10/08/2026
ET SI, EN CE LUNDI, NOUS NOUS INTERROGIONS UN PEU ?
JE M’INTERROGE… ET JE VOUS INTERROGE, AFIN QUE NOUS NOUS INTERROGIONS ENSEMBLE.
Que se passe-t-il réellement avec une partie de notre jeunesse, notamment sur TikTok et les réseaux sociaux ?
Ces espaces qui devraient être des lieux d’expression, de créativité, d’apprentissage et de partage deviennent de plus en plus le théâtre de règlements de comptes, d’insultes, d’humiliations, d’expositions de vies privées et, surtout, d’une banalisation inquiétante de la nudité et des contenus intimes.
Aujourd’hui, le phénomène des « sextapes » ou « mutakalisé » comme certains l’appellent semble prendre une ampleur préoccupante. Des vidéos et photos intimes se retrouvent exposées sur la toile, parfois volontairement, parfois après une fuite ou une vengeance.
Et le plus inquiétant n’est peut-être pas seulement l’existence de ces contenus.
C’est leur banalisation.
Le bad buzz devient parfois une stratégie de visibilité. L’exposition de son corps devient une manière de gagner des abonnés. La polémique devient une campagne publicitaire. Les insultes génèrent des vues. Les scandales génèrent de la notoriété.
À force de vouloir être vu, ne sommes-nous pas en train d’oublier ce que nous voulons réellement devenir ?
La recherche du like ne devrait pas nous faire perdre notre dignité.
La quête de notoriété ne devrait pas nous faire sacrifier notre intimité.
La liberté d’expression ne devrait pas devenir un permis d’humilier.
Et les réseaux sociaux ne devraient pas devenir des tribunaux où chacun expose, juge et condamne l’autre.
Mais alors, qui est responsable ?
Les parents ont-ils failli dans l’éducation et l’accompagnement de leurs enfants ?
L’école a-t-elle suffisamment intégré l’éducation au numérique, à l’image, à la vie privée et aux conséquences de nos publications ?
L’État est-il suffisamment présent face à ces nouveaux phénomènes ?
Les plateformes ont-elles une part de responsabilité dans la manière dont elles favorisent parfois la viralité du contenu controversé ?
Ou devons-nous simplement regarder du côté de la jeunesse elle-même et parler de responsabilité individuelle ?
Peut-être que la vérité est moins confortable : nous sommes tous concernés.
Les parents ont une responsabilité.
L’école a une responsabilité.
L’État a une responsabilité.
Les plateformes ont une responsabilité.
Mais chaque utilisateur a également une responsabilité.
Parce qu’avant de publier, de partager, de commenter ou de transférer une vidéo intime, il faudrait parfois se poser une question simple :
« Et si c’était moi ? »
Derrière une vidéo qui fait rire, il y a peut-être une personne dont la vie est en train de basculer.
Derrière un « buzz », il y a peut-être une réputation détruite.
Derrière quelques milliers de vues, il peut y avoir des années de conséquences.
Alors, en ce début de semaine, je ne viens pas donner de leçon. Je viens poser une question.
Sommes-nous en train de perdre certaines de nos valeurs au nom de la visibilité ?
Qui doit agir : les parents, l’État, l’école, les plateformes ou nous-mêmes ?
Comment pouvons-nous faire des réseaux sociaux des espaces d’opportunités plutôt que des espaces de dépravation, d’humiliation et d’exposition permanente ?
Le débat est ouvert. Parlons-en avec respect, sans juger les personnes, mais en questionnant véritablement le phénomène.
Bon début de semaine à tous. Et surtout, bonne réflexion.
Monsieur Géraud