03/06/2026
Cette phrase est tirée d'un essai d'Alice Walker, The Universe Responds, publié dans son recueil Living by the Word en 1988. Elle l'écrit presque entre parenthèses, sans en faire un grand effet. Elle observe que pour vraiment voir les arbres, il faut leur donner du temps. Pas du temps utile : du temps perdu. Du temps à regarder, sans rien attendre.
Et à ce moment-là, dit-elle, on remarque qu'aucun n'est laid.
Aucun. Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus surprenant. Un arbre tordu, brisé, fendu, abîmé par la foudre, contorsionné par le vent — tous restent beaux. Non pas malgré leurs accidents, mais peut-être grâce à eux. Parce que la beauté d'un arbre n'est pas une question de symétrie : elle réside dans la manière dont il a traversé ce qui lui est arrivé.
C'est une belle saison pour aller en forêt sans appareil photo. Juste pour prendre le temps de regarder un arbre.