05/07/2026
JISSA 2026: Améliorer la salubrité des repas de rue et les produits d’origine animale. L’ONG Médecins d’Afrique et VSF-SUISSE se mobilisent
Des experts en santé et hygiène publique se sont retrouvés vendredi 26 Juin 2026 à Lomé pour une concertation autour des enjeux et défis de la restauration de rue, avec un focus sur les produits d’origine animale comme le wagashi. C’était en prélude à la célébration 2026 de la Journée Internationale de la Sécurité Sanitaire des Aliments (JISSA) placée sous le thème “Du fardeau aux solutions – un accès universel à des aliments sûrs”.
“Nous avons commencé par une sensibilisation de masse des revendeuses dans les communes de Golfe3 et Golfe4 sur les bonnes pratiques d’hygiène. Nous prévoyons après cette journée de réflexion, aller vers les producteurs de Wangash (fromage local), un produit laitier succulant très sensible à conserver et pourtant très prisé par la communauté, pour les sensibiliser et former au moins une centaine en matière de normes dans le domaine. Ce qui nous importe, c’est la sécurité sanitaire des consommateurs” PALOMA Tsafack, Volontaire Assistant Projet chez Médecins d’Afrique.
Il est indéniable que dans la chaîne d’alimentation, la restauration de rue répond le plus aux besoins urgents et pressants des populations, par sa disponibilité et son accessibilité en tout temps et à toutes les bourses. Cependant, elle est également, la principale source de maladies d’origine animale et microbienne pourtant évitables lorsqu’on minimise les risques d’infection et de mauvaises gestions des préliminaires de la cuisson et du choix des ingrédients idoines à la bonne digestion…
C’est donc pour plancher sur la nécessité du renforcement des pratiques d’hygiène des restaurateurs et producteurs de denrées alimentaires et améliorer la coordination institutionnelle des acteurs de terrain que l’ONG Médecins d’Afrique a initié cette journée de réflexion avec les acteurs institutionnels de terrain, la société civile et l’administration publique pour débattre des défis de l’heure, déboucher sur des conclusions à même de contribuer à la réduction du fardeau des maladies d’origine alimentaire au Togo.
“Nous avons développé un thème sur l’interconnexion de la santé animale et l’environnement par rapport à l’assiette du togolais. Le rôle de ces trois secteurs, comment les acteurs s’appuient les uns sur les autres pour que l’assiette du Togolais soit une nourriture saine, équilibrée et durable. A ce titre, la plateforme One Health (une seule santé) a été présentée ainsi que sa mission pour une sécurité sanitaire des aliments accomplie “…Dr AKAKPO Issola, Chef division Santé Animale, Point Focal One Health…
Il faut rappeler que dans les statistiques des malades et décès évitables dans le monde, l’Afrique supporte la charge la plus élevée de maladies d’origine alimentaire par habitant. Et les causes sont aussi multiples que variées, allant de l’insuffisance des infrastructures pour le traitement adapté à chaque aliment ou produit, à un faible accès à l’énergie passant par un accès limité à l’eau potable, les pratiques précaires d’hygiène lors des transformations artisanales, l’absence d’un cadre législatif robuste sur la sécurité sanitaire…
A cet effet, le sous thème choisi par les organisateurs de cette journée de réflexion, “Promouvoir d’hygiène des denrées d’origine animale et renforcement du cadre de dialogue pour une restauration saine au Togo” répond favorablement au souci de trouver des solutions durables pour la sécurité sanitaire des produits, surtout ceux provenant des animaux…. Ainsi, l’authentification des produits et la certification des aliments viennent jouer un rôle essentiel comme gage de la marche vers une qualité requise des aliments…
“Nous avons constaté que les textes réglementaires existent sur le plan national et international mais il ya toujours des défis liés au fait que le secteur est informel et les producteurs, en grande partie, méconnaissent encore les textes. C’est en cela qu’il faut accentuer la sensibilisation des acteurs autour des procédés de transformation des matières premières. Ainsi, on pourrait mettre en place un plan de maîtrise sanitaire afin d’évoluer vers une certification et une labelisation de nos produits” LOMBENA Matiyene, Spécialiste en sécurité alimentaire vétérinaire…
Dans le même élan, Médecins d’Afrique par la voix de son Directeur Exécutif Dr BANZOUZI Jean Théophile a présenté aucours de la rencontre, un concept note d’un projet de Modèle structurant de renforcement de la sécurité sanitaire de l’alimentation de rue au Togo, axé autour de six (06) axes à savoir:
o Axe 1 — Institutionnalisation et ancrage politique
o Axe 2 — Passage à l’échelle
o Axe 3 — Production de preuves et plaidoyer
o Axe 4 — Structuration économique des Manipulatrices de denrées alimentaires
o Axe 5 — Modèle économique durable
o Axe 6 — Capitalisation et diffusion
L’implication du ministère de la Santé a été au cœur de cette journée. La Direction des services vétérinaires a ainsi partagé deux expertises clés : l’une sur les liens étroits entre santé animale, environnement et alimentation via l’approche One Health, et l’autre sur les défis d’étiquetage et de contrôle du wagashi. La Direction du Contrôle et de l’Inspection Sanitaire (DCIS) a également apporté une contribution majeure lors du panel consacré à la modernisation et à la sécurité de la restauration informelle au Togo. En ouvrant les travaux au nom de la Directrice Régionale de la Santé du Grand Lomé, Mme DOGBEVI Yawa A. a salué une initiative indispensable face à un enjeu de santé publique universel. Le succès de cette rencontre a aussi été marqué par la participation active de partenaires techniques et de la société civile, notamment le PAM, la GIZ, l’OADEL, la LCT et l’ATC.
Il sied de préciser que ce projet qui vise l’accompagnement des manipulateurs de denrées alimentaires dans l’amélioration des pratiques d’hygiène dans la restauration de rue, a été réalisé en partenariat avec Vétérinaires Sans Frontières Suisse.
https://loeildafrique.tg/celebration-de-la-jissa-2026-long-medecins-dafrique-organise-une-journee-de-reflexion-sur-les-aliments-de-rue/