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de la modification des quartiers adjacents au rail
28/05/2026

de la modification des quartiers adjacents au rail

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26/05/2026

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Politique genevoise
Le Conseil d’État protège le site du «Grand Cologny»

Le Canton fixe un cadre de protection pour un domaine du XVIIe siècle et valide la stratégie d’aménagement communal.
Aymeric Dejardin-Verkinder
Publié: 12.02.2026, 12h08

Ancienne photo en noir et blanc d’un grand manoir entouré d’arbres et de jardins avec une personne arrosant la pelouse.
Grand Cologny: maison de maître, 2e quart du XXe siècle. La maison est acquise en 1776 à Jean Gallatin par le peintre Jean Huber; il y accueille Goethe en 1779. Huber la vend en 1784 à Louis Necker dit de Germany, avec les tableaux qui s’y trouvent. La propriété était située à l’emplacement de l’actuelle fondation Martin Bodmer.
BIBLIOTHÈQUE DE GENÈVE

Mercredi, le Conseil d’État a arrêté deux décisions concernant la commune de Cologny: l’adoption du plan de site «Grand Cologny» et l’approbation d’une mise à jour partielle du plan directeur communal.

Le volet «Grand Cologny» concerne un vaste domaine logé sur la crête du coteau, à l’écart du village, et constitué dès la fin du XVIIe siècle de deux campagnes distinctes (Domaine Tronchin sur le haut et Les Montreuses sur le bas).

Le plan de site couvre 133 034 m² et s’étend sur les parcelles situées entre le chemin Le-Fort, la rampe de Cologny, la route Martin-Bodmer et la route de Vandœuvres.

Sur le fond, il vise à préserver les qualités historiques, architecturales et paysagères du lieu (bâtiments, allées, vues, structure végétale) tout en permettant la réalisation de trois ensembles d’habitats groupés.
Vue aérienne d’une carte montrant une zone délimitée par une ligne rouge, entourée de parcelles et de routes.
Sur le plan parcellaire, le parc de la propriété du Grand Cologny se divise en deux parcelles, la parcelle N° 33, sise en zone agricole avec une partie en zone villas, bordée à l’est par la route de Vandœuvres, et, au nord, par la route Martin-Bodmer, ainsi que la parcelle N° 38, sise en zone villas, située à l’ouest, le long de la rampe de Cologny et du chemin Le-Fort.
SITG

L’adoption de ce plan est l’aboutissement d’un processus engagé depuis plusieurs années. En 2017, à l’occasion d’une demande de division parcellaire, l’Office du patrimoine et des sites a sollicité l’ouverture d’une procédure de classement, au regard des enjeux patrimoniaux.

En 2018, le Département du territoire a élaboré, avec les propriétaires, un avant-projet afin de préserver l’ensemble du domaine en zone agricole et de planifier la valorisation de la partie située en zone villas. Des études historiques et patrimoniales ont ensuite été menées (2019-2020), confirmant la valeur des bâtiments et des jardins recensés par l’ICOMOS.

Mis à l’enquête du 6 février au 8 mars 2025 sans observation, le projet a reçu un préavis favorable du Conseil municipal le 15 mai 2025, puis a été légèrement adapté. La procédure d’opposition d’octobre-novembre 2025 n’a suscité aucun recours.

Évolution de la zone villas

L’approbation de la mise à jour du plan directeur communal vise principalement la zone villas, qui représente 85% de la zone à bâtir. Elle fixe une stratégie d’évolution conforme aux objectifs de densification du plan directeur cantonal 2030.

Pour mieux cadrer son développement urbain, Cologny prévoit d’évaluer les projets au regard de leur insertion dans le territoire, du respect de l’harmonie, du caractère des quartiers et des éléments constituant l’identité communale. Le plan directeur actualisé doit être mis en ligne prochainement.

Le Canton fixe un cadre de protection pour un domaine du XVIIe siècle et valide la stratégie d’aménagement communal.

"C'est pas moi, c'est ma sœur qu'a cassé [...]"on attend impatiemment la suite...https://www.tdg.ch/geneve-jacob-safra-c...
26/05/2026

"C'est pas moi, c'est ma sœur qu'a cassé [...]"
on attend impatiemment la suite...

