01/06/2023
(SUITE ET FIN)
CONTACTS DES DÉTENUS AVEC LE MONDE EXTÉRIEUR
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Il faut définir avec le plus grand soin les dispositions en matière de visite aux femmes incarcérées, notamment eu égard aux contacts avec leurs enfants.
Le maintien des liens familiaux par l'intermédiaire des visites revêt une importance particulière dans le cas des jeunes prisonniers.
Dans certains pays, pour les prisonniers qui purgent des peines de longue durée ou pour ceux qui ne peuvent bénéficier de permission de sortie ou de libération sur parole, les dispositions sont prises pour autoriser des visites familiales d'une durée pouvant atteindre deux jours où davantage. Cette solution doit être encouragée, surtout lorsque le détenu ne peut avoir de permission de sortie.
Certains prisonniers ainsi que leurs familles ou leurs amis, abusent des possibilités offertes par les visites, parfois en cherchant à introduire en cachette des drogues ou autres objets interdits. Dans le cas des prisonniers dont il a été établi qu'il était impossible de leur faire confiance dans des conditions normales de visite, il peut s'avérer nécessaire de prévoir des visites sous étroite surveillance.
Une organisation appropriée des visites est profitable non seulement pour les prisonniers, mais aussi pour le personnel de la prison. Les prisonniers s'en trouveront d'autant plus satisfaits et rassurés et le personnel apprendra à mieux assurer leur détention et leur prise en charge.
Les visiteurs doivent souvent faire un long trajet pour venir voir les détenus. Ils peuvent avoir besoin :
- d'une aide financière pour payer leur frais de voyage ;
- d'un lieu où ils peuvent faire leur toilette et attendre le moment de la visite et permettant par ailleurs d'occuper les enfants susceptibles de les accompagner ;
- d'un lieu où passer la nuit.
Le droit à recevoir des visites de sa famille ne doit être supprimé pour des raisons disciplinaires. Des visites sans contact peuvent être imposées en cas de preuve de précédente tentative d'introduction illicite de certains objets.
Les juridictions présentent de grandes différences quant au traitement des prévenus.
Les détenus en détention préventive jouissent habituellement d'un droit de visite plus fréquent que les prisonniers condamnés. Dans les systèmes juridiques qui déterminent la présomption d'innocence et qui déterminent la culpabilité ou l'innocence au terme d'une procédure inquisitoire (c-à-d Procédure confiée au juge qui en plus des preuves apportées par les parties, pourra apporter des éléments de preuve lui-meme pour se fonder sa propre opinion), les droits de visite sont souvent accordés à la discrétion du magistrat instructeur ou du ministère public.
Dans ce type de système il importe d'établir la réalité des motifs de suspension des visites pour des raisons propres à l'administration de la justice ET NON COMME MOYEN DE PRESSION pour obtenir une confession ou des éléments de preuve à l'encontre de co-prévenus.
Il est particulièrement important de prévoir des modalités permettant aux prisonniers d'être visités par leurs représentants légaux. Ces visites doivent normalement se dérouler à portée de la vue, mais non à portée d'ouïe du personnel pénitentiaire.
ONG PRISONER'S RIGHTS
VINCENT BÉMY
Fondateur
Spécialiste en Droits humains