01/11/2024
L'équipe de l'Association BARO a participé cette semaine au Colloque national "Grandir avec plusieurs parents - l'exemple de l'adoption" à Zürich
Ce colloque bilingue (DE et FR) a été organisé en coopération avec le Amt für Jugend und Berufsberatung du canton de Zurich, l’Office fédéral de la justice, PACH Pflege- und Adoptivkinder Schweiz et ZHAW Soziale Arbeit.
Notre coordinatrice a pu s'exprimer en soulignant l'importance du thème du colloque "Grandir avec plusieurs parents". Un des intervenant·e·s a évoqué une anecdote où son fils biologique aurait dit vouloir d'autres parents après une frustration. Il a complété son récit avec "Imaginez pour des parents adoptifs"!
Cette comparaison ou compétition entre parents adoptifs et parents biologiques est encore trop présente et taboue dans les familles adoptives. BARO rappelle que toutes les personnes adoptées ont plusieurs parents, deux géniteurs·trices et au moins un parent adoptif. Ce n'est pas une menace ou une comparaison, c'est une réalité. Le fait que les parents adoptifs se sentent en danger dans leur identité de parents résulte de l'idée que seule une filiation engendrée biologiquement est valide, ce qui est faux et dommageable. Les familles créés par adoption seraient ainsi moins « valables » que des familles biologiques. En très résumé, ceci s'explique par les normes socioculturelles qui encadrent la conception de famille dans nos sociétés qui se réfèrent aux "liens du sang". En réalité, les familles sont multiples et sont constituées de divers liens qui se co-construisent, issues ou non du biologiques. Le parents adoptifs sont bien les parents de leur enfant adopté·e. Simplement, les adopté·e·s ont une pluralité de parents.
Cette conception de la famille représente une partie des défis auxquels est confrontée l’Association BARO dans son travail au quotidien. Une grande partie des adopté·e·s redoutent ou n'osent pas échanger sur leurs démarches avec leurs parents adoptifs car ils·elles ont peur de les blesser en tentant d'éclaircir des éléments de leur passé avant l'adoption.
Il est primordial et nécessaire que le dialogue puisse s'ouvrir s'il est souhaité par l'adopté·e au sein des familles adoptives. Les adopté·e·s ont vécu une vie avant l'adoption, ils·elles sont restées parfois des années dans leur pays d'origine et ont d'autres parents, qu'ils·elles ont connu ou qu'ils·elles connaitront, plus ou moins brièvement ou non. Cela démontre à quel point il est important de pouvoir être soutenu·e par des professionnel·le·s lors des recherches d’origine car elles sont extrêmement complexes et vécues de manière unique selon les personnes.