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Dommages patrimoniaux à Genève
Jacob Safra conteste l’arrêt du chantier de Hauterive à Cologny

Le propriétaire a déposé un recours contre la décision prononcée par l’État. Les acteurs se renvoient la b***e de la responsabilité des dommages patrimoniaux.
Marc Renfer
Publié: 18.02.2026, 06h43

Chantier sur le domaine de Hauterive à Cologny, Genève, avec une grue et des échafaudages visibles, marquant la transformation de la propriété historique de 1,8 hectare appartenant à Jacob Safra, surplombant le quai de Cologny.
Le chantier, qui prévoit des extensions à la maison de maître historique (en arrière-plan), est à l’arrêt après des destructions considérées comme illégales par l’État.
LAURENT GUIRAUD/TAMEDIA
En bref:

Jacob Safra a déposé un recours contre l’arrêt des travaux sur le domaine de Hauterive.
Des éléments historiques dans l’ancienne maison de Gustave Ador ont été démolis.
La responsabilité du mandataire pour la surveillance reste floue.
Les amendes sont jugées insuffisantes pour dissuader les infractions patrimoniales.

L’affaire du domaine de Hauterive prend une tournure judiciaire. Avocat du propriétaire Jacob Safra, François Bellanger confirme avoir déposé un recours contre l’ordre d’arrêt des travaux. «Le propriétaire n’entend pas faire de commentaire compte tenu de cette procédure en cours», indique l’homme de loi.

Cet imposant projet, donnant sur le quai de Cologny, prévoit l'ajout de près de 1000 m² de surfaces dans de nouveaux bâtiments hors-sol et le creusement de 2250 m² supplémentaires en sous-sol. Si l’autorisation de construire a validé ces volumes, elle reposait sur une protection des bâtiments historiques et une intervention limitée à l’intérieur de l’ancienne maison de Gustave Ador.

Or, selon la longue liste des constats établis par l’Office du patrimoine et des sites (OPS), des planchers et plafonds en bois ont notamment été démolis puis remplacés par des dalles en béton. Par ailleurs, le propriétaire a aussi recouru contre la mise à l’inventaire des bâtiments, une procédure toujours pendante.
L’arrêt, plus douloureux que l’amende

«La remise en état est le sens même d’un arrêt de chantier, explique Pauline de Salis, porte-parole du Département du territoire (DT), tout doit être analysé en détail pour figurer ensuite dans le protocole d’intervention qui doit être élaboré par le mandataire et, le cas échéant, dans l’autorisation de construire complémentaire.»

L’enjeu pécuniaire de l’affaire n’est pas limité à l’amende; il concerne aussi celui du coût de l’immobilisation du chantier, dont les conséquences financières peuvent être beaucoup plus importantes que l’amende elle-même. La loi sur les constructions (LCI) plafonne l’amende administrative à 150’000 francs.

La procédure remet au premier plan la question de la conformité des travaux au permis. Le DT rappelle que cette responsabilité est attachée au mandataire professionnellement qualifié (MPQ). «Vis-à-vis de la conformité de l’exécution de l’autorisation de construire, c’est le MPQ qui est responsable», écrit Pauline de Salis.
Flou sur les responsabilités

L’architecte Patrice Reynaud, dont le nom figure dans la demande d’autorisation de construire, réfute avoir dirigé le chantier. Ses avocats, Me Julie Bozzo-Gros et Me Pascal Aeby, assurent qu’il n’a été chargé contractuellement «ni de la direction ni de la surveillance du chantier».

Les conseils de l’architecte précisent que leur client s’est uniquement vu confier la procédure d’obtention de l’autorisation de construire. C’est à ce titre, et «au sens de la loi», qu’il porterait le titre de MPQ. Selon eux, les destructions auraient été réalisées «directement par les équipes du maître de l’ouvrage». Ils ajoutent que «dès le moment où une procédure est en cours», l’architecte n’est «pas en position de commenter la situation».

Pour l’instant, la chaîne de commandement sur le terrain reste peu claire. Implenia est intervenue sur le chantier, mais «n’est pas le MPQ pour le projet», et elle n’a été mandatée que pour des «travaux spécifiques», indique sa porte-parole, Natascha Mathyl. L’entreprise précise avoir travaillé selon des «documents de planification externes», dont elle n’indique pas l’origine.
Procédures disciplinaires possibles

En parallèle de la procédure d’arrêt du chantier, des suites disciplinaires sont possibles. C’est la Chambre des architectes et des ingénieurs (CAI) qui pourrait s’y intéresser. Contactée, elle indique qu’elle «ne communique pas sur les procédures disciplinaires».

