18/05/2026
𝟏𝟎𝟎 𝐀𝐧𝐬 𝐝'É𝐥𝐞𝐜𝐭𝐫𝐢𝐜𝐢𝐭é 𝐚𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 ⭕️
L’histoire du réseau électrique camerounais est une grande fresque politique et humaine. Des premières lampes allumées dans les concessions coloniales jusqu’à la nationalisation contemporaine, c’est le récit d’un pays qui a patiemment dompté ses fleuves pour éclairer son avenir.
𝟏𝟗𝟐𝟗 - 𝟏𝟗𝟓𝟗 : 𝐋𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢è𝐫𝐞𝐬 é𝐭𝐢𝐧𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥'è𝐫𝐞 𝐝'𝐄𝐍𝐄𝐋𝐂𝐀𝐌. 💢
Tout commence en 1929 dans le Cameroun sous administration britannique. Les premières 𝐦𝐢𝐜𝐫𝐨-𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐲𝐝𝐫𝐨é𝐥𝐞𝐜𝐭𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 naissent à Luermann et Malale pour alimenter la région de 𝐌𝐮𝐲𝐮𝐤𝐚. 💡💡
À cette époque, l’initiative est purement privée, destinée aux résidences et aux industries des colons.
Dix-sept ans plus t**d, en 𝟏𝟗𝟒𝟔,un 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜 voit le jour et rachète la plupart de ces installations privées afin d’harmoniser la distribution. Dans le même élan, la 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐘𝐨𝐤𝐞 est inaugurée en 𝟏𝟗𝟓𝟖 pour renforcer cette partie du territoire.
Du côté du Cameroun sous mandat français, les villes de 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐥𝐚, 𝐘𝐚𝐨𝐮𝐧𝐝é et 𝐍𝐤𝐨𝐧𝐠𝐬𝐚𝐦𝐛𝐚 voient émerger leurs premiers foyers électriques à la fin des années 𝟏𝟗𝟑𝟎. Ces réseaux, créés par l’administration, sont alors gérés en régie directe ou confiés à de 𝐩𝐞𝐭𝐢𝐭𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐜𝐢é𝐭é𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐯é𝐞𝐬.
Le véritable tournant industriel s'opère le 𝟏𝟔 𝐧𝐨𝐯𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝟏𝟗𝟒𝟖 avec la création de la société d'économie mixte 𝐄𝐍𝐄𝐋𝐂𝐀𝐌 (É𝐧𝐞𝐫𝐠𝐢𝐞 É𝐥𝐞𝐜𝐭𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧). 💡💡
Sa mission est titanesque : exploiter la puissance de la Sanaga en construisant la 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐝'𝐄𝐝é𝐚 𝐈. Inaugurée le 𝟓 𝐟é𝐯𝐫𝐢𝐞𝐫 𝟏𝟗𝟓𝟒, elle délivre ses premiers mégawatts pour éclairer Douala.
Très vite, l'extension 𝐄𝐝é𝐚 𝐈𝐈 (𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐭𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝟏𝟗𝟓𝟓 𝐞𝐭 𝟏𝟗𝟓𝟖) entre en service pour fournir l'énergie indispensable aux cuves d'électrolyse d'𝐀𝐋𝐔𝐂𝐀𝐌, le fleuron industriel de l'aluminium.
𝟏𝟗𝟔𝟎 - 𝟐𝟎𝟎𝟎 : 𝐋’𝐮𝐧𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐫é𝐬𝐞𝐚𝐮𝐱 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐚 𝐛𝐚𝐧𝐧𝐢è𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐒𝐎𝐍𝐄𝐋.💢
Au lendemain de l’indépendance, le paysage électrique reste fragmenté entre les deux anciens blocs coloniaux. En 𝟏𝟗𝟔𝟐, 𝐥a 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 𝐎𝐜𝐜𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥 fonde la 𝐏𝐎𝐖𝐄𝐑𝐂𝐀𝐌 (𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐨𝐧 𝐄𝐥𝐞𝐜𝐭𝐫𝐢𝐜𝐢𝐭𝐲 𝐂𝐨𝐫𝐩𝐨𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧). 💡💡
Un an plus t**d, en 𝟏𝟗𝟔𝟑, le 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 𝐎𝐫𝐢𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥 crée 𝐄𝐃𝐂 (É𝐥𝐞𝐜𝐭𝐫𝐢𝐜𝐢𝐭é 𝐃𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧), une entreprise à capitaux mixtes. EDC reçoit le mandat de nationaliser progressivement la distribution publique : elle prend les concessions de 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐥𝐚 et 𝐝’𝐄𝐝é𝐚 en 𝟏𝟗𝟔𝟒, puis celle de 𝐘𝐚𝐨𝐮𝐧𝐝é et de 𝐡𝐮𝐢𝐭 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞𝐬 en 𝟏𝟗𝟔𝟔, avant d'atteindre 𝐆𝐚𝐫𝐨𝐮𝐚 en 𝟏𝟗𝟕𝟏.
