30/12/2025
♦️Désormais libre
23 août 2024 : je suis privé de liberté.
4 octobre 2024 : on m'annonce le décès de ma mère alors que je suis en cellule.
22 août 2025 : je recouvre la liberté.
Je remercie Dieu et nos ancêtres, mais je ne m'estimais pas encore totalement libre.
Car pour moi, la liberté va bien au-delà du simple fait de pouvoir aller et venir.
30 décembre 2025 : je retourne sur la terre de mes ancêtres. Je m'incline enfin sur la tombe de celle à travers qui Dieu m'a envoyé en mission sur terre. C'est à cet instant précis que je me sens vraiment libre.
À ma mère, cette grande dame au grand cœur, je voudrais rendre hommage.
Elle aurait aimé me voir une dernière fois avant de s'en aller, mais je sais qu'elle n'est pas partie triste ; elle savait certainement, au fond d'elle, que je n'abandonnerais jamais.
Certes, j'ai reçu un coup terrible, mais ayant pour pilier l'éducation qu'elle m'a transmise, ma foi n’a pas faibli.
Oui, la foi de Kîrî Wrou Nâ'n Kâlâ en un monde juste n'a pas péri.
Ma foi en une société où la culture bissa et toutes les autres cultures pourront s'exprimer librement est intacte. Au contraire, elle s'est fortifiée là d'où je viens.
J'aimerais exprimer ma reconnaissance et ma gratitude à toute la communauté bissa, à l'ensemble de mes connaissances et à toutes les personnes qui, sans me connaître physiquement mais partageant mes idées, ont soutenu ma famille durant le deuil de ma mère.
Je ne saurais citer de noms, de peur d'en oublier.
Puissent Dieu et les mânes de nos ancêtres vous être reconnaissants à la hauteur de vos attentes.
Maman, dors tranquille. Ton lionceau Wrou Nâ'n Kâlâ n'a rien oublié de tout ce que tu lui as appris.
Dans cette jungle, il saura se servir de ses crocs, de ses griffes et de ton enseignement pour avancer et perpétuer ton nom.
Kîrî Wrou Nâ'n Kâlâ
Capitaine Djindjéré
Bissas Ho! Bissas!