La loi sur l’exercice des professions d’architecte et d’ingénieur (LPAI) prévoit des mesures allant de l’avertissement à la radiation du tableau des mandataires.

Du côté de l’Association genevoise d’architectes (AGA), dont Patrice Reynaud est membre, on dit «s’abstenir de toute prise de position publique concernant ses membres». «Le cas est actuellement traité par l’autorité compétente», ajoute l’association. Relancée, l’AGA ne nous a pas précisé si elle disposait de règlements prévoyant des sanctions contre ses membres.

Des associations déçues

Face aux dommages architecturaux et au flou ambiant, les associations de défense du patrimoine dénoncent un système de responsabilité défaillant. Coprésidents de Patrimoine suisse, Pauline Nerfin et Lionel Spicher qualifient la situation d’«inadmissible».

Pour eux, le rôle de l’architecte ne peut se limiter au dépôt du dossier: «L’architecte est responsable jusqu’au permis d’habiter. S’il n'est pas écouté par son client, il doit le dénoncer ou se retirer», expliquent-ils. Pour l'association, l’architecte mandaté pour le suivi des travaux, quel qu’il soit, «est l’unique responsable».
Amendes peu dissuasives

L’échelle des amendes est également jugée peu dissuasive. «Pour un propriétaire d’une petite maison, une infraction punie d’une amende de 20’000 francs, cela peut peser. Pour un projet comme celui du domaine de Hauterive (ndlr: déclaré à 60 millions de francs), 150’000 francs, ce n'est pas dissuasif», déplore Patrimoine suisse. Des interlocuteurs nous ont d’ailleurs évoqué des projets où le risque d’amende est intégré dès la planification financière.

La suite dépendra des exigences de reconstruction. Pour Patrimoine suisse, la seule mesure réellement dissuasive serait l’obligation de rebâtir à l’identique. Au-delà de l’aspect technique, c’est l’amertume qui domine. Pauline Nerfin et Lionel Spicher soulignent la fragilité des victoires patrimoniales: «On obtient des protections, on se dit «ouf, le gros est passé», mais malgré tout, on peut encore les perdre. C’est rageant.»

La question du sort des matériaux d’origine retirés des bâtiments n’a, à ce stade, pas trouvé de réponse. En attendant que les procédures avancent, le domaine de Hauterive, qui avait été laissé à l’abandon pendant plus d’une décennie avant son rachat à la famille de l’ancien roi Fahd, va encore rester figé.

Le propriétaire a déposé un recours contre la décision prononcée par l’État. Les acteurs se renvoient la b***e de la responsabilité des dommages patrimoniaux.

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18/05/2026

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Patrimoine
Genève inscrit à son inventaire l’ancienne Ecole d’horlogerie

Le bâtiment des années 1870 n’offre rien de spectaculaire, mais il rappelle la mémoire artisanale et industrielle de la ville.
Etienne Dumont
Publié aujourd’hui à 05h07

Façade d’un bâtiment institutionnel classique en pierre beige, avec une entrée en bois et de nombreuses fenêtres sur trois étages.
La façade du côté de la rue Necker.
Etat de Genève.

Et une inscription de plus! Je ne vais pas affirmer que Genève sanctuarise son patrimoine. L’État classe peu chez nous, et cela ne garantit rien. Ou du moins pas toujours. Il suffit de penser au Plaza, déclassé en 2015 pour se voir démoli avant un sauvetage miraculeux dont nos édiles se félicitent aujourd’hui. Mais il y a tout de même en ce moment du mieux, histoire peut-être de faire digérer à une partie de la population la bétonisation («verte», bien sûr!) prévue au PAV ou Praille-Acacias-Vernets. Un destin avec des tours allant jusqu’à 180 mètres que tentent sans grand espoir d’éviter certaines associations citoyennes. Plus quelques lanceurs (et surtout lanceuses) d’alerte.

