12/05/2026
𝐑𝐀𝐏𝐏𝐎𝐑𝐓 𝐃𝐔 𝐃É𝐁𝐀𝐓
𝐏𝐥𝐚𝐭𝐞𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐖𝐡𝐚𝐭𝐬𝐀𝐩𝐩 : 𝐋𝐞 𝐂𝐚𝐫𝐫é 𝐝𝐞𝐬 𝐋𝐢𝐛é𝐫𝐚𝐮𝐱
𝐃𝐚𝐭𝐞 : 𝐋𝐮𝐧𝐝𝐢 𝟎𝟒 𝐦𝐚𝐢 𝟐𝟎𝟐𝟔
𝐑𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭𝐞𝐮𝐫 : 𝐉𝐨𝐳𝐞𝐩𝐡 𝐄𝐫𝐢𝐜 𝐏𝐀𝐂𝐊𝐀
Le lundi 04 mai 2026, Le Carré des Libéraux, sous l'égide de son bureau exécutif, a organisé un échange virtuel consacré à la situation sécuritaire au Sahel, avec un focus particulier sur le Mali.
Ouvert officiellement à 12h35, le débat s’est structuré autour de cinq interrogations principales :
• 𝑄𝑢𝑒 𝑟é𝑣è𝑙𝑒 𝑙𝑎 𝑠𝑖𝑡𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒𝑠 É𝑡𝑎𝑡𝑠 𝑑𝑒 𝑙’𝐴𝑙𝑙𝑖𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑒𝑠 É𝑡𝑎𝑡𝑠 𝑑𝑢 𝑆𝑎ℎ𝑒𝑙 𝑎𝑢𝑥 𝑙𝑖𝑏é𝑟𝑎𝑢𝑥 ?
• 𝑄𝑢𝑒𝑙𝑠 𝑖𝑛𝑡é𝑟ê𝑡𝑠 𝑒𝑥𝑡é𝑟𝑖𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑠𝑜𝑢𝑠-𝑡𝑒𝑛𝑑𝑒𝑛𝑡 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑑é𝑠𝑡𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 ?
• 𝑄𝑢𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎 𝑟é𝑎𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑎𝑦𝑠 𝑎𝑓𝑟𝑖𝑐𝑎𝑖𝑛𝑠 ?
• 𝑄𝑢’𝑒𝑛 𝑒𝑠𝑡-𝑖𝑙 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑠𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑎𝑖𝑛𝑒𝑡é 𝑎𝑓𝑟𝑖𝑐𝑎𝑖𝑛𝑒 ?
• 𝐶𝑜𝑚𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑎𝑢𝑡𝑜𝑟𝑖𝑡é𝑠 𝑚𝑎𝑙𝑖𝑒𝑛𝑛𝑒𝑠 𝑝𝑒𝑢𝑣𝑒𝑛𝑡-𝑒𝑙𝑙𝑒𝑠 𝑝𝑎𝑟𝑣𝑒𝑛𝑖𝑟 à 𝑢𝑛 𝑟𝑒𝑡𝑜𝑢𝑟 𝑑𝑢𝑟𝑎𝑏𝑙𝑒 à 𝑙𝑎 𝑝𝑎𝑖𝑥 ?
Dès l’entame des échanges, les intervenants ont mis en avant une approche de réalisme politique. Selon eux, les récentes attaques djihadistes traduisent avant tout une fragilité interne profonde, qualifiée de fragilité structurelle.
Cette fragilité résulte de plusieurs facteurs combinés : la faiblesse de l'État, les tensions internes, l'enracinement des groupes armés, la pauvreté persistante ainsi que la vulnérabilité des institutions.
Loin d’être une simple résurgence ponctuelle, l’intensification des attaques terroristes met en évidence non seulement la faiblesse de l’État malien, mais également la montée en puissance de groupes armés capables de coordonner des actions d’envergure. Ces groupes apparaissent, de ce fait, comme les premiers bénéficiaires de l’instabilité, qu’ils exploitent pour renforcer leur organisation et leur influence.
Les débats ont également souligné que la souveraineté des États africains ne saurait se limiter à une dimension militaire ou idéologique. Sans réponses durables aux défis économiques, sociaux et politiques, le Mali risque de demeurer prisonnier d’un cycle récurrent de crises.
𝐏𝐥𝐮𝐬𝐢𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐫𝐨𝐠𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐦𝐚𝐣𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐨𝐧𝐭 é𝐦𝐞𝐫𝐠é :
Comment mettre en œuvre des politiques publiques efficaces dans des zones échappant au contrôle de l’État ?
Avec quels interlocuteurs engager un dialogue crédible ?
Dans quelle mesure les frontières héritées de la colonisation ou certaines complicités extérieures contribuent-elles à la crise ?
Certains intervenants ont estimé que le Mali paie également le prix de complicités internes africaines, dénonçant une gouvernance parfois marquée par la recherche de profits personnels au détriment de l'intérêt général. Cette dynamique constituerait un terreau favorable à la persistance de l'instabilité.
Par ailleurs, il a été avancé que certaines offensives djihadistes n'auraient pu se produire sans une forme de passivité, voire d'insuffisance de réaction de certains États voisins, notamment l'Algérie et la Mauritanie. D'autres interventions ont évoqué l'hypothèse d'appuis extérieurs, qu'ils soient logistiques, techniques ou stratégiques, dans un contexte géopolitique international complexe.
