01/09/2025
🟢🟢🟢𝐀𝐇 𝐋𝐀 𝐕𝐈𝐄 🟢🟢🟢
𝑴𝑨 𝑻𝑬𝑵𝑫𝑹𝑬 𝑬𝑵𝑭𝑨𝑵𝑪𝑬 -------
𝐋𝐞 𝐠𝐨𝐮̂𝐭 𝐝𝐞 𝐥'𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐜𝐞 : 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐮𝐬𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐬𝐚𝐯𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐫𝐞́𝐜𝐫𝐞́
Les enfants gâtés avaient leurs goûters faits maison, accompagnés des meilleurs jus locaux : *Gnamankoudji, Bisap ou Forotodji*, soigneusement emballés dans leurs cartables. Nous, nos livres et nos cahiers reposaient sur de simples vieux sacs usagés de riz ou d'oignons vides.
Parfois, il nous fallait faire preuve de ruse et d'imagination pour avoir un petit-déjeuner.
Nous ne volions pas les généreuses *"MAMIES"*, mais c'était tout comme. Quand elles étaient trop occupées à servir la longue file d'attente, nous parvenions à glisser nos mains dans l'huile bouillante et à récupérer quelques galettes.
En réalité, nous formions un groupe bien organisé, avec des rôles précis. L'un devait braver les lois de la physique et de la chimie pour s'emparer de la galette chaude qu'il passait à un autre en embuscade, et ainsi de suite jusqu'au dernier de la chaîne.
Nous arrivions à en subtiliser entre cinq et dix.
Lorsque nous nous faisions prendre, les généreuses « mamies » ne nous dénonçaient pas et ne nous frappaient pas. Elles nous donnaient des conseils pour que nous cessions de voler. La seule punition était de laver leurs ustensiles après les cours, et en plus, elles nous offraient le déjeuner.
Je me souviens encore du jour où la main de mon ami a failli être brûlée par l'huile.
𝐋𝐚 𝐩𝐚𝐮𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐢𝐝𝐢 : 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐟𝐨𝐲𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐟𝐨𝐫𝐞̂𝐭
À midi, la cour d'école se vidait un instant. Les chanceux rentraient chez eux, souvent récupérés par un grand frère, un parent, ou même un chauffeur. D'autres, dont la maison n'était pas loin, s'engageaient dans un pèlerinage quotidien à pied, sous le soleil ardent.
Pour ceux d'entre nous dont le foyer était trop éloigné,
il n'y avait pas d'autre choix que de rester à l'école.
Pour nous, le repas de midi prenait une tout autre dimension : c'était le moment de la cueillette des fruits de saison. Les arbres aux alentours devenaient notre cantine naturelle. Nous passions des mangues juteuses aux goyaves croquantes, sans oublier les oranges et les pamplemousses que nous dégustions avec avidité pour calmer la faim.
Ces fruits cueillis à même l'arbre étaient notre déjeuner, notre source d'énergie pour la suite de la journée.
Sans possibilité de prendre une do**he entre midi et l'après-midi, notre « parfum spécial » se répandait dans la classe.
C'était un mélange subtil de sueur, de poussière et du jus des fruits que nous avions mangés.
Un sillage d'enfance, authentique et sans artifice, qui nous collait à la peau et racontait nos aventures du déjeuner.
𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐞 𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭𝐢𝐧 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐥𝐚𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐜𝐫𝐞́𝐝𝐢𝐭
L'économie de la cour de récré ne s'arrêtait pas aux marchandes.
Certains d'entre nous, avec une fibre commerçante innée, se transformaient en mini-entrepreneurs.
Ils vendaient en classe des friandises, des bonbons rapportés de la maison ou même des restes de leurs propres achats, comme du lait en poudre bien emballé. Le plus fascinant, c'est que l'on pouvait même acheter à crédit.
C'était une forme de confiance mutuelle, même si l'on savait, au fond, que pour beaucoup, le remboursement serait une tâche ardue, voire impossible.
