Forêts

Forêts Un espace d’information, de transmission et d'échanges sur l’écosystème forestier.

Cette phrase est tirée d'un essai d'Alice Walker, The Universe Responds, publié dans son recueil Living by the Word en 1...
03/06/2026

Cette phrase est tirée d'un essai d'Alice Walker, The Universe Responds, publié dans son recueil Living by the Word en 1988. Elle l'écrit presque entre parenthèses, sans en faire un grand effet. Elle observe que pour vraiment voir les arbres, il faut leur donner du temps. Pas du temps utile : du temps perdu. Du temps à regarder, sans rien attendre.

Et à ce moment-là, dit-elle, on remarque qu'aucun n'est laid.

Aucun. Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus surprenant. Un arbre tordu, brisé, fendu, abîmé par la foudre, contorsionné par le vent — tous restent beaux. Non pas malgré leurs accidents, mais peut-être grâce à eux. Parce que la beauté d'un arbre n'est pas une question de symétrie : elle réside dans la manière dont il a traversé ce qui lui est arrivé.

C'est une belle saison pour aller en forêt sans appareil photo. Juste pour prendre le temps de regarder un arbre.

Les dessins d’Abel Rodríguez (v. 1941–2025) ne sont pas simplement beaux.Ils portent une mémoire. Artiste et sage autoch...
29/05/2026

Les dessins d’Abel Rodríguez (v. 1941–2025) ne sont pas simplement beaux.
Ils portent une mémoire.

Artiste et sage autochtone de l’Amazonie colombienne, connu comme “el nombrador de plantas (celui qui nomme les plantes)”, il possédait une connaissance rare des arbres, des plantes, des animaux et des liens qui composent la forêt. Son travail est né d’un rapport vécu au territoire, d’un savoir transmis, et d’une mémoire si précise qu’elle pouvait faire surgir sur le papier la forme d’une feuille, la texture d’un tronc, l’architecture d’un arbre, ou encore la manière dont les espèces coexistent dans un même paysage.

Ses œuvres ont été décrites comme une exploration presque taxonomique des variétés d’arbres amazoniens. Elles ne relèvent donc pas seulement de l’émotion ou de la contemplation. Elles donnent aussi à voir, avec une justesse remarquable, la richesse concrète de la biodiversité amazonienne. Dans l’une de ses compositions majeures, plusieurs espèces végétales coexistent avec des animaux et des éléments du paysage, révélant une vision du vivant où tout est lié.

Déplacé de la forêt d’Araracuara, puis installé loin de son territoire, Abel Rodríguez a continué à faire vivre ce monde par le dessin. C’est sans doute là que réside la force profonde de son œuvre : ces images ne montrent pas seulement la forêt, elles en prolongent la mémoire.

Crédit images : Photo 1 : Abel Rodriguez, Terraza Alta II, 2018. Courtesy of the artist
Photo 3 : Abel Rodríguez, El árbol de la vida y de la abundancia, 2020, Photo: Sandra Vargas, ©the artist, Courtesy: the artist and Instituto de Vision
Photo 4 : © Abel Rodriguez
Photo 5 : Abel Rodríguez, El árbol de la vida y de la abundancia (Detail), 2020, Photo: Sandra Vargas, ©the artist, Courtesy: the artist and Instituto de Vision.

En allant chercher l’eau très loin sous terre, des eucalyptus peuvent faire remonter jusque dans leurs feuilles des trac...
26/05/2026

En allant chercher l’eau très loin sous terre, des eucalyptus peuvent faire remonter jusque dans leurs feuilles des traces infimes d’or.

Ce qui fascine ici, c’est qu’un arbre puisse révéler ce que le sous-sol contient.

Comme s’il devenait, à sa manière, un messager discret du monde enfoui.

Source : https://www.nature.com/articles/ncomms3614

Un mot peu connu pour un phénomène étonnant.Quand deux arbres poussent très près l’un de l’autre, leurs branches, leurs ...
20/05/2026

Un mot peu connu pour un phénomène étonnant.
Quand deux arbres poussent très près l’un de l’autre, leurs branches, leurs troncs ou leurs racines peuvent parfois se souder naturellement. Ce n’est pas une greffe faite par l’humain, mais une jonction spontanée du vivant.

Ce mot dit quelque chose de beau sur la forêt : elle n’est pas seulement un ensemble d’individus côte à côte. Elle est aussi faite de contacts, d’ajustements, de voisinages, parfois de vraies unions.

Un mot rare.Une image forte. Et une bonne raison de regarder les arbres d’un peu plus près.

16/05/2026

Et si notre regard sur la forêt venait de beaucoup plus loin qu’on ne le croit ?

Lors du dernier événement Forêts à Plateforme 10, Maxime Blondeau nous a invités à remonter le fil de notre histoire pour interroger ce qui, aujourd’hui encore, façonne notre manière d’habiter le monde.

Une question demeure : sommes-nous prêts à changer d’âge ?

Il mesure une trentaine de centimètres.Son plumage brun sombre est ponctué de taches blanches.Son bec noir, fort et droi...
11/05/2026

Il mesure une trentaine de centimètres.
Son plumage brun sombre est ponctué de taches blanches.
Son bec noir, fort et droit, est fait pour saisir, transporter et cacher des graines.

Mais le plus fascinant n’est pas son allure.
C’est ce qu’il fait.

