04/05/2026
DÉCLARATION DE AGIR POUR LE PEUPLE (AGIP) RELATIVE A LA SITUATION DES 3000 DOCTEURS SANS EMPLOI.
Fête du Travail : que célèbre-t-on en Côte d’Ivoire quand 3.000 docteurs sont sans emploi ?
Chaque année, le 1er mai, les nations du monde s'arrêtent pour rendre hommage à la dignité du travail. Défilés, discours officiels, engagements solennels — la Fête du Travail est célébrée comme un rituel républicain, porteur d'espoir et de reconnaissance. Mais derrière l'éclat de cette journée célébrée en Côte d’Ivoire, se cache une réalité plus silencieuse, plus amère : celle de milliers de docteurs ivoiriens sans emploi, invisibles dans le récit national, exclus du marché qu'on prétend honorer par ce rituel mondial. Ceci est un paradoxe qui interroge.
En effet, le doctorat représente le sommet du parcours académique. Il est le fruit d'années de rigueur intellectuelle, de recherche, de sacrifice. Il devrait, logiquement, ouvrir les portes de la contribution nationale — dans les universités, les centres de recherche, l'administration publique, les entreprises. Or, en Côte d'Ivoire, nombreux sont ces docteurs qui, depuis une dizaine d’années, diplôme en main, se heurtent à un mur : celui de l'indifférence institutionnelle et du déficit de politique publique.
Célébrer le travail le 1er mai, tout en laissant en marge les travailleurs les mieux formés du pays : voilà un paradoxe que l'on ne peut pas continuer à ignorer. Laisser pour compte de potentiels bons travailleurs, c’est une perte nationale et non pas seulement individuelle.
Cette situation n'est pas seulement injuste pour ces docteurs. Elle est profondément contre-productive pour la nation tout entière. Elle révèle une déconnexion structurelle entre la formation, la recherche et le développement économique. Elle témoigne d'une sous-estimation persistante du rôle stratégique de la connaissance dans la construction d'une Côte d'Ivoire moderne et compétitive.
Un pays qui forme des docteurs pour ne pas les employer n'investit pas. Il gaspille. Un pays qui importe des expertises qu'il produit localement ne se développe pas, il se contredit. C’est pourquoi AGIP se pose des questions qui ne peuvent plus attendre.
En ce jour du travail, AGIP pose les questions que l'agenda officiel tend à éluder :
Quelle place réelle accorde-t-on à l'excellence académique, à la recherche dans nos politiques d’insertion professionnelle?
Pourquoi les compétences locales restent-elles si systématiquement sous-valorisées face aux profils étrangers ou aux diplômes non-doctoraux ?
Comment prétendre construire une économie du savoir sans intégrer ceux qui en sont les producteurs ?
AGIP PROPOSE DES SOLUTIONS, PAS DES VŒUX.
Le constat est établi. Il appelle désormais des réponses concrètes, pas des promesses de circonstance. AGIP demande avec force :
Le renforcement des politiques publiques de soutien à la recherche et à l'innovation, avec des mécanismes de financement pérennes et transparents.
La création de passerelles institutionnelles solides entre universités, centres de recherche et secteur privé, pour que le savoir produit localement alimente directement le tissu économique national.
L'ouverture réelle de l'administration publique et des projets de développement aux docteurs, non pas comme exception, mais comme règle et comme ambition.
L'intégration des docteurs dans les dynamiques nationales de développement n'est pas une faveur à accorder — c'est une nécessité stratégique à assumer.
UN APPEL, EN CE 1ER MAI 2026
La Fête du Travail ne doit pas être un rituel creux. Elle doit être un moment de vérité — un rendez-vous collectif avec les contradictions que nous refusons d'affronter le reste de l'année.
AGIP lance cet appel à l'État, aux décideurs, aux acteurs économiques et à la société civile : redonnons à cette journée tout son sens. La crise du doctorat défigure le système éducatif ivoirien et véhicule un vilain message à la jeunesse qui voit en l’école un espoir. Si cela arrive au bois vert, qu’en sera-t-il pour le bois sec ?