Pour centraliser et rationaliser l’énergie à l’échelle nationale, l'État décide de fusionner ces entités. Le 𝟏𝟖 𝐦𝐚𝐢 𝟏𝟗𝟕𝟒, 𝐥𝐚 𝐒𝐎𝐍𝐄𝐋 (𝐒𝐨𝐜𝐢é𝐭é 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝'É𝐥𝐞𝐜𝐭𝐫𝐢𝐜𝐢𝐭é 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧) est créée.
Elle absorbe la 𝐏𝐎𝐖𝐄𝐑𝐂𝐀𝐌 dès 𝟏𝟗𝟕𝟓 et prend en charge l’ensemble de la chaîne de production, de transport et de distribution. Durant un quart de siècle, la SONEL étend le réseau national et supervise la construction de la centrale d'𝐄𝐝é𝐚 𝐈𝐈𝐈.
Néanmoins, à la fin des années 1990, l'entreprise s'essouffle : gestion inefficace, manque cruel d'investissements et forte dépendance aux variations climatiques provoquent des crises de production majeures.
𝟐𝟎𝟎𝟏 - 𝟐𝟎𝟐𝟔 : 𝐋𝐞 𝐜𝐲𝐜𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐯𝐚𝐭𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐣𝐮𝐬𝐪𝐮'à 𝐥𝐚 𝐒𝐎𝐂𝐀𝐃𝐄𝐋.
Face à la dégradation financière de la 𝐒𝐎𝐍𝐄𝐋, l'État choisit la libéralisation. Le 17 juillet 2001, l'entreprise est privatisée pour 23 milliards de FCFA au profit du 𝐠𝐫𝐨𝐮𝐩𝐞 𝐚𝐦é𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧 𝐀𝐄𝐒 Corporation, via sa filiale AES-Sirocco Limited.
C’est le début de l’ère 𝐀𝐄𝐒-𝐒𝐎𝐍𝐄𝐋💢. Bien que les investissements permettent de franchir la barre des 1 000 MW de capacité à la fin de 2012, notamment grâce à la mise en service de la centrale de Kribi , le groupe américain décide de se retirer en 2013 sous la pression de ses actionnaires à 𝐍𝐞𝐰 𝐘𝐨𝐫𝐤.
En mai 2014, le 𝐟𝐨𝐧𝐝 𝐝'𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐬𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐛𝐫𝐢𝐭𝐚𝐧𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐀𝐜𝐭𝐢𝐬 rachète les actifs d'AES pour 202 millions de dollars, prenant ainsi le contrôle de la compagnie nationale et de ses filiales de production, KPDC et DPDC. Le 𝟏𝟐 𝐬𝐞𝐩𝐭𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝟐𝟎𝟏𝟒, l'entreprise change de nom et devient 𝐄𝐧𝐞𝐨 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐨𝐧 𝐒.𝐀..💡💡
Malgré la création parallèle de la 𝐒𝐎𝐍𝐀𝐓𝐑𝐄𝐋 pour gérer le transport de l'énergie, Eneo fait face à des difficultés structurelles profondes. Fin 2024, le secteur de l'électricité est asphyxié par une dette colossale de plus de 𝟏 𝟎𝟎𝟎 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐚𝐫𝐝𝐬 de FCFA.
Ne parvenant plus à financer la modernisation de ses infrastructures, Actis choisit de jeter l'éponge. L'État camerounais signe alors un accord de rachat de 𝟗𝟓 % 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐬 𝐝'𝐄𝐧𝐞𝐨 le 19 novembre 2025 pour un montant de 78 milliards de FCFA.
Le chapitre final de cette longue transition s'écrit le 4 mai 2026. Par décret présidentiel, est créée la 𝐒𝐎𝐂𝐀𝐃𝐄𝐋 (𝐒𝐨𝐜𝐢é𝐭é 𝐜𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧𝐚𝐢𝐬𝐞 𝐝’É𝐥𝐞𝐜𝐭𝐫𝐢𝐜𝐢𝐭é)💢, une entreprise à capitaux 100 % publics dotée d'un capital de 43,9 milliards de FCFA.
En mettant fin à l'ère des partenariats public-privé, la SOCADEL reprend l'ensemble des concessions de production, de transport et de distribution d'électricité du pays. 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐞 𝐝é𝐛𝐮𝐭 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞 è𝐫𝐞.🚩🚩
Source : - 𝐂𝐥𝐮𝐛 𝐉𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥 - 𝐂𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐄𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐟 𝐁𝐚𝐬𝐭𝐨𝐬
centre-educatif.org