XIXe siècle délaissé

Ces derniers temps, Genève s’était surtout penché avec un œil attendri sur le bâti du XXe siècle. Il s’agissait de pérenniser des créations architecturales des années 1950, voire 1970. Et puis le brutalisme est à la mode! Il assure en plus aux constructeurs actuels une sorte de légitimité. Je pense à l’inscription récente de la Villa Nessim de Cologny comme celle de la Villa Nierlé à Lancy. Il s’agissait maintenant de contrebalancer cette tendance, alors que tant d’édifices du XIXe siècle demeurent exposés à d’éventuelles destructions ou lourdes transformations. Le Canton vient ainsi d’envoyer un communiqué comme quoi il avait inscrit à la liste des bâtiments dignes de protection l’ancienne Ecole d’horlogerie de 1874, logée sur la rive droite rue Necker-rue des Terreaux-du-Temple. En face de l’église Saint Gervais pour l’une des façades. Cette attention semble cependant moins due aux qualités intrinsèques de la construction qu’à la mémoire artisanale et industrielle dont l’école formerait «un témoin majeur».
Photo sépia ancienne d’un grand bâtiment institutionnel à plusieurs étages, avec arbres sans feuilles et lampadaire au premier plan.

L’école au moment de sa construction dans un quartier qui s’est vu complètement remodelé depuis.
Centre d’iconographie genevoise.

Comme le dit bien le livre publié en 2020 par Patrimoine suisse Genève sur le «XIXe» dans la Ville, le bâtiment garde «une certaine sévérité». Avec ce que cela suppose. Tout le monde le voit, mais peu de gens le regardent. Au début des années 1870, l’architecture scolaire n’avait pas souvent la fantaisie qu’elle devait développer plus t**d, notamment avec des pièces montées de type «Heimatstil». Cette sobriété se révèle cependant un choix. Il suffit de comparer l’ancienne école horlogère à celle, toute proche, qu’occupe aujourd’hui sur le boulevard James Fazy le Bâtiment D de la HEAD. La brique rouge choisie en 1878 le dispute ici aux parties sculptées et aux ferronneries. Le bâtiment récemment inscrit rue Necker rappellerait plutôt l’ex-école du Grütli, d’ailleurs due au même architecte: Jean Franel (1824-1885). Un Veveysan qui a construit beaucoup de gares secondaires avant de monter en grade. Genève lui doit ainsi Uni-Bastions (en collaboration avec deux confrères) comme le monument funéraire du duc de Brunswick sur le quai du Mont-Blanc. Un caprice gothique qui copiait il est vrai un authentique monument médiéval de Vérone.
Façade d’un bâtiment historique en briques rouges et pierre, style haussmannien, orné d’une affiche jaune vif, sous un ciel bleu éclatant.

Le contre-exemple du bâtiment de 1878 aujourd’hui occupé tout près par la HEAD.
HEAD.

L’ancienne Ecole d’horlogerie avait du reste été rendue possible par le legs du duc de Brunswick, mort à Genève en août 1873. On sait qu’il était de 24,5 millions or, ce qui représentait à l’époque 24 fois le budget annuel de la Ville. Il y avait donc de quoi faire. L’établissement aujourd’hui inscrit venait ainsi compléter les dépenses somptuaires créées par les grilles du parc des Bastions ou le Grand Théâtre, inauguré en 1879. L’emplacement de Saint Gervais avait été dicté par des motifs historiques. La Fabrique (horlogerie, bijouterie, émaillerie) occupait traditionnellement la rive droite du Rhône. L’immeuble en forme de peigne, avec deux cours, a relativement bien passé le cap du temps. Il a cependant subi d’importants aménagements intérieurs dans les années 1970. Des raisons de sécurité ont aussi amené la création d’escaliers de secours disgracieux, comme le souligne le livre de Patrimoine suisse Genève qui parle froidement de «défiguration». M’est avis qu’on ne va pas les enlever de sitôt, comme Florence l’a fait avec ceux de la cour du prestigieux Palazzo Strozzi. Il faut dire que les bâtiments ne possèdent pas vraiment la même importance historique et artistique!

P.S. Puisque j’en suis au patrimoine bâti, j’ai lu que le toit de la basilique Saint Rémi de Reims menace de s’effondrer. Il a fallu limiter les accès à l’église. En cause, la restauration hâtive des années 1920 et le changement climatique. Il y en aurait pour 65 millions d’euros si l’on veut restaurer ce joyau de l’art roman, classé au Patrimoine de l’Unesco depuis 1991. Des nouvelles comme cela, il y en a presque toutes les semaines en France. Le Loto du Patrimoine a l’air d’une goutte d’eau comparé au flot de milliards nécessaires. Tout le monde parle pourtant d’économies outre Jura. Si cela continue, il faudra faire des choix.

