16/11/2025
Kinshasa : quand le transport en moto‑taxi devient un espace de vulnérabilité pour les femmes (et parfois les hommes)
À Kinshasa, la moto‑taxi (« wewa ») est devenue un moyen de transport incontournable : rapide, flexible, souvent plus accessible que les bus ou taxis traditionnels. Mais derrière ce service pratique se cache une réalité difficile pour de nombreux usagers, particulièrement les femmes. Plusieurs articles sur les réseaux résume que les femmes sont fréquemment victimes de harcèlement, que ce soit par des regards insistants ou, pire, par des attouchements et autres…
Un phénomène largement documenté
Des témoignages émergent : femmes se sentant obligées d’« éviter le harcèlement sexuel » en modifiant leur position à bord, ou redoutant certaines courses. Des vidéos et posts sur les réseaux sociaux dénoncent les gestes déplacés, harcèlements verbaux, voire des comportements plus graves …Mais le phénomène ne concerne pas uniquement les femmes : certains hommes se plaignent aussi d’attouchements ou de « mauvaises odeurs des chevelures» imposées à bord, ce qui souligne que l’espace du transport est vulnérable à des comportements irrespectueux, quelle que soit la personne concernée. 😒
Pourquoi cela se produit‑il ?
- Absence de réglementation claire des motos‑taxis et de contrôle de leurs comportements.
- Espaces restreints qui rapprochent physiquement conducteur et passagers, augmentant le risque d’abus.
- Culture du silence : beaucoup d’usagers n’osent pas dénoncer
- Manque de sensibilisation aux droits des passagers et à la dimension spirituelle/émotionnelle du respect corporel.
Quelle décision pour les autorités ?
Pour lutter efficacement contre ces abus et restaurer la dignité dans les transports, voici quelques mesures que nous suggérons:
1. Cadre réglementaire renforcé
- Imposer une charte de conduite obligatoire pour les conducteurs de motos‑taxis, incluant sanctions en cas d’attