08/09/2026
LES QUESTIONS QU’ON N’OSE PAS POSER
Jésus est-il vraiment la seule voie vers Dieu, ou est-ce simplement ce que les chrétiens affirment ?
« Jésus est le seul chemin vers Dieu. »
D’accord.
Mais pourquoi faudrait-il croire cette phrase simplement parce qu’un chrétien la répète ?
Un musulman peut être convaincu de sa foi. Une personne attachée à une religion traditionnelle peut aussi considérer ses croyances comme vraies. Un athée peut penser que toutes ces religions se trompent.
Alors dire :
« La Bible affirme que Jésus est le seul chemin, donc Jésus est le seul chemin »
ne suffit pas.
Cela montre ce que le christianisme enseigne. Pas encore pourquoi cette affirmation devrait être considérée comme vraie.
Et la question mérite d’être prise au sérieux, particulièrement dans des sociétés où plusieurs convictions religieuses vivent côte à côte.
Une enquête Afrobarometer publiée en septembre 2026, portant sur 38 pays africains, montre par exemple que 84 % des personnes interrogées accepteraient d’avoir pour voisin quelqu’un d’une autre religion. Mais seulement 48 % disent faire au moins partiellement confiance aux personnes d’une religion différente. Ce résultat ne décrit évidemment pas chaque Africain, mais il rappelle que nos différences religieuses peuvent facilement devenir des questions de méfiance et d’identité.
Il faut donc pouvoir défendre une conviction sans mépriser celui qui ne la partage pas.
Commençons par ce que le christianisme affirme réellement.
Dans Jean 14, Jésus prépare ses disciples à son départ. Thomas lui demande comment ils pourraient connaître le chemin vers l’endroit où il va.
Jésus répond :
« Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. »
Jean 14:6, Louis Segond 1910.
Le texte est clair : selon l’Évangile de Jean, Jésus ne se présente pas simplement comme un professeur montrant une route vers Dieu. Il lie l’accès au Père à sa propre personne.
Mais cela nous ramène à notre problème.
Pourquoi croire Jésus ?
C’est ici qu’il faut regarder ce qui se trouve au centre même du christianisme : sa mort et sa résurrection.
La crucifixion de Jésus n’est pas seulement une croyance religieuse tardive. L’historienne Helen Bond, spécialiste du christianisme ancien, la décrit comme l’un des faits les plus solidement établis concernant Jésus. Les premières traditions chrétiennes l’attestent, mais également l’historien romain Tacite, qui rapporte l’exécution de Christus sous Ponce Pilate.
Jésus a donc été exécuté.
Mais quelque chose d’étrange s’est produit ensuite.
Très tôt, ses disciples ont commencé à proclamer qu’il était ressuscité.
L’un de nos documents les plus importants est la première lettre de Paul aux Corinthiens.
Paul écrit :
« Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu », puis résume un enseignement selon lequel Christ est mort, a été enseveli, est ressuscité et est apparu à Céphas, aux Douze, à Jacques, à d’autres disciples, puis à Paul lui-même.
Les mots « j’avais aussi reçu » sont importants.
Paul indique qu’il ne vient pas d’inventer cette proclamation.
Un chapitre universitaire publié dans The Cambridge Companion to Jesus explique que cette tradition citée dans 1 Corinthiens 15 pourrait remonter à la première décennie après la crucifixion de Jésus.
Cela ne prouve pas automatiquement que Jésus est ressuscité.
C’est une distinction essentielle.
L’histoire peut montrer que la croyance en la résurrection est très ancienne et que certaines personnes affirmaient avoir rencontré Jésus vivant après sa mort.
Mais déterminer ce qui explique ces témoignages demande une étape supplémentaire.
Certains y voient des expériences visionnaires ou religieuses. D’autres proposent différentes explications naturelles. Les chrétiens soutiennent que la meilleure explication est celle donnée par les premiers témoins eux-mêmes : Jésus est réellement ressuscité.
Ces explications doivent être examinées, pas caricaturées.
Mais une chose devient difficile à soutenir : l’idée selon laquelle quelqu’un aurait inventé tranquillement l’histoire de la résurrection plusieurs siècles après Jésus. La proclamation apparaît beaucoup trop tôt dans les sources pour cela.
Et voici pourquoi tout cela compte pour notre question.
Paul lui-même accepte que le christianisme s’effondre si Jésus n’est pas ressuscité :
« Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. »
1 Corinthiens 15:14, Louis Segond 1910.
C’est remarquable.
Le christianisme ne dit pas simplement :
« Crois parce que nous te demandons de croire. »
Il place son affirmation centrale autour d’un événement qu’il présente comme ayant réellement eu lieu.
Si Jésus est resté dans le tombeau, alors ses disciples se sont trompés sur le cœur de leur message.
Mais si Jésus est réellement ressuscité, la question change complètement.
Il ne s’agit plus seulement de comparer plusieurs philosophies religieuses intéressantes.
Quelqu’un qui a été crucifié puis réellement vaincu la mort mérite une attention particulière lorsqu’il parle de Dieu, du salut et de son identité.
Cela ne signifie pas qu’un article de quelques centaines de mots vient de démontrer toute la foi chrétienne.
Cela signifie plutôt que l’affirmation « Jésus est le seul chemin » ne doit pas être acceptée aveuglément, mais elle ne devrait pas non plus être rejetée simplement parce qu’elle est exclusive.
Le vrai point à examiner devient :
Qui est réellement Jésus ?
Est-il ressuscité ?
Et si oui, qu’est-ce que cela implique concernant ce qu’il disait de lui-même ?
C’est ici que le message chrétien devient personnel.
Selon l’Évangile, Jésus ne vient pas annoncer qu’un groupe humain serait supérieur aux autres.
Il vient chercher des êtres humains qui, quelle que soit leur origine, leur religion ou leur statut, ont besoin d’être réconciliés avec Dieu.
Le chrétien ne dit donc pas :
« Je suis meilleur que toi, voilà pourquoi j’ai trouvé la bonne route. »
Il devrait pouvoir dire :
« J’ai besoin d’être sauvé autant que toi. Mais je crois que Dieu est venu à notre rencontre en Jésus-Christ. »
L’exclusivité chrétienne n’est saine que lorsqu’elle conserve cette humilité.
La question n’est finalement pas :
« Les chrétiens sont-ils meilleurs que tous les autres ? »
La réponse chrétienne est non.
La vraie question est :
Jésus est-il réellement celui qu’il prétend être ?
Et si la résurrection est vraie, alors son affirmation d’être le chemin vers le Père mérite beaucoup plus qu’un simple haussement d’épaules.
Elle mérite d’être examinée sérieusement.