Le bâtiment des années 1870 n’offre rien de spectaculaire, mais il rappelle la mémoire artisanale et industrielle de la ville.

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28/04/2026

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Urbanisme
Patrimoine suisse Genève entre dans la lutte contre les tours du PAV

Le numéro entier de son bulletin «Alerte» est consacré à la ville en hauteur que nous mitonnent les autorité cantonales.
Etienne Dumont
Publié: 14.04.2026, 11h49

Vue panoramique de Genève avec le jet d’eau sur le lac Léman, le port de plaisance et les tours du projet Praille-Acacias-Vernets en arrière-plan.
L’image de synthèse parue il y a quelques mois dans la presse locale.
DR.

C’est en soi un petit événement. «Alerte», le journal trimestriel de Patrimoine suisse Genève, consacre l’intégralité d’un de ses numéros (plus épais que d’habitude!) au projet de nouvelle ville à construire sur les 230 hectares du site Praille-Acacias-Vernets dans les prochaines décennies. Réputée très prudente, l’organisation se lance ainsi dans une bataille jusqu’ici avant tout menée par Contre l’enlaidissement de Genève. En posant la question «Ville basse ou ville en hauteur?», elle fournit déjà à ses lecteurs les premiers éléments de réponse. Les autres arrivent dès le premier article de la première page, signé collectivement par l’architecte Marcellin Barthassat, Pauline Nerfin de Patrimoine suisse Genève et Rafa Sala Bufill, autre constructeur. «La régénération du secteur PAV envisagée par le Conseil d’État nous préoccupe à plus d’un titre avec cette nouvelle silhouette de Genève, d’une bonne trentaine de tours et 60 et 120 mètres, ainsi que deux gratte-ciel de 170 et 175 mètres.» Alors pourquoi ne pas consacrer, vu la coïncidence des chiffres, le numéro 175 entier d’«Alerte» au sujet, vu son importance encore mal perçue par la population? Cette dernière me semble de plus (ici c’est moi qui parle) avoir été manipulée avec une information officielle biaisée.

Exemple parisien

Outre les différentes contributions, le journal propose un plan comparatif des différentes hauteurs. La tour de 175 mètres se révèle ainsi deux fois et demi plus élevée que la cathédrale, qui perdrait son caractère dominant. La parole se voit également donnée aux collectifs d’associations d’habitants (et d’habitantes). Pour elles, «l’horizon de Genève ne doit pas être vertical». Un parallèle se voit tenté avec Sidney, qui a limité les tours à un centre éloigné du cour de la ville: Paramatta. Le journal se termine avec le «philosophe de l’urbain» Thierry Paquot. Il parle lui aussi de «la folie des hauteurs». Ne restait plus qu’à tirer des conclusions avec un éditorial comparatif. «L’exemple parisien est éclairant: après avoir assoupli, sous l’impulsion de la maire Anne Hidalgo, le plafond historique de 37 mètres, Paris est revenu en arrière (1). En juin 2023, le Plan local d’urbanisme bioclimatique a rétabli cette limite afin de préserver le paysage haussmannien et de réduire les émissions de carbone.» Il faut donc «rouvrir le débat» et inventer pour Genève «une voie singulière».

«Zones blanches»

A cela répondrez-vous peut-être que la messe est dite. Lors d’une conférence de presse, j’ai ainsi entendu une journaliste bulldozer opposer aux défenseurs du patrimoine le fait qu’ils ne rencontraient «aucun écho dans la population». Seul importait de loger des gens. Ce à quoi il fut répondu que la colossale entreprise du PAV servait avant tout aux gens de l’immobilier à «faire de l’argent». Des milliards. On mutilait une ville pour un profit immédiat. Avec une architecture sans qualité, comme sont venus le dire dans une émission de TV les Herzog & DeMeuron, qui ont évidemment fait mieux à Bâle. Reste que la question semble urgente. Zoug parle de créer dans le canton des «zones blanches», où tout ou presque serait permis pour construire du logement. Plus haut. Plus serré. Entièrement à l’ombre… Une sorte de Far West urbanistique nécessaire, vu l’augmentation de la population. A ce propos je rappelle que nous voterons le 14 juin pour ou contre une Suisse de 10 millions d’habitants. Une chose qui inquiète les économistes, alors que le Conseil fédéral semble dormir. L’habitat détérioré, les paysages dévastés, l’impression de foule risquent de prendre du poids dans la balance. Mais de cela, évidemment, Genève s’en balance.

