21/08/2026
NON À L’EXCISION. PAS SUR NOS FILLES. PAS SUR NOS FEMMES.
Au Mali, un débat qui aurait dû être l’occasion de parler de protection des filles prend une tournure particulièrement préoccupante.
Des femmes et des hommes se mobilisent avec un message simple : « NON À L’EXCISION ».
En face, des affiches apparaissent avec un message tout aussi explicite : « OUI À L’EXCISION », certaines portées fièrement par des hommes.
Alors rappelons une chose essentielle :
Le corps d’une fille n’est pas un territoire sur lequel la société, la tradition ou les hommes peuvent décider.
L’excision — ou mutilation génitale féminine — consiste à retirer ou blesser une partie des organes génitaux féminins pour des raisons non médicales.
Elle n’apporte AUCUN bénéfice pour la santé.
Elle peut provoquer immédiatement :
🔴 des douleurs extrêmes
🔴 des hémorragies
🔴 des infections
🔴 des difficultés à uriner
🔴 un état de choc
🔴 et parfois la mort.
Mais les conséquences peuvent accompagner une femme toute sa vie :
🔴 douleurs chroniques
🔴 infections urinaires ou génitales récurrentes
🔴 règles douloureuses et difficultés menstruelles
🔴 douleurs pendant les rapports sexuels
🔴 diminution du plaisir et troubles de la sexualité
🔴 complications pendant la grossesse et l’accouchement
🔴 risque accru d’hémorragie et de complications obstétricales
🔴 anxiété, dépression et stress post-traumatique.
L’OMS rappelle que les MGF peuvent affecter la santé physique, sexuelle et mentale à court comme à long terme. Une étude publiée en 2025 a notamment montré que les femmes ayant subi une MGF présentent un risque nettement plus élevé de dépression, d’anxiété et de stress post-traumatique.
Et il y a une autre réalité dont on parle beaucoup moins :
L’EXCISION PEUT AUSSI ÊTRE UN TRAUMATISME.
Imaginez une petite fille emmenée quelque part sans comprendre ce qui va lui arriver.
Des adultes qu’elle connaît et auxquels elle fait confiance l’y conduisent.
On la maintient.
On lui fait subir une douleur atroce.
Puis on lui demande parfois de considérer cette violence comme une étape normale de sa vie.
Certaines survivantes décrivent encore des années plus t**d la peur, la douleur, la perte de confiance et le traumatisme associés à cette expérience.
Et non, le fait qu’une pratique soit ancienne ne la rend pas acceptable.
Une tradition peut évoluer.
Une société peut changer.
Une génération peut décider de ne pas transmettre à ses filles ce qui lui a été imposé.
PROTÉGER UNE FILLE, CE N’EST PAS LA MUTILER.
Ce n’est pas préserver son honneur.
Ce n’est pas garantir son mariage.
Ce n’est pas contrôler sa sexualité.
Ce n’est pas « assurer son avenir ».
C’est respecter son corps, sa dignité, sa santé et son droit de choisir.
Les mutilations génitales féminines sont reconnues internationalement comme une violation des droits humains des filles et des femmes et comme une forme extrême de discrimination fondée sur le sexe.
Et le problème ne concerne évidemment pas uniquement le Mali.
Il concerne toute l’Afrique.
Il concerne toutes les filles auxquelles on demande de subir une violence au nom de la tradition.
Il concerne toutes les femmes qui vivent aujourd’hui avec les séquelles d’une décision qu’elles n’ont jamais pu prendre.
Et il concerne aussi les hommes.
Parce que protéger les filles n’est pas « une affaire de femmes ».
Les hommes doivent aussi prendre position.
Pas pour décider à la place des femmes.
Mais pour dire clairement :
NON À LA VIOLENCE.
NON AUX MUTILATIONS.
OUI À L’INTÉGRITÉ.
OUI À LA DIGNITÉ.
OUI À LA LIBERTÉ.
À AFE Camer, nous choisissons sans ambiguïté le camp des filles et des survivantes.
Une fille n’a pas besoin d’être mutilée pour devenir une femme.
Elle a besoin d’être protégée, éduquée, respectée et libre.