04/10/2026
Un accord de paix ne met pas fin au travail de paix. Il le commence.
Dans le cadre de notre projet Paix transformatrice en Afrique, VIFILED ASBL a tiré un apprentissage important de son travail avec les communautés : pour construire une paix durable, il ne suffit pas de réunir les parties autour d’une table et de faire signer un mémorandum d’entente.
Nos dialogues nous ont amenés à aller plus loin et à chercher à comprendre les racines historiques des conflits, les questions de terre, d’identité, de pouvoir, de gouvernance et les relations entre les différents acteurs. Ces dimensions sont souvent liées et peuvent dépasser les frontières d’une seule communauté. Des recherches sur les conflits dans l’Est de la RDC montrent également l’importance de considérer ensemble les dynamiques liées à la terre, au pouvoir, à l’identité et aux différents niveaux de conflit.
Nous avons surtout appris une chose :
La signature d’un accord est un pas vers la paix ; le respect et la mise en œuvre de cet accord constituent le véritable travail de paix.
Un mémorandum signé à midi ne peut pas être considéré comme une réussite suffisante si, quelques heures plus t**d, les mêmes différends réapparaissent et que les parties retournent à la confrontation.
C’est pourquoi nous considérons désormais que chaque accord devrait être accompagné d’un mécanisme de suivi pensé et choisi avec les communautés elles-mêmes.
Ce mécanisme doit notamment pouvoir :
suivre la mise en œuvre des engagements pris ;
maintenir le dialogue entre les parties après la signature ;
identifier rapidement les signes de nouvelles tensions ;
faciliter la médiation lorsqu’un différend réapparaît ;
documenter les engagements respectés et ceux qui ne le sont pas ;
favoriser le recours aux mécanismes institutionnels ou judiciaires compétents lorsque cela est nécessaire.
Le comité de suivi ne doit donc pas être un simple comité administratif chargé de constater si l’accord est appliqué. Il doit rester un espace vivant de prévention, de dialogue et de médiation.
Notre apprentissage va même plus loin : lors de la négociation d’un accord, les communautés et les acteurs compétents devraient réfléchir aux mécanismes de responsabilité en cas de violation, ainsi qu’aux possibilités de donner à l’accord une portée juridique appropriée, lorsque le cadre légal le permet.
La paix transformatrice nous invite ainsi à changer de regard :
Le succès n’est pas seulement la signature d’un accord.
Le succès, c’est la capacité des parties à continuer à vivre, dialoguer, résoudre leurs différends et respecter leurs engagements après la signature.
C’est dans cet espace après l’accord que commence une grande partie du véritable travail de paix.
VIFILED ASBL — Projet Paix transformatrice en Afrique
,Open Society-Africa
Image: réhabilitation paillotes de paix KABONDOZI