(1) La colossale Tour Triangle, au stade des finitions, se trouve hors de la ville même. Inauguration janvier 2027. On ne peut pas dire que ce projet signé Herzog & DeMeuron ait passé comme une lettre à la poste.

Pratique
Le site à recommander est https://patrimoinegeneve.ch

Première institution genevoise active dans la protection du patrimoine bâti, Patrimoine suisse Genève est une association privée d’utilité publique, fondée en 1907 sous le nom de Société d’art public.

https://www.letemps.ch/immobilier/la-culture-suisse-infuse-dans-les-concours-d-architectureLa culture suisse infuse dans...
24/04/2026

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La culture suisse infuse dans les concours d’architecture

Actuellement présidée par une Suissesse, l’Union internationale des architectes (UIA) encadre les pratiques des concours d’architecture. L’objectif est d’assurer que les procédures soient transparentes et crédibles. Zoom sur une organisation peu connue, née à Lausanne
Jean Tschumi, siège de Nestlé, Vevey (1956-1960). — © Cité de l’architecture & du patrimoine. Photo Christian Richters
Grégory Tesnier
Immobilier.ch
Publié le 11 avril 2026 à 19:42. / Modifié le 12 avril 2026 à 11:09.
4 min.

A première vue, un concours d’architecture se résume à une procédure bien balisée: un programme, un jury, des projets anonymes, un lauréat. Derrière ce dispositif familier se joue pourtant un ensemble de règles, de standards et d’équilibres rarement visibles. Qui en assure, par exemple, l’équité lorsqu’il est ouvert à des architectes du monde entier? Qui veille à ce que la procédure soit conduite de manière transparente et crédible?

A ces questions, une institution internationale apporte des réponses depuis près de 80 ans: l’Union internationale des architectes (UIA). Fondée en 1948 à Lausanne et aujourd’hui basée à Paris, elle regroupe 118 sections membres représentant 124 pays. Son rôle est de définir des standards professionnels et d’encadrer, notamment, les concours internationaux d’architecture; une mission peu connue du grand public, mais structurante pour la profession.

«L’UIA est reconnue par le Conseil économique et social des Nations unies et constitue l’interlocuteur professionnel de référence du monde architectural à l’échelle mondiale», indique Regina Gonthier, architecte bernoise et présidente depuis 2023 de l’organisation. Elle est la deuxième personnalité suisse à occuper cette fonction prestigieuse après Jean Tschumi (de 1953 à 1957), à qui l’on doit notamment le siège de Nestlé à Vevey, construit à la fin des années 1950.

Jean Tschumi, siège de Nestlé, Vevey (1956-1960). — © Archives Bernard Tschumi

Diffuser une culture du concours

Dès 1956, en collaboration avec l’Unesco, l’organisation élabore un règlement destiné à encadrer les appels à projets. Un cadre régulièrement actualisé, qui dépasse largement la simple formalité administrative. «Nous parlons de véritables exigences, pas de recommandations vagues, insiste Regina Gonthier. Elles portent sur la philosophie du concours d’architecture, sa qualité, son équité et sa crédibilité professionnelle.»

Précisons que l’UIA n’impose pas systématiquement ses normes, mais intervient à la demande. Lorsqu’un organisateur de concours sollicite son aval, le respect de ses règles devient impératif. «Nous vérifions non seulement les conditions de la procédure, mais encore ce qui se passe après la désignation du projet vainqueur. Car l’objectif est que celui-ci puisse être réalisé», note Regina Gonthier.

Pour Doris Wälchli, présidente de la Conférence suisse des architectes (CSA) et membre de la commission des concours de l’UIA, ce mécanisme joue un rôle comparable à certains référentiels nationaux. A l’image du règlement SIA 142 en Suisse, l’agrément de l’UIA constitue un gage de sérieux et de qualité professionnelle: les architectes savent que la procédure est conduite selon les règles de l’art.

Les concours bénéficiant de cette validation restent peu nombreux – «quatre ou cinq par an dans les périodes les plus actives», précise Regina Gonthier – mais ils concentrent une forte valeur symbolique et servent de modèles à l’échelle internationale. Des exemples célèbres? L’Opéra de Sydney (1956), la Bibliothèque nationale de France à Paris (1989) ou encore le nouveau bâtiment du Joint Research Centre (JRC) de la Commission européenne à Séville (2022).

