16/04/2026
L’erreur que je vois souvent sur scène, c’est des gens qui parlent pour être aimés.
Ils montent avec une obsession : ne froisser personne, ne déranger personne, contenter tout le monde.
Alors ils arrondissent les angles, ils adoucissent leurs mots, ils évitent les sujets qui piquent.
Et à la fin, ils nous sortent des discours propres, mais inutiles. Ils disent ce que tout le monde pense déjà.
Ils restent dans le confort. Ils caressent le public dans le sens du poil.
Et après ils sont surpris de ne pas marquer.
Hier par exemple, le Pape, dans son allocution a offert une masterclass. Il ne parlait pas pour être aimé. C'est pour cela que son discours a eu un grand impact.
Il a parlé de la gu€rre au NOSO, des milliers de m0rts qui ont déjà été enregistrés. Il a parlé de la fragilité de nos institutions, de justice sociale et de corruption.
Bref, il a mis le doigt là où ça fait mal. Le Président et le gouvernement ne s'y attendaient certainement pas.
Et c'est en cela que ce discours est une masterclass : Le Pape a clairement pris position.
L'impact de son discours vient du courage et non de la prudence à laquelle on pouvait s'attendre. Une prudence qui allait sans doute rendre son discours tiède.
Un orateur qui veut plaire à tout le monde finit toujours par ne servir à personne.
Quand tu parles, tu dois accepter une chose simple : certaines personnes vont te rejeter.
Certaines personnes ne vont pas aimer ton ton, ton message, ta manière de dire les choses. ( Comme le pouvoir en place qui n'a certainement pas apprécié les mots du Pape )
Et c’est normal.
Ce qui n’est pas normal, c’est de lisser ton discours au point qu’il ne dérange plus rien.
À ce moment-là, tu ne fais plus de prise de parole, tu fais de la décoration.
Le public n’a pas besoin d’un orateur gentil. Il a besoin d’un orateur utile.
Quelqu’un qui ose dire les choses clairement. Quelqu’un qui tranche. Quelqu’un qui assume.
Si tu veux être aimé, va faire de la téléréalité.
Mais si tu veux impacter, accepte de déplaire.
Parce qu’au final, ce ne sont jamais les discours les plus confortables qu’on retient. Ce sont ceux qui nous ont bousculés comme celui du Pape.
Fabrice ZANGA