Forêts

Forêts Un espace d’information, de transmission et d'échanges sur l’écosystème forestier.

22/07/2026

Le projet de l’Arbre-lien vise à protéger les vieux arbres, soutenir la biodiversité, observer l’adaptation des forêts au changement climatique et implique directement la population.

Le projet est né d’un constat simple : dans nos forêts, les vieux arbres disparaissent. On les laisse de moins en moins vieillir, et avec eux, c’est une part de la mémoire du vivant qui s’efface.

L’Arbre-lien apporte une réponse concrète : identifier, protéger et relier les arbres anciens… et choisir ceux qui deviendront les vieux arbres de demain. Une manière de rendre aux forêts la résilience dont elles ont besoin, en y ajoutant une dimension immatérielle et sociale.

Cette année, le projet continue de s’étendre : participation citoyenne pour sélectionner les arbres, validation des arbres proposés, ateliers et balades sensibles, implication des écoles, possibilité de devenir “gardien” d’un arbre et de suivre son évolution.

Forêts s’engage à documenter et diffuser cette démarche pour qu’elle inspire d’autres communes.
L’objectif : que ce projet né dans les Alpes suisses puisse un jour arriver près de chez vous.

Le projet Arbre-Lien est en développement.
Si vous souhaitez en suivre l’évolution et vous pouvez vous abonner à notre compte Forêt.

Si vous avez envie de faire vivre ce projet près de chez vous, n’hésitez pas à nous écrire en message privé.

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Au début de l'été, dans certaines hêtraies claires du Jura ou des Préalpes, on peut tomber sur une fleur qui ne ressembl...
15/07/2026

Au début de l'été, dans certaines hêtraies claires du Jura ou des Préalpes, on peut tomber sur une fleur qui ne ressemble à aucune autre : un sabot jaune brillant, surmonté de longs pétales torsadés en hélice. Elle pousse à l'ombre des hêtres, sur sol calcaire. C'est le Sabot de Vénus.

Ce qui rend cette fleur fascinante n'est pas son allure. C'est son temps.

Avant de fleurir pour la première fois, elle a vécu plus d'une décennie sous terre. Sans feuilles. Sans lumière. Entièrement nourrie par un champignon partenaire. Une fois épanouie, elle ne récompense pas ses pollinisateurs — elle les attire par une odeur trompeuse, et les piège.

Le Sabot de Vénus est une espèce protégée en Suisse ainsi qu’à l'échelle européenne. Ne pas le cueillir. Ne pas le déplacer. Ne pas piétiner ses stations. Sa simple présence dit qu'on est entré dans une vieille forêt.

Ethan Tapper est forestier dans le Vermont. Pendant huit ans, il a conseillé propriétaires et communes sur la gestion de...
08/07/2026

Ethan Tapper est forestier dans le Vermont. Pendant huit ans, il a conseillé propriétaires et communes sur la gestion de leurs forêts. En 2017, il a acheté la sienne — 175 acres dégradés par des décennies d'exploitation et envahis d'espèces invasives. Depuis, il la restaure.

Sa pratique s'appelle la sylviculture écologique. L'idée : gérer une forêt en imitant ses processus naturels, plutôt qu'en lui imposant une logique productive. Cela peut signifier laisser vieillir un arbre jusqu'à l'âge des forêts anciennes, retirer un envahissant, ou ouvrir une trouée pour qu'une nouvelle génération puisse pousser.

C'est avec cette expérience qu'il a écrit How to Love a Forest, sous-titré The Bittersweet Work of Tending a Changing World — Comment aimer une forêt. Le travail doux-amer de prendre soin d'un monde qui change.

Sa phrase peut choquer. Comment peut-on aimer un arbre et le couper ?

Ce que Tapper soutient, c'est qu'il y a des gestes que la santé d'une forêt exige. Couper un arbre malade qui menace ses voisins. Libérer un jeune chêne étouffé. Ouvrir un peu de ciel pour qu'une nouvelle génération pousse. Ces gestes sont parfois déchirants. Et seuls ceux qui aiment vraiment la forêt sont à même de le faire bien.

Couper sans connaître, c'est extraire. Couper en aimant, c'est prendre soin.
Source : Ethan Tapper, How to Love a Forest, Broadleaf Books, 2024. Traduction française de la citation par Forêts.

Cesare Leonardi est mort en 2021. Franca Stagi en 2008. Mais leur livre — L'Architecture des arbres, paru en 1982 et réé...
30/06/2026

Cesare Leonardi est mort en 2021. Franca Stagi en 2008. Mais leur livre — L'Architecture des arbres, paru en 1982 et réédité depuis — continue d'être l'un des objets les plus précieux pour qui veut apprendre à regarder une forêt.

L'idée est simple. Deux architectes italiens, basés à Modène, décident pendant les années 1960 et 1970 de dessiner à la main, à la même échelle, deux cent douze espèces d'arbres. Pas de photo. Pas d'ordinateur. Du papier, de l'encre, et l'observation patiente d'un individu de chaque espèce, sur le terrain.

