10/09/2026
🛑Féminicide: l'oncle de Eyenga Nkonga Jamelle: s'exprime dqns une profonde douleur.
FEMICIDE – QUAND LA DOULEUR DEVIENT SPECTACLE : POUR UN SURSAUT D'HUMANISME
La vague macabre qui secoue le Cameroun a franchi le seuil de ma maison hier matin. Ma nièce bien-aimée, Eyenga Nkonga Jamelle, fille de mon frère Nkonga Placide, a été arrachée à la vie, assassinée par un gendarme à Ntam, localité de l’arrondissement de Ngoyla, à une centaine de kilomètres de mon village Bareko. Le gendarme, qui a simulé de se tirer une b***e, est resté bien vivant après son forfait.
Cette enfant, que nous avons soutenue avec courage et patience, avait déjà traversé deux maternités au premier cycle. Nous l’avions ensuite remise sur le chemin de l’école, où elle a brillamment obtenu son CAP, son Baccalauréat, et tout récemment son diplôme de l’IUT de Douala. Son corps a été évacué de Sangmélima vers la morgue d’Abong-Mbang. C’est une douleur indicible, une tristesse qui déchire nos entrailles.
Le criminel est entre les mains des autorités. Le Commandant du poste de gendarmerie local – lui-même notre neveu – s’est déployé avec un courage remarquable pour tenter de sauver Jamelle, l’évacuer encore vivante vers l’hôpital de référence de Sangmélima. Mais la cruauté avait déjà scellé son destin.
Et pourtant, au lieu de se recueillir, la société s’est précipitée sur les réseaux sociaux. Très tôt, une autorité administrative m’a conseillé de m’en éloigner. Mais autour de 13h, un cadet, responsable dans une unité des forces de défense, m’a appelé défait – non pas seulement par le décès de notre fille, mais par les commentaires pernicieux d’un de nos beaux-fils. Ainsi, la famille est retournée dans les réseaux sociaux pour vivre la douleur dans la douleur.
Constat premier : le crime, la mort, la vie humaine sont banalisés. Chacun écrit son scénario, tisse son intrigue, distribue les rôles, dresse les profils, juge les faits sur la base de son imagination et prononce sa sentence. Personne ne se soucie de la douleur des proches de la victime, ni de la souffrance des proches de l’auteur du crime, encore moins de la morale publique.
Cette tragédie révèle une fracture profonde : nous avons perdu le sens de l’humanité. La mort violente devient spectacle, la douleur devient matière à débat, et la compassion s’efface devant le cynisme.
Il est urgent de rappeler que derrière chaque fait divers, il y a des vies brisées, des familles dévastées, des communautés meurtries. La dignité humaine ne peut être réduite à un fil de commentaires. Nous devons réapprendre à pleurer ensemble, à respecter le silence des endeuillés, à protéger la mémoire des victimes.
Car une société qui banalise la mort se condamne elle-même à l’inhumanité.
ROYAL WOMAN la vie des femmes n’est pas à prendre quand on veut sous pretexte que tu seras couvert et liberé. Avec ce cas , nos autorités peuvent encore se rattraper pour servir de leçon.
SM, Sông Bèn Georges Messouane Medjue
Depuis Douleur chez Douleur