Ville que nous allons par ailleurs traverser en nous rendant chez lui à Akometam...

Depart de la Librairie des Peuples Noirs , Montée Sni à 7h...

 Le 13 octobre 2018, la SAMBE perdait un de ses membres fondateurs, le Prof. Fabien Eboussi Boulaga..Ami et compagnon de...
13/10/2025



Le 13 octobre 2018, la SAMBE perdait un de ses membres fondateurs, le Prof. Fabien Eboussi Boulaga..
Ami et compagnon de lutte de Mongo Beti, il ne manquait jamais au pèlerinage à Akometam, où il manquait de rappeler l'héritage sans testament de l'auteur de "Trop de Soleil Tue l'Amour"

MONGO BETI, UN MONUMENT INTELLECTUEL ET LITTERAIRE    Par Adama Samake Le 7 Octobre 2001, s’éteignait un monument de la ...
11/10/2025

MONGO BETI, UN MONUMENT INTELLECTUEL ET LITTERAIRE

Par Adama Samake

Le 7 Octobre 2001, s’éteignait un monument de la littérature africaine subsaharienne francophone : Mongo Beti. La Société des Amis de Mongo Beti (SAMBE) créée par des intellectuels de renom (Ambroise Kom, Fabien Eboussi Boulaga, Odile Tobner Biyidi …) lutte pour pérenniser ses œuvres. Ainsi, outre le maintien de "La Librairie des Peuples Noirs" que Mongo Beti avait lui-même érigée à Yaoundé (au Cameroun), cette association commémore chaque année la mémoire de l’illustre disparu, par l’entremise d’événements artistique, scientifique et littéraire.

Mais que peut-on et doit-on retenir de Alexandre Biyidi Awala alias Eza Boto, puis Mongo Beti, pratiquement deux décennies après sa disparition ?

Mongo Beti fut un écrivain prolixe et iconoclaste dans la marche de la littérature négro-africaine d’expression française. Il est, à cet effet, difficile voire impossible de parler de son immense production à travers un simple article. Nous voudrions, pour ce faire, rappeler une étape charnière, de notre point de vue, de son investigation. Elle a constitué l’essence d’un collectif que nous avons coordonné en 2017 intitulé: « Genèse, formes et enjeux de l’émancipation dans l’écriture de Mongo Beti » (Paris, Publibook) ; collectif dont nous livrons ici des extraits de l’introduction (rédigée par nos soins) qui résume la préoccupation susmentionnée :

« Grand homme de lettres dans la famille francophone mondiale, Mongo Beti est l’un des premiers écrivains noirs africains à avoir proposé une théorie du roman. Non pas à travers un ouvrage de critique littéraire, certes, mais par l’entremise de divers articles qui font date et parmi lesquels deux semblent incontournables : ‘‘L’Enfant noir’’ et ‘‘Afrique noire, littérature rose’’. Ces deux textes exposent sa conception de l’art en général, la littérature en particulier, et du rôle de l’écrivain.

Le premier est une note de lecture de deux pages portant sur l’œuvre romanesque de Camara Laye. Mais il se veut avant tout un pamphlet contre l’art pour l’art et la description essentialiste de l’Afrique : « Laye se complaît dans l’anodin et surtout le pittoresque le plus facile, donc plus payant, érige le poncif en procédé d’art. Malgré l’apparence, c’est une image stéréotypée – donc fausse – de l’Afrique et des Africains qu’il s’acharne à montrer : univers idyllique, optimisme des grands enfants, fêtes stupidement interminables, initiations de carnaval, circoncisions, excisions, superstitions (…) dont l’insouciance n’a d’égal que leur irréalité. Laye aborde bien des thèmes qui auraient dû donner de la valeur à son récit, mais pour les considérer dans une optique empruntée à je ne sais quels contes de la brousse et de la forêt ou quels Mamadou et Bineta devenus grands. Lorsqu’il parle de totem, sort, génie, il fait tout simplement pitié. Bref, il n’y a rien dans ce livre qu’un petit bourgeois européen n’ait déjà appris par la radio, un reportage de son quotidien habituel ou n’importe quel magazine de la chaîne France Soir. Par contre, Laye ferme obstinément les yeux sur les réalités les plus cruciales, celles justement qu’on s’est toujours gardé de révéler au public français. Ce Guinéen, mon congénère, qui fut à ce qu’il laisse entendre un garçon fort vif, n’a-t-il donc rien vu d’autre qu’une Afrique paisible, belle, maternelle ? Est-il possible que, pas une seule fois, Laye n’ait pas été témoin d’une seule exaction de l’administration coloniale ? Finalement, L’ENFANT NOIR n’est pas du tout un témoignage… malgré le titre ambitieux ».

Cet extrait proclame la nécessité pour l’écrivain d’assumer sa responsabilité sociale en pratiquant une littérature de combat, surtout en période coloniale. Mongo Beti affirme à juste titre dans ‘‘Afrique noire, littérature rose’’ : « Ce siècle s’impose à l’écrivain comme un impératif catégorique, de se défendre contre la littérature gratuite, l’art pour l’art ». Au demeurant, « Écrire sur l’Afrique noire, c’est prendre parti pour ou contre la colonisation. Impossible de sortir de là. Le voudrait-on, on n’y parviendrait pas. Ami ou ennemi, tel est bien le dilemme ».

