18/08/2026
𝐏𝐌𝐄/𝐏𝐌𝐈 𝐜𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧𝐚𝐢𝐬𝐞𝐬 : 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞𝐫 𝐝’𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐦𝐞𝐭𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐚̀ 𝐮𝐧𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞 𝐫𝐞́𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜̧𝐚𝐛𝐥𝐞 ?
Au Cameroun, de nombreux entrepreneurs affirment que leur principal obstacle est l’accès au financement. Pourtant, dans le même temps, les banques, les établissements de microfinance et les investisseurs expliquent régulièrement qu’ils disposent de ressources, mais qu’ils rencontrent des difficultés à identifier des projets suffisamment structurés et sécurisés.
Nous sommes donc face à un paradoxe : d’un côté, des entreprises qui recherchent des capitaux pour se développer ; de l’autre, des acteurs financiers qui recherchent des projets crédibles dans lesquels engager leurs ressources.
Dans le cadre de mes activités de conseiller financier, j’ai rencontré plusieurs promoteurs disposant d’une activité rentable, de clients réguliers et d’un véritable potentiel de croissance, mais dont les demandes de financement n’aboutissaient pas.
𝐎𝐮̀ 𝐬𝐞 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐞 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐥𝐞 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞 ?
Je pense notamment au cas d’un entrepreneur qui souhaitait acquérir de nouveaux équipements afin d’augmenter sa capacité de production. Son marché existait et ses produits se vendaient. Pourtant, son dossier avait peu de chances de convaincre un partenaire financier.
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 ?
Ses transactions personnelles et professionnelles étaient mélangées, son besoin n’était pas précisément chiffré, ses prévisions reposaient sur des estimations optimistes et aucun plan de trésorerie ne démontrait sa capacité de remboursement.
Le problème n’était donc pas son activité. Le problème était qu’il ne pouvait pas encore la présenter de manière suffisamment structurée et vérifiable.
Après avoir clarifié ses flux financiers, détaillé l’utilisation des ressources recherchées, établi des projections réalistes et rassemblé les preuves de son activité, son discours a complètement changé. Il ne présentait plus simplement une demande d’argent : il présentait un projet cohérent, avec un besoin précis et une stratégie de remboursement compréhensible.
Cette situation résume une difficulté fréquente au Cameroun : plusieurs PME et PMI ont du potentiel, mais ne sont pas encore suffisamment préparées pour rassurer une banque, un établissement de microfinance ou un investisseur. Les difficultés qu’elles rencontrent ne proviennent pas uniquement d’un manque de ressources financières. Elles résultent également d’un décalage entre la manière dont l’entrepreneur présente son projet et la manière dont le partenaire financier évalue le risque.
Pour améliorer l’accès au financement d’une entreprise, il faut donc répondre à une question essentielle :
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Pour répondre à cette question, je recommande aux dirigeants de PME/PMI d’agir sur six points essentiels.
𝟏. 𝐒𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬
L’entreprise doit disposer de comptes clairement identifiables et le promoteur doit se payer un salaire clairement identifié et retraçable. Lorsque les dépenses familiales, les recettes commerciales et les retraits du promoteur sont mélangés, il devient difficile d’évaluer sa véritable rentabilité.
𝟐. 𝐏𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐢𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐟𝐢𝐚𝐛𝐥𝐞
Même une petite entreprise doit pouvoir présenter sa situation comptable, ses ventes, ses charges, ses dettes, ses stocks et sa trésorerie.
Pour une jeune entreprise, les factures, relevés bancaires, historiques Mobile Money, contrats et bons de commande peuvent contribuer à démontrer la réalité de l’activité.
𝟑. 𝐃𝐞́𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐞𝐫 𝐩𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐬𝐞́𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐛𝐞𝐬𝐨𝐢𝐧
Il ne suffit pas d’affirmer : « J’ai besoin de 50 millions de FCFA ».
Il faut préciser :
• Le montant destiné aux équipements ;
• Le besoin lié aux stocks ;
• Les éventuels travaux ;
• Le besoin en fonds de roulement ;
• La contribution du promoteur ;
• La durée souhaitée.
Un besoin clairement expliqué paraît immédiatement plus crédible.
𝟒. 𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐞́𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐫𝐞́𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬
Les projections doivent être fondées sur les capacités de production, les prix, les commandes et les conditions réelles du marché.
Il est préférable de présenter un scénario prudent et cohérent plutôt qu’une croissance spectaculaire impossible à justifier.
𝟓. 𝐃𝐞́𝐦𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐜𝐚𝐩𝐚𝐜𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐦𝐛𝐨𝐮𝐫𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭
Le partenaire financier veut comprendre comment l’activité générera suffisamment de trésorerie pour couvrir les charges et rembourser les ressources mobilisées.
La garantie est importante, mais elle ne remplace pas une activité rentable et une trésorerie maîtrisée.
𝟔. 𝐑𝐞𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐝𝐚𝐩𝐭𝐞́𝐞
Tous les besoins ne nécessitent pas un crédit bancaire classique. L’erreur de nombreuses PME consiste à assimiler tout besoin financier à un crédit bancaire classique.
Pourtant, selon la nature du projet, plusieurs solutions peuvent être envisagées :
• Un apport des associés ;
• Un crédit fournisseur ;
• Un crédit-bail pour les équipements ;
• Un préfinancement de commandes ;
• Un partenariat stratégique ;
• Un investisseur ;
• Un mécanisme de garantie ;
• Une solution proposée par un établissement de microfinance.
Le choix ne doit pas dépendre uniquement de la disponibilité de la ressource, mais de son coût, de sa durée, de ses conditions et de son adéquation avec le cycle de l’entreprise.
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Alex-Sims Simeu
Analyste et Conseiller Financier