Des touristes regardent passer un ferry devant l'Opéra de Sydney, par une journée d'automne, le 8 avril 2026. — © DAVID GRAY / AFP
Des touristes regardent passer un ferry devant l'Opéra de Sydney, par une journée d'automne, le 8 avril 2026. — © DAVID GRAY / AFP
Lire également: Sophie Heu Reignier, l’âme du nouveau quartier Quai Vernets: «Dans l’immobilier, il ne faut pas opposer densité et qualité. On peut concilier les deux»

Entre neutralité et responsabilité

Au-delà de ces projets emblématiques, l’influence de l’UIA se déploie plus largement, souvent de manière indirecte. L’organisation agit comme un centre de ressources et de conseil pour les pays qui souhaitent structurer ou améliorer leurs pratiques. «Lorsqu’un pays ne dispose pas encore de règles ou souhaite les faire évoluer, il peut nous solliciter, explique Regina Gonthier. Nous intervenons toujours sur demande, jamais de manière imposée.» Ce rôle d’accompagnement révèle une réalité contrastée: si la culture du concours d’architecture est bien ancrée en Suisse ou dans plusieurs pays européens, elle reste inégalement développée ailleurs. Dans ce contexte, les standards de l’UIA jouent un rôle de diffusion progressive, en offrant un cadre de référence adaptable.

Organisation professionnelle, l’UIA revendique une position non politique. Pourtant, les tensions contemporaines – conflits armés, enjeux environnementaux, transformations technologiques – peuvent venir bousculer cette neutralité de principe. «Nous avons des sections membres issues de pays en guerre entre eux, mais la discussion professionnelle peut continuer à exister, observe Regina Gonthier. Là où les choses deviennent plus complexes, c’est sur le plan de l’éthique.» L’organisation peut ainsi être amenée à rappeler certains principes, notamment en lien avec le droit international. «Nous ne les inventons pas, nous les rappelons», insiste celle qui terminera son mandat à la tête de l’UIA cette année. Dans un contexte marqué par la crise climatique et l’accroissement des inégalités, Regina Gonthier souligne également que l’architecture «doit réaffirmer ses responsabilités sociale et éthique».

Une voix suisse écoutée

Au sein de l’UIA, la Suisse occupe une place singulière. Pays fondateur, elle bénéficie d’une reconnaissance importante au regard de sa taille. «La voix suisse est écoutée et respectée», constatent Regina Gonthier et Doris Wälchli. Pour cette dernière, cette influence passe par la mise en valeur des pratiques professionnelles nationales, notamment à l’occasion des congrès mondiaux de l’UIA. Organisés tous les trois ans, ceux-ci constituent les principaux moments de rencontre et de visibilité pour les différentes sections nationales.

«Lors du congrès précédent, à Copenhague en 2023, nous avions mis en avant la culture suisse du concours d’architecture, rappelle Doris Wälchli. Cette année, nous présenterons plus largement la qualité de la production architecturale suisse récente.» La prochaine édition se tiendra en effet à Barcelone, du 28 juin au 2 juillet. Elle réunira plusieurs milliers de professionnels venus du monde entier – architectes, urbanistes, chercheurs et représentants institutionnels – autour des grands enjeux contemporains de la discipline.

Un rendez-vous qui témoigne aussi d’une évolution plus large du métier. «Les questions climatiques, sociales et environnementales occupent désormais une place centrale», souligne Doris Wälchli. Dans cet équilibre en mutation, la Suisse – par ses institutions et ses personnalités – continue de faire entendre une voix singulière.

Actuellement présidée par une Suissesse, l’Union internationale des architectes (UIA) encadre les pratiques des concours d’architecture. L’objectif est d’assurer que les procédures soient transparentes et crédibles. Zoom sur une organisation peu connue, née à Lausanne

https://www.tdg.ch/geneve-des-locataires-evacues-en-vielle-ville-ne-reviendront-pas-656344404536Immeuble dangereux à Gen...
15/04/2026

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Immeuble dangereux à Genève
En Vieille-Ville, les locataires évacués ne retrouveront pas leurs logements

Les travaux prévus pour sécuriser le bâtiment fragilisé de la rue Saint-Léger vont durer plusieurs années. La grande majorité des occupants ont obtenu un nouveau logement.
Marc Renfer

Publié: 14.04.2026, 06h38

Évacués en urgence le 20 février après l’apparition de fissures et de signes d’instabilité, les habitants du 22, rue Saint-Léger, en Vieille-Ville, ne retrouveront pas leur immeuble. Les premiers constats des spécialistes mandatés sur place dessinent un chantier de longue haleine.