Au-delà de la colonisation, il s’agit de toute forme d’oppression. Car, dans ce même article, l’écrivain camerounais précise : « Ce dont toute littérature a le plus besoin (est) l’humain ». Le travail esthétique est, par conséquent, une réflexion sur le sort de l’homme dans le monde. Il se présente comme une vaste enquête anthropologique pour appréhender l’essence de l’aliénation qui rime avec la perte de la cohésion sociale. C’est dire que le postulat qui sous-tend la création romanesque de Beti est un puissant rêve de liberté et de dignité. La quintessence de son écriture réside dans la problématique de l’émancipation qui suppose, « la subversion du discours dominant », selon les termes d’Odile Tobner Biyidi.

L’esthétique de Mongo Beti est un processus révolutionnaire ; car elle propose un changement radical à l’imaginaire des consciences en général, négro-africaines en particulier. Autrement dit, Mongo Beti est une conscience universelle, parce qu’il est une conscience prométhéenne. Il est dans une disposition d’esprit qui s’inscrit dans la réalisation d’une transgression en vue d’un affranchissement. Aussi, chez lui, la littérature est-elle pratique politique, parce que « lorsque le destin des nations se lie et se confond aux tragédies humaines, le souci d’exactitude se révèle un défi à la fiction ».

Interrogation insistante sur les fondements de l’aliénation, sa poétique se veut une mise en scène de la déconstruction sociale. Elle se fonde sur la dénonciation du mécanisme d’écrasement de l’homme. Elle se présente ainsi comme « une méthodologie de l’initiative ; c’est-à-dire l’art et la science d’analyser les contradictions majeures d’une époque et d’une société et, à partir de cette prise de conscience, de découvrir le projet capable de les surmonter ».

Il résulte de ce qui précède que son écriture est ouverte sur l’actualité internationale. L’art de Mongo Beti est une œuvre de longue haleine qui se présente comme une chronique de l’histoire contemporaine moderne de l’Afrique avant et après l’indépendance. Au-delà de l’Afrique, il est question de l’humanité parce que Mongo Beti pose le problème de la survivance identitaire des cultures minoritaires ; problème récurrent du fait de la mondialisation, notion fortement sollicitée de nos jours. (…)

Mongo Beti a passé toute sa vie à dénoncer les inégalités sociales aux fins d’aboutir à une prise de conscience collective génératrice d’un changement rédempteur. Figure marquante du monde littéraire africain francophone, immense agitateur des idées, pour dire la vie et l’espérance contre toute forme d’aliénation, pour contribuer au processus de « retournement de la marge en centralité », il a toujours eu à l’esprit que « C’est au prix de la liberté de parole et d’écriture que s’acquièrent et la liberté de pensée et la vérité d’un débat ».

  Chez Mongo Beti, à Akometam ce jour, 7 octobreJour anniversaire de son départ pour l'éternité La CENE littéraire , La ...
07/10/2025



Chez Mongo Beti, à Akometam ce jour, 7 octobre
Jour anniversaire de son départ pour l'éternité
La CENE littéraire , La SAMBE veillent

En prélude au pèlerinage de la commémoration de son départ, nous y avons déposé une g***e de fleurs

MONGO BETI, par Alain Ngono La capacité à perpétuer la mémoire des êtres d’exception est une caractéristique propre à l’...
07/10/2025

MONGO BETI, par Alain Ngono

La capacité à perpétuer la mémoire des êtres d’exception est une caractéristique propre à l’être humain.

Trop souvent, nous célébrons les gens pour les facilités qu’ils offrent à notre chair : nominations, argent, honneurs, repas, biens matériels, etc.

C'est le premier niveau de la reconnaissance. Il est souvent évanescent et précaire.

Célébrons aussi ceux qui laissent des traces indélébiles dans notre esprit en y imprimant des valeurs inestimables qui traversent des générations entières !

Mongo Béti en faisait incontestablement partie !

Ouvreur d'esprits et défenseur inlassable de l'intégrité et de la dignité.

Son nom et son action resteront à jamais gravés dans nos cœurs et dans ceux des générations futures.
Et lorsque notre patrie aura enfin appris à célébrer ses fils et filles les plus méritants, il figurera sans doute au panthéon de ce que ce pays aura produit de plus sublime !

Repose en paix, cher Mongo Béti !

  Le 7 octobre 2001, Mongo Beti s'en allait sans jamais partir,Il décédait sans jamais mourirLa SAMBE veille, Ses nombre...
07/10/2025



Le 7 octobre 2001,
Mongo Beti s'en allait sans jamais partir,
Il décédait sans jamais mourir
La SAMBE veille,
Ses nombreux héritiers à travers le monde veillent, Son immense oeuvre veille
Les activités de commémoration de l'an 24 de son départ se tiendront, après les élections: la semaine du 13 au 18 octobre

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