Quand la dette commençait à peser et que les fonds ne se matérialisaient pas, la créativité prenait le dessus. On se retrouvait parfois à balayer la classe à la place du « créditeur » pour payer sa dette en nature, un service contre une sucrerie. Et quand la situation devenait intenable, ou que la bonne volonté s'épuisait, ça finissait parfois par des palabres, des discussions animées pour éviter de payer.
Ces négociations d'enfants ressemblaient étrangement à celles des adultes, avec leur lot de mauvaise foi et de justifications.
Ces souvenirs de l'école primaire sont gravés en nous.
Au-delà des chiffres et des repas, c'était une époque où chaque franc symbolisait l'abondance ou la privation, où l'argent de poche, la nature et ces scènes de commerce informel dessinaient les contours de nos récréations et de nos pauses. Une époque où l'attiéké, le riz gras, le pain macaroni et les fruits cueillis n'étaient pas que de la nourriture, mais une monnaie d'échange, un symbole de statut social et de délicieux souvenirs d'enfance.
𝗘𝗹 𝗛𝗮𝗱𝗷 𝗛𝗔𝗥𝗢𝗨𝗡𝗔 𝗞𝗢𝗟𝗢𝗚𝗢
𝗦𝗲́𝗻𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿 𝗝𝗖𝗜
𝟰𝗲̀𝗺𝗲 𝗔𝗱𝗷𝗼𝗶𝗻𝘁 𝗮𝘂 𝗠𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗕𝗼𝘂𝗮𝗳𝗹𝗲
𝗩𝗼𝘂𝘀 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗲𝘇 𝗱𝗲́𝘀𝗼𝗿𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗺𝗲 𝗹𝗶𝗿𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗾𝘂𝗲 𝗹𝘂𝗻𝗱𝗶, 𝗠𝗲𝗿𝗰𝗿𝗲𝗱𝗶 𝗲𝘁 𝘃𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲𝗱𝗶 𝘀𝘂𝗿 𝗪𝗵𝗮𝘁𝘀𝗔𝗽𝗽
𝗔𝘂𝘀𝘀𝗶 𝘀𝘂𝗿 𝗺𝗮 𝗽𝗮𝗴𝗲 𝗙𝗮𝗰𝗲𝗯𝗼𝗼𝗸 : 𝗛𝗔𝗥𝗢𝗨𝗡𝗔 𝗞𝗢𝗟𝗢𝗚𝗢 𝗢𝗙𝗙𝗜𝗖𝗜𝗘𝗟
𝗼𝘂 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗽𝗮𝗴𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮
𝗙𝗢𝗡𝗗𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗞𝗢𝗟𝗢𝗚𝗢
𝗼𝘂 𝘀𝘂𝗿
𝗮𝗳𝗿𝗶𝗸𝗰𝗵𝗮𝗹𝗹𝗲𝗻𝗴𝗲𝘀.𝗶𝗻𝗳𝗼
𝗘𝘁 𝘀𝘂𝗿 𝗺𝗮 𝗰𝗵𝗮𝗶̂𝗻𝗲 𝗧𝗢𝗨𝗧 𝗘𝗦𝗧 𝗣𝗢𝗦𝗦𝗜𝗕𝗟𝗘 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗡𝗢𝗧𝗥𝗘 𝗖𝗢𝗡𝗧𝗜𝗡𝗘𝗡𝗧 𝘀𝘂𝗿 𝗪𝗵𝗮𝘁𝘀𝗔𝗽𝗽 : 𝗵𝘁𝘁𝗽𝘀://𝘄𝗵𝗮𝘁𝘀𝗮𝗽𝗽.𝗰𝗼𝗺/𝗰𝗵𝗮𝗻𝗻𝗲𝗹/𝟬𝟬𝟮𝟵𝗩𝗯𝗔𝘆𝟯𝗬𝟭𝗜𝘁𝟱𝘀𝟰𝟯𝘁𝟲𝗘𝗘𝗗𝟮𝗗