28/06/2026
📍 La Sanaga-Maritime nous parle | Étape 1 : Yassoukou (Ongue)
Pendant trop longtemps, Yassoukou a attendu. Samedi 27 juin, Yassoukou a pris la parole.
Depuis plus de trente ans, les habitants de ce canton d’Edéa 1er vivent avec des difficultés qui freinent leur transformation, alors même que leur territoire regorge de richesses et d’un immense potentiel.
Accessible par voie fluviale comme par la route, Yassoukou est un territoire irrigué par la Sanaga, le Nyong et leurs affluents. Ses terres, propices à l’aquaculture et à de nombreuses productions agricoles, contrastent pourtant avec le déclin progressif de la pêche et de l’agriculture. L’exode des jeunes vers Edéa, la paupérisation des ménages et le vieillissement de la population témoignent des défis auxquels ce territoire est confronté.
C’est pour contribuer à changer cette réalité que la plateforme citoyenne « La Sanaga-Maritime nous parle », portée par Solidarité Jeunes (SoliJ), le GIE Invest In Sanaga et le Centre Jeunes JVEPI Fomack, est allée à la rencontre des populations afin de promouvoir une “nouvelle” Sanaga-Maritime. Notre délégation était conduite par Guy Constantin Nzati, président de SoliJ, aux côtés de Jacques Arthur Mbii, président du FEJEM du GIE Invest In Sanaga, NSELEL Jean Christian, élite de la Sanaga-Maritime et Bienvenue Baikawe, coordonnateur départemental de SoliJ pour la Sanaga-Maritime et de Lindsay Towo, membre de SoliJ.
Les jeunes, les femmes, les hommes, les autorités traditionnelles de Yassoukou ont pris la parole. Entre autres, un producteur, quinquagénaire nous a confié qu’il exploite près de 20 hectares de bananeraie, avec des régimes de plantain pouvant atteindre 40 kilogrammes l’unité mais qu’il peine à acheminer sa production vers les marchés en raison du mauvais état des routes. Imaginez les pertes agricoles liées au pourrissement de ses vivres.
Papa Edidie Daniel retraité nous a parlé de sa pépinière de 5 100 plants de palmier à huile, créée avec beaucoup d’efforts, pour laquelle il peine à trouver des débouchés. Les plants de sa pépinière suffisent pour faire une plantation de plus de 40 hectares de palmier à huile.
Ndjiki Luc nous a exprimé son souhait d’être formé aux nouvelles pratiques agricoles afin d’améliorer ses rendements et de faire de l’agriculture une véritable opportunité économique.
Mama Charlotte a, quant à elle, discrètement formulé un besoin de doter le canton d’un tricycle permettant aux producteurs vulnérables d’acheminer plus facilement leurs récoltes vers les marchés environnants.
Les populations ont également exprimé leurs préoccupations au sujet des activités de quelques exploitants agricoles et miniers qui opèrent sur leur sol et dont les activités n’ont pas de retombées réelles pour leurs communautés.
Cette rencontre nous a permis non seulement de mieux comprendre les réalités de Yassoukou, mais aussi d’engager un véritable travail de co-construction autour de solutions concrètes, adaptées aux besoins exprimés par les populations.
Parce qu’une parole n’a de valeur que lorsqu’elle s’organise, cette rencontre a été marquée par l’installation officielle du Conseil communal de SoliJ pour Edéa 1er, dispositif via lequel nous allons oeuvrer à la transformation durable de ce territoire.
Nous repartons de Yassoukou avec des engagements pris devant les populations et la responsabilité de transformer cette parole en actions concrètes.
La Sanaga-Maritime se transformera dans ses villages, avec ses jeunes, ses femmes, ses chefs traditionnels et tous ceux qui refusent désormais de subir leur avenir.
🙏 Merci à toute la communauté de Yassoukou (Hongue) pour son accueil chaleureux, sa confiance et la richesse des échanges.
Massoma 🍂! 💚💛❤️