«Nous sommes face à un dossier techniquement très complexe. Des travaux importants devront être entrepris et, aujourd’hui, on se situe dans un horizon de deux à trois ans. Le bâtiment, lui, n’a plus bougé, mais il reste monitoré par des capteurs», résume Timothée Carrel, directeur général de Gerofinance-Régie du Rhône.

La «Tribune de Genève» a appris que douze solutions de relogement ont déjà été trouvées. Les occupants liés à trois baux se trouvent encore à l’hôtel, dans l’attente d’un nouvel appartement. Les anciens baux ont été remplacés: les personnes relogées ont signé de nouveaux contrats pour leurs logements de remplacement. Aucun retour dans l’immeuble n’est envisagé après les travaux.

Relogements durables

Plusieurs semaines avant l’évacuation, une poutre sectionnée avait déjà été découverte dans un appartement, entraînant un premier étayage d’urgence. Puis, le soir du 20 février, l’apparition de nouvelles fissures et des sensations d’«enfoncement» au niveau des marches d’escalier ont conduit le Service d’incendie et de secours à faire sortir tout le monde.

Par précaution, la chapelle Saint-Léger voisine, située dans le même ensemble immobilier mais dans un bâtiment distinct, avait elle aussi été fermée dans un premier temps. Elle a depuis rouvert, aucun risque particulier n’ayant été confirmé, indique l’Église protestante de Genève (EPG).

Un chantier compliqué pour un bien patrimonial

Si l’immeuble semble stabilisé, les causes exactes de l’affaissement ne sont pas encore établies. Un premier rapport d’ingénieur a porté sur les impacts structurels; un second, en cours, doit s’attacher à la cause du problème.

Sur un bâtiment de cette ancienneté, l’enquête ressemble à un travail d’archéologie du bâti. «Dans un immeuble plus moderne, on arriverait beaucoup plus vite à une conclusion. Ici, toute la complexité consiste à comprendre la structure statique du bâtiment», explique Timothée Carrel.

Le défi ne se limite pas à identifier une faiblesse ponctuelle. Dans cet édifice médiéval, classé et transformé au fil des siècles, il faut comprendre ce qui repose sur quoi, ce qui a bougé, et dans quelle mesure le sol lui-même a pu jouer un rôle. Des sondages ont déjà été effectués.

«Ce n’est que le début du travail technique. Il faut d’abord identifier précisément le problème, puis élaborer un plan d’intervention avec les ingénieurs et les autorités en charge du patrimoine», poursuit le directeur de régie. Une chose paraît déjà acquise: des interventions lourdes sur la structure seront nécessaires.
Pas encore de solution pour les arcades

Pour reloger les habitants, la régie a puisé dans son propre portefeuille et traité les situations au cas par cas. «Les recherches se sont faites en tenant compte des besoins des locataires, qu’il s’agisse du quartier, de la taille du logement ou du loyer, afin de trouver des solutions adaptées, sans rien imposer», assure Timothée Carrel.

«Nous avons pu organiser les départs et déménagements de manière sécurisée, et les locataires ont pu récupérer leurs meubles», ajoute-t-il. À court terme, les coûts liés à la situation sont assumés par le propriétaire. La question d’une éventuelle intervention de l’assurance dépendra notamment des rapports techniques en cours.

La situation ne concerne pas uniquement les logements. Au rez-de-chaussée, le centre de soins, qui occupe une arcade et un bureau, est lui aussi touché par cette évacuation. Des recherches sont encore en cours pour reloger cette activité.

Ce dossier se distingue des récents cas de résiliations massives liées à des rénovations contestées, parfois sans solution de relogement. Ici, les habitants n’ont pas quitté les lieux à la suite d’un projet de valorisation. Ce sont leurs propres alertes qui ont conduit à leur mise en sécurité, puis à leur départ définitif.

Les travaux prévus pour sécuriser le bâtiment fragilisé de la rue Saint-Léger vont durer plusieurs années. La grande majorité des occupants ont obtenu un nouveau logement.

Adresse

Geneva
1205

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