04/10/2026
🐾 L'impact de nos mouvements sur les chiens anxieux 🐾
Nous pensons souvent communiquer avec notre chien principalement par la voix. Pourtant, bien avant nos paroles, il observe notre corps. Notre posture, notre regard, notre vitesse, notre trajectoire, mais aussi notre façon de nous arrêter lui transmettent en permanence des informations.
Pour un chien adopté à l’étranger ayant vécu des traumatismes, cette lecture de l’environnement peut prendre une place particulièrement importante. Certains mouvements ou certaines attitudes humaines peuvent alors augmenter sa vigilance et donc son anxiété, sans que nous comprenions toujours pourquoi.
🟩 Notre façon de nous déplacer lui parle
Un humain qui arrive frontalement, rapidement, le corps tendu et le regard dirigé vers le chien peut représenter une forte pression. À l’inverse, ralentir, modifier légèrement sa trajectoire ou éviter un regard fixe peut rendre une approche beaucoup plus facile à gérer.
Chez un chien ayant connu des expériences traumatiques, ces différences peuvent être particulièrement importantes. Il observe notre corps pour essayer de comprendre ce qui va se passer et déterminer s’il peut rester en sécurité.
👉 Notre intention est une chose mais ce que notre corps communique au chien en est une autre.
🟩 Vélos, joggeurs et mouvements dans l’environnement
C’est particulièrement visible avec les vélos, les joggeurs ou les personnes qui marchent (et encore plus avec des bâtons). Pour nous, ce sont simplement des individus qui se déplacent. Pour le chien, leur vitesse, leur trajectoire et leur distance peuvent complètement modifier la situation.
Un chien peut tolérer une personne qui marche tranquillement et monter en vigilance lorsque celle-ci se met à courir ou passé trop proche de lui. Un cycliste arrêté peut ne provoquer aucune réaction et devenir beaucoup plus difficile à gérer lorsqu’il se met en mouvement.
Le déclencheur n’est donc pas forcément le cycliste ou le joggeur, mais la dynamique du mouvement et la distance dans l’espace du chien (voir l'article sur les zones émotionnelles).
🟩 Le statique est aussi déstabilisant
On pense souvent que seul le mouvement peut activer un chien sensible/anxieux. Pourtant, une personne qui reste statique face à lui, avec le corps orienté dans sa direction et un regard soutenu, peut également provoquer de la vigilance.
C’est quelque chose que nous faisons très facilement lorsque nous voulons photographier. Nous nous arrêtons, nous orientons notre corps vers lui, nous le regardons à travers notre téléphone et nous restons parfois plusieurs secondes dans cette position. Ou bien aussi lorsque nous nous arrêtons pour parler avec le voisin lors d'une promenade.
Pour un chien particulièrement vigilant, cette combinaison de statique, d’orientation directe et/ou de regard soutenu peut représenter une pression supplémentaire.
Il peut alors envoyer des signaux d’inconfort: détourner la tête, se lécher le nez, bâiller, se figer, ralentir, fermer la bouche, chercher à augmenter la distance...
👉 Ces signaux sont une façon pour le chien de communiquer que la situation devient très difficile pour lui.
🟩 Observer les signaux avant la réaction
Lorsqu’un chien finit par aboyer, grogner ou bondir, il est facile de ne regarder que cette réaction finale. Pourtant, il a souvent communiqué bien avant.
Les signaux d’inconfort nous permettre de mieux comprendre notre chien et d’intervenir plus tôt. En les observant, nous pouvons ralentir, nous décaler, augmenter la distance, modifier notre trajectoire ou simplement laisser au chien la possibilité de s’éloigner. La réaction que nous voyons n’est souvent pas le début de son inconfort, mais l’aboutissement d’une situation devenue trop difficile à gérer.
👉 Connaître, observer et décrypter les signaux d'inconfort (spécificité de la communication canine) est indispensable pour tous les humains car l'adaptation doit venir des deux côtés.
🟩 Apprendre à bouger autrement
Accompagner un chien ayant vécu des traumatismes, c’est donc aussi apprendre à observer et modifier notre propre langage corporel.
Notre chien ne comprend pas que nous voulons simplement le saluer, le photographier ou passer tranquillement à côté de lui. Il perçoit d’abord notre posture, notre direction, notre vitesse et nos mouvements. Et c'est encore plus le cas à son arrivée, d'autant que les expériences liées aux humains et leur déplacements dans les fourrières ont été sources de peur.
Modifier légèrement notre façon de nous déplacer peut parfois lui permettre de rester sous son seuil de tolérance et de mieux vivre une situation qui aurait autrement été beaucoup plus difficile.
👉 Avant de demander à notre chien de mieux gérer son environnement, demandons-nous parfois ce que notre propre corps lui communique.
🐶 Conclusion
Pour un chien ayant vécu des traumatismes, la sécurité se construit énormément à travers la prévisibilité de son environnement.
Respecter ses distances, ralentir, éviter de le fixer, modifier une trajectoire ou lui laisser la possibilité de s’éloigner peuvent sembler être de petits détails pour nous mais pour lui, ils peuvent pourtant faire une grande différence.