02/09/2026
MASSACRE DES GENDARMES DE BOUAKÉ : 24 ANS APRÈS, L’OMBRE DE GUILLAUME SORO SUR LE DRAME DU 6 OCTOBRE 2002
Par Bouazo Bolou Alexandre Kabila
Bouaké, 6 octobre 2002. Dans une Côte d’Ivoire plongée dans la crise, des dizaines de gendarmes capturés après les combats vont connaître une fin tragique. Parmi les victimes figurent également des membres de leurs familles, notamment des enfants et de jeunes présents dans la caserne.
À cette époque, Guillaume Soro est le secrétaire général des Forces nouvelles et l’une des principales figures politiques et militaires de la rébellion ivoirienne.
Le massacre de Bouaké reste ainsi indissociable de la question de la chaîne de commandement de la rébellion et des responsabilités de ses principaux dirigeants.
Les gendarmes de la 3ᵉ Légion, regroupés notamment autour du quartier Génie civil, avaient résisté aux assaillants avant de tomber à court de mu*****ns. Capturés, certains auraient reçu des assurances concernant leur statut de prisonniers.
Mais quelques jours plus t**d, le scénario tourne au drame.
Le 6 octobre 2002, plusieurs gendarmes sont exécutés. Des témoignages recueillis par les organisations de défense des droits humains évoquent également des victimes parmi les enfants et jeunes qui se trouvaient avec eux.
Une tragédie qui dépasse les uniformes
Derrière les chiffres, il y avait des familles. Des pères qui ne sont jamais rentrés chez eux, des enfants qui ont disparu avec leurs parents, et des proches restés pendant des années dans l’attente de réponses.
Plus de deux décennies plus t**d, une question demeure au cœur de la mémoire de cette tragédie : qui a donné les ordres et jusqu’où remontait la chaîne de responsabilité au sein de la rébellion qui contrôlait Bouaké ?
Le nom de Guillaume Soro, figure centrale de la rébellion à cette époque, revient nécessairement dans cette réflexion historique. Mais établir une responsabilité personnelle dans les exécutions exige de distinguer le rôle politique et hiérarchique d’un dirigeant des actes criminels effectivement ordonnés ou commis par des hommes placés sous son autorité.
Le dossier de Bouaké reste donc une page douloureuse de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire : celle d'une institution militaire décimée, de familles brisées et d'une vérité historique qui continue de susciter des interrogations.
24 ans après, les morts de Bouaké attendent toujours que leur histoire soit racontée sans silence, sans oubli et sans confusion.
MÉMOIRE D’ÉLÉPHANT MÉDIAS — L’histoire et les archives ivoiriennes au rendez-vous avec l’actualité.