Le cassenoix moucheté récolte, transporte, enterre, retrouve.
Il emporte les graines d’arole sur plusieurs kilomètres, puis les disperse dans le paysage.

Un oiseau montagnard et discret, qui participe à sa manière au mouvement du vivant.

Source : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9482738/

06/05/2026

Le projet de l’Arbre-lien vise à protéger les vieux arbres, soutenir la biodiversité, observer l’adaptation des forêts au changement climatique et implique directement la population.

Le projet est né d’un constat simple : dans nos forêts, les vieux arbres disparaissent. On les laisse de moins en moins vieillir, et avec eux, c’est une part de la mémoire du vivant qui s’efface.

L’Arbre-lien apporte une réponse concrète : identifier, protéger et relier les arbres anciens… et choisir ceux qui deviendront les vieux arbres de demain. Une manière de rendre aux forêts la résilience dont elles ont besoin, en y ajoutant une dimension immatérielle et sociale.

Cette année, le projet continue de s’étendre : participation citoyenne pour sélectionner les arbres, validation des arbres proposés, ateliers et balades sensibles, implication des écoles, possibilité de devenir “gardien” d’un arbre et de suivre son évolution.

Forêts s’engage à documenter et diffuser cette démarche pour qu’elle inspire d’autres communes.
L’objectif : que ce projet né dans les Alpes suisses puisse un jour arriver près de chez vous.

Le projet Arbre-Lien est en développement.
Si vous souhaitez en suivre l’évolution et vous pouvez vous abonner à notre compte Forêt.

Si vous avez envie de faire vivre ce projet près de chez vous, n’hésitez pas à nous écrire en message privé.

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On imagine facilement l’arbre comme un être autonome : un tronc, des branches, des feuilles, des racines.Mais ce que mon...
03/05/2026

On imagine facilement l’arbre comme un être autonome : un tronc, des branches, des feuilles, des racines.
Mais ce que montre Marc-André Selosse, c’est qu’un arbre ne fonctionne jamais seul.

Sous nos pieds, ses racines vivent avec des champignons.
Dans ses tissus, autour de lui, tout un monde microbien participe à sa nutrition, à sa santé et à son développement.
Et à l’échelle de la forêt, ce ne sont pas seulement des individus côte à côte : ce sont des êtres pris dans un réseau d’interactions.

Autrement dit, la forêt n’est pas une addition d’arbres.
C’est un tissu de relations.

Cette idée change profondément notre regard :
protéger une forêt, ce n’est pas seulement préserver des troncs.
C’est aussi préserver les liens invisibles qui rendent la vie possible.

Dans son projet le plus ambitieux à ce jour, Joanna Vestey a sillonné le Royaume-Uni pour photographier chacune des dern...
30/04/2026

Dans son projet le plus ambitieux à ce jour, Joanna Vestey a sillonné le Royaume-Uni pour photographier chacune des dernières forêts tempérées encore existantes, tout en réalisant des enregistrements sonores sur place. Développé au cours des deux dernières années, « 3 Days | 2 Nights » rappelle à la fois le pouvoir apaisant des forêts tempérées britanniques et l’extrême fragilité de ces écosystèmes rares.

Réalisées sur pellicule à la chambre photographique grand format, les images naissent d’un protocole radical : l’obturateur reste ouvert en pleine forêt pendant au moins deux heures à chaque prise de vue. Cette durée fait basculer la photographie vers une expérience du temps plutôt que vers la saisie d’un instant. Les paysages ne sont pas « capturés » : ils se déposent lentement sur la surface sensible. Le temps d’exposition cumulé de la série finale — 26 images — équivaut à trois jours et deux nuits, donnant son titre au projet.

« Une fois mes pensées apaisées, je me suis émerveillée devant l’enchevêtrement insaisissable de la forêt. Ces espaces semblaient offrir un seuil vers un autre monde, vers des strates de temps profond — vers un temps arboré qui s’étend bien au-delà du temps humain, vers un lieu qui nous dépasse. »

Crédits photos : Joanna Vestey

Image 1 : Pontneddfechan, Powys, Pays de Galles, image 2 : Bois de Dunollie, Argyll, Écosse, image 3: Llyn Mair, Snowdonia, Pays de Galles, image 4 : Bois de chêne de Breen, Ballymoney, Irlande du Nord, image 5 : Bois de Borrowdale, Lake District, Angleterre

Au Japon, depuis les années 1980, on parle de shinrin-yoku — littéralement “bain de forêt”. À l’origine, ce n’est ni une...
27/04/2026

Au Japon, depuis les années 1980, on parle de shinrin-yoku — littéralement “bain de forêt”. À l’origine, ce n’est ni une thérapie ni une mode, mais une invitation simple : entrer en forêt, ralentir, respirer, laisser le corps se poser. Une pratique culturelle, intuitive, enracinée dans une relation ancienne au vivant.

Des décennies plus t**d, la science s’y intéresse de près. Que se passe-t-il réellement quand on passe du temps en forêt ? Pas seulement dans la tête, mais dans le corps. Depuis quelques années, chercheurs et médecins mesurent, comparent, analysent… et montrent que cette pratique ancestrale laisse des effets mesurables, observables sur le bien-être et certaines fonctions physiologiques.

📚 Découvrez l’article de Catherine Charroin “Bains de forêts humanistes” sur notre Blog Forets.ch : https://forets.ch/2026/02/19/bains-de-foret-humanistes-un-chemin-vers-le-calme-interieur

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