04/08/2026
COMMUNIQUÉ DE LA LIGUE IVOIRIENNE DES DROITS DES FEMMES
Le 11 mai 2026, à 11 heures, la Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes a effectué un signalement auprès du Bureau du Procureur de la République, enregistré sous le courrier n° 3174, après avoir pris connaissance d’une vague massive de dénonciations de faits de viols multiples et de violences physiques et psychologiques exercés sur plusieurs femmes, par l’intermédiaire du réseau social TikTok.
Malgré plusieurs mois d’attente et de nombreuses relances auprès du Bureau du Procureur de la République, la Ligue est restée sans retour quant à l’évolution de la procédure engagée à la suite de ce signalement.
Cette situation met, à ce stade, un terme à toute visibilité sur les suites judiciaires susceptibles d’être engagées à partir du signalement effectué par la Ligue, lequel faisait suite à de nombreuses dénonciations publiques de graves crimes, au préjudice de plusieurs femmes.
Dans un contexte où la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles est présentée comme une priorité nationale, notamment à travers la Campagne Nationale d’Engagement contre les Violences Basées sur le Genre (VBG), officiellement lancée le 13 juin 2026 sous le haut patronage de la Première Dame, Madame Dominique Ouattara, et pilotée par le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant dirigé par Madame Nassénéba Touré, cette situation soulève des interrogations quant au traitement réservé à cette procédure.
Au regard de l’ampleur des dénonciations publiques ayant conduit à ce signalement, une communication institutionnelle sur l’issue de cette procédure apparaît essentielle pour préserver la confiance des victimes dans nos institutions ivoiriennes, encourager la libération de la parole et consolider les efforts engagés dans la lutte contre les violences basées sur le genre.
Cette situation intervient également au moment où l’individu mis en cause a fait son retour sur les réseaux sociaux. Les prises de parole qu’il y a tenues, perçues par de nombreux internautes comme une banalisation des faits dénoncés et une dénégation de toute responsabilité, ont suscité de vives réactions et ravivé les inquiétudes des personnes ayant publiquement témoigné.
La Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes appelle les autorités compétentes à communiquer sur les suites réservées à ce signalement et à informer l’opinion publique de l’état d’avancement de cette procédure, afin de préserver la confiance des victimes dans les institutions et de garantir que toute personne dénonçant des faits de violences puisse être entendue, protégée et orientée vers les voies de droit appropriées.
La Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes réaffirme son engagement aux côtés de toutes les femmes et poursuivra ses actions pour lutter contre les violences basées sur le genre, accompagner les victimes et contribuer à ce qu’aucune femme ne soit plus jamais seule.
À Abidjan, le 04 Août 2026
Meganne Boho
Présidente