04/10/2026
Augstbord : protéger les troupeaux ou multiplier les tirs ?
Dans le Haut-Valais, la meute d’Augstbord est devenue le symbole d’une politique qui, en dix ans, a profondément changé.
En 2016, lorsque la meute est officiellement reconnue, les dégâts sur les troupeaux sont importants. Une jeune louve est abattue. À l’époque, les autorités parlent encore d’interventions ciblées.
Dix ans plus t**d, l’objectif est tout autre : éliminer la meute entière.
Pourtant, pendant que les tirs se multiplient, un autre chiffre mérite l’attention : celui des attaques.
En Valais, elles sont passées de 112 en 2024 à 81 en 2025. Le nombre d’animaux de rente tués a lui aussi diminué, de 341 à 318. Et le canton reconnaît lui-même que cette diminution confirme l’efficacité des mesures de protection là où elles peuvent être appliquées.
En 2024, environ 3 millions de francs ont été consacrés à la protection des troupeaux : clôtures, parcs de nuit, cabanes mobiles ou chiens de protection.
Ces investissements produisent donc des résultats.
Mais parallèlement, les campagnes de tirs se poursuivent à grande échelle : 34 loups ont été abattus en Valais lors de la régulation proactive 2024-2025, puis 24 lors de la campagne suivante.
Dès lors, une question s’impose :
si la protection fonctionne et que les attaques diminuent, pourquoi l’effort politique reste-t-il autant concentré sur l’abattage ?
Pourquoi ne pas investir davantage dans les moyens qui permettent réellement aux troupeaux et aux prédateurs de coexister ?
Il ne s’agit pas de nier les difficultés des éleveurs.
Certaines exploitations sont extrêmement difficiles à protéger et chaque attaque représente une perte réelle. Mais protéger les éleveurs ne devrait pas automatiquement signifier tuer toujours davantage de loups.
À Augstbord, huit loups avaient déjà été abattus dans le périmètre en 2024-2025. Pourtant, la meute n’a pas disparu. Des analyses ADN ont même montré que certains animaux tués n’appartenaient pas à la meute recherchée.
Et en 2026, l’État recommence : l’élimination complète est de nouveau autorisée. À force, la question n’est plus seulement celle du loup.
C’est celle du choix politique.
Investir durablement dans la protection des troupeaux, ou continuer à investir du temps, de l’argent et des moyens publics dans des campagnes de tirs dont il faut encore démontrer l’efficacité à long terme ?
Les chiffres montrent que la protection peut réduire les attaques. Alors pourquoi le f***l reste-t-il au centre de la réponse ?