Le résultat est un atlas vertigineux. On peut feuilleter le livre et voir, page après page, qu'un saule pleureur n'est pas un saule blanc, qu'un chêne pédonculé ne se confond pas avec un chêne sessile, qu'un noyer ne pousse pas comme un orme. Sans cet atlas, ces différences nous échappent. Avec lui, on commence à voir vraiment.

Un séquoia côtier vit deux à trois mille ans. Au cours de son existence, il traverse des dizaines d'incendies — et il le...
28/06/2026

Un séquoia côtier vit deux à trois mille ans. Au cours de son existence, il traverse des dizaines d'incendies — et il les traverse parce qu'il les a anticipés.

C'est une des leçons les plus humbles de la forêt. Le présent d'un arbre est presque toujours alimenté par son passé lointain. Ce qu'on voit pousser après une catastrophe n'est presque jamais neuf — c'est une réserve qu'on ignorait.

L'arbre ne calcule pas. Il accumule, simplement, depuis très longtemps. Et le jour où le feu vient, il a déjà tout ce qu'il faut pour repartir.

Source : Peltier et al., Nature Plants, 2023.

23/06/2026

Et si prendre soin du vivant commençait par un geste minuscule ?

Lors de notre dernier événement à Plateforme 10, F***y Guichard nous a parlé de ces petits gestes qui changent notre rapport au vivant.
Avec Les Petites Mains Sales et son livre Et si les arbres pouvaient parler ?, elle invite à porter attention à ce que l’on ne voit presque plus.

Un ver de terre perdu sur le bitume après la pluie.
Un pigeon empêtré dans un fil.
Et ce choix, tout simple : ne pas continuer son chemin comme si de rien n’était.

Ces gestes peuvent sembler dérisoires. Pourtant, ils disent quelque chose de profond : notre capacité à prêter attention, à résister à l’indifférence.

Toutes les graines ne tombent pas au pied de l’arbre qui les a portées. Certaines sont emportées par le vent. D'autres p...
18/06/2026

Toutes les graines ne tombent pas au pied de l’arbre qui les a portées. Certaines sont emportées par le vent. D'autres par les fourmis. Et beaucoup voyagent à l'intérieur d'un animal.

C'est un contrat très simple, et très ancien. L'arbre offre un fruit. L'animal mange. La graine survit au passage et se retrouve à plusieurs kilomètres, dans un dépôt nutritif. Certaines espèces ont même évolué pour ne plus pouvoir germer sans ce détour par un estomac — leur enveloppe a besoin de l'acide digestif pour s'ouvrir.

La forêt que vous traversez aujourd'hui a été semée, en partie, par les renards, les blaireaux, les merles, les grives — et tous ceux qui sont passés là bien avant vous. Une plantation lente et discrète, accomplie au fil des jours, sans intention.

https://magazine.hortus-focus.fr/blog/2025/09/08/cest-quoi-lendozoochorie/

Vers vingt-et-une heures, en juin, dans un sous-bois suisse, il arrive qu'on entende un vrombissement bas, presque mécan...
06/06/2026

Vers vingt-et-une heures, en juin, dans un sous-bois suisse, il arrive qu'on entende un vrombissement bas, presque mécanique. C'est un mâle de lucane qui prend son envol pour quelques semaines de vie aérienne — après avoir passé des années sous terre, dans le bois mort d'une souche.

Cette disproportion temporelle dit quelque chose d'important sur la forêt : ce qu'on voit dépend de ce qu'on ne voit pas. Le vol nuptial du lucane n'existe que parce qu'une souche a pourri à son rythme, sans qu'on la « nettoie ». Les forêts trop ordonnées sont des forêts sans lucanes.

Si vous avez un jardin, un coin de propriété, un bois familial : laissez les souches. Vous offrez plusieurs années à un coléoptère géant qui, sans cela, n'existerait pas.

Sources : Fremlin, 2022 ; Fremlin & Hendriks, 2011 ; Directive Habitats Faune-Flore, Annexe II.

Cette phrase est tirée d'un essai d'Alice Walker, The Universe Responds, publié dans son recueil Living by the Word en 1...
03/06/2026

Cette phrase est tirée d'un essai d'Alice Walker, The Universe Responds, publié dans son recueil Living by the Word en 1988. Elle l'écrit presque entre parenthèses, sans en faire un grand effet. Elle observe que pour vraiment voir les arbres, il faut leur donner du temps. Pas du temps utile : du temps perdu. Du temps à regarder, sans rien attendre.

Et à ce moment-là, dit-elle, on remarque qu'aucun n'est laid.

Aucun. Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus surprenant. Un arbre tordu, brisé, fendu, abîmé par la foudre, contorsionné par le vent — tous restent beaux. Non pas malgré leurs accidents, mais peut-être grâce à eux. Parce que la beauté d'un arbre n'est pas une question de symétrie : elle réside dans la manière dont il a traversé ce qui lui est arrivé.

C'est une belle saison pour aller en forêt sans appareil photo. Juste pour prendre le temps de regarder un arbre.

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