Il a été soulevé à 17h30, au cours d’une intervention, que le problème du Mali trouve en partie son origine de la Libye et de la volonté mêlée des Ukrainiens d’exporter leur conflit avec la Russie sur le continent africain (quitte à soutenir des djihadistes) et des Occidentaux, en particulier la France, de faire payer au Mali l’humiliation subie à l’arrivée au pouvoir du Président de la transition malien et de son ministre de la Défense, architecte du système de coopération renforcé entre le Mali et la Russie, ministre de la Défense qui a été la cible principale de cet assaut et qui y a laissé la vie.
La situation du Mali a ainsi été jugée préoccupante, marquée par la menace d’une expansion djihadiste, en l’absence d’un front africain uni et structuré. Si des initiatives comme celles du Togo ont été saluées, elles ont néanmoins été jugées insuffisantes face à l’ampleur des défis.
Les débats ont été clos à 20h13 (heure de Mavula), sur les conclusions suivantes :
➢ 𝐿𝑎 𝑠𝑖𝑡𝑢𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑢 𝑀𝑎𝑙𝑖 𝑠𝑢𝑠𝑐𝑖𝑡𝑒 𝑢𝑛𝑒 𝑣𝑖𝑣𝑒 𝑖𝑛𝑞𝑢𝑖é𝑡𝑢𝑑𝑒 𝑎𝑢 𝑠𝑒𝑖𝑛 𝑑𝑒 𝑙'𝑎𝑠𝑠𝑒𝑚𝑏𝑙é𝑒 𝑙𝑖𝑏é𝑟𝑎𝑙𝑒 ;
➢ 𝐿𝑒𝑠 𝑓𝑎𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑑𝑒 𝑑é𝑠𝑡𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑠𝑜𝑛𝑡 à 𝑙𝑎 𝑓𝑜𝑖𝑠 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑛𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑒𝑥𝑡𝑒𝑟𝑛𝑒𝑠, 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑑𝑒𝑠 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑎𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑙𝑒𝑥𝑒𝑠 ;
➢ 𝐿𝑒𝑠 𝑟é𝑎𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑒𝑠 É𝑡𝑎𝑡𝑠 𝑎𝑓𝑟𝑖𝑐𝑎𝑖𝑛𝑠 𝑛'𝑜𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑠 é𝑡é à 𝑙𝑎 ℎ𝑎𝑢𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒𝑠 𝑒𝑥𝑖𝑔𝑒𝑛𝑐𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑎𝑟𝑖𝑡é 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑖𝑛𝑒𝑛𝑡𝑎𝑙𝑒 ;
➢ 𝐿'𝑎𝑓𝑓𝑖𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑠𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑎𝑖𝑛𝑒𝑡é 𝑎𝑓𝑟𝑖𝑐𝑎𝑖𝑛𝑒 𝑝𝑎𝑠𝑠𝑒 𝑝𝑎𝑟 𝑢𝑛𝑒 𝑢𝑛𝑖𝑡é 𝑟𝑒𝑛𝑓𝑜𝑟𝑐é𝑒 𝑒𝑡 𝑢𝑛 𝑓𝑟𝑜𝑛𝑡 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑢𝑛 ;
➢ 𝐿𝑎 𝑟é𝑠𝑜𝑙𝑢𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑢 𝑐𝑜𝑛𝑓𝑙𝑖𝑡 𝑚𝑎𝑙𝑖𝑒𝑛 𝑟𝑒𝑝𝑜𝑠𝑒 𝑠𝑢𝑟 𝑢𝑛𝑒 𝑎𝑝𝑝𝑟𝑜𝑐ℎ𝑒 𝑔𝑙𝑜𝑏𝑎𝑙𝑒 : 𝑟𝑒𝑐𝑜𝑛𝑞𝑢ê𝑡𝑒 𝑡𝑒𝑟𝑟𝑖𝑡𝑜𝑟𝑖𝑎𝑙𝑒, 𝑑𝑖𝑎𝑙𝑜𝑔𝑢𝑒 𝑠𝑜𝑐𝑖𝑜-𝑝𝑜𝑙𝑖𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒, 𝑑é𝑣𝑒𝑙𝑜𝑝𝑝𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 é𝑐𝑜𝑛𝑜𝑚𝑖𝑞𝑢𝑒, 𝑙𝑢𝑡𝑡𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑎𝑢𝑣𝑟𝑒𝑡é, 𝑎𝑖𝑛𝑠𝑖 𝑞𝑢'𝑢𝑛𝑒 𝑝𝑜𝑙𝑖𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑒𝑥𝑡é𝑟𝑖𝑒𝑢𝑟𝑒 𝑓𝑜𝑛𝑑é𝑒 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑏𝑜𝑛 𝑣𝑜𝑖𝑠𝑖𝑛𝑎𝑔𝑒 𝑒𝑡 𝑙𝑎 𝑐𝑜𝑜𝑝é𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑙𝑒.
𝐅𝐚𝐢𝐭 à 𝐌𝐚𝐯𝐮𝐥𝐚, 𝐥𝐞 𝟎𝟓 𝐦𝐚𝐢 𝟐𝟎𝟐𝟔