Le diagnostic est clair, implacable. AGIP exige des mesures immédiates et chiffrées :
Un fonds souverain de 100 milliards FCFA pour la recherche, avec des bourses post-doctorales et des subventions transparentes, auditables annuellement.
Des passerelles obligatoires : 30% des postes de direction dans le privé et le public réservés aux docteurs locaux ; partenariats universités-entreprises comme au Sénégal avec son PND.
Priorité absolue aux docteurs dans l'administration (MESRS, MCPRE, Ministères sectoriels) et les mégaprojets (3GIM, Port d'Abidjan), via un décret présidentiel en 06 mois.
Car célébrer le travail, c'est garantir à chacun — y compris aux docteurs et surtout aux docteurs — le droit d'exercer pleinement ses compétences au service du pays. Cette Fête du Travail 2026 ne saurait être un théâtre d'ombres. Qu'elle devienne un électrochoc national !
AGIP interpelle l'État, les patrons du privé, la société civile dans son ensemble : libérez nos docteurs de la précarité, ou affaiblissez notre avenir. Célébrer le travail, c'est leur garantir une place centrale au service de la Côte d'Ivoire.
Ignorer les docteurs, c’est creuser la tombe du progrès. Les intégrer, c’est forger l'émergence. Ignorer les docteurs, c'est affaiblir l'avenir. Les intégrer, c'est construire le progrès. Intégrer les docteurs n'est pas une charité : c'est une urgence vitale pour l'émergence.
Merci au secrétaire d’AGIP qui croupit en prison depuis bientôt 02 ans pour avoir dénoncé la cherté de la vie, le déguerpissement abusif, la mauvaise conduite du processus électorale...
Liberté pour :
L’ancien ministre d'état Moïse Lida Kouassi ; l’ancien ministre Charles Rodel Dosso ; l’Ambassadeur Boubacar Koné ; l’Honorable Soumahoro Kando ; la députée suppléante Pascale Zaholy ; le Vice-président du PPA-CI Damana Adia Pickass ; le Conseiller Mamadou Traoré ; Dahi Nestor ; Colonel Kéké ; Blaise Lasme ; Serge Mey
Kelassar, le président l'association des conseillers municipaux de Côte d’Ivoire ; Armand Krikpeu ; Ouattara Lamine ; Kader Doumbia ; Coulibaly Walina ;
Oula Anselme ; Samson Ablé ; Jean-Claude
Cado Gnegbre dit Jaguar ; Djakpa Zohoré Francis dit Stive Bico ; Galla Kolé Bi ; Bakou Bi ; Ibrahim Zigui ; Samuel Gnemé Oula ;
Guillaume Zadi ; Guédé Tapé ;Yannick Konan ; Aimé GUEHI, Chef du Village de Gohouo-Zarabaon ; Séverin Guédé Diomandé dit Skotty ;
David Loba dit Cacao ; Dominique Loba ; Cyprien Lohourougnon ; Hippolyte GAH ; Marcel Tokpa ; TOKPA Flan Japhet ; Serge Dabo ; TRA Bi dit nl Gandhi ; Zo Yaké ; Zo Inza ; Élysée Patrick Dakoury ; Nestor Zahui LOUE dit Sosmi ; Dominique ANGAMA ; Marc Adou ; Jules ODJE ; Christelle Josiane GBAMENE ; Loulou YORO ; Pierre Etché KAKOU ; Binny Enock ; Francis Yeboua KOUADIO dit Adjoumani ; Gérard GUEHI ; Donatien GUEHI dit le russe ; Timothée Gnamba KPAKA dit Olivier Tambour ; Justin DOBO ; Séverin IRIÉ Bi TRA ; les Lieutenants Bawa Ourigou et Nicolas Achi ; sans oublier tous ces nombreux prisonniers d'opinions anonymes.
Abidjan, le 4 mai 2026
Pour AGIP – Agir pour le Peuple,
Le Secrétaire Général adjoint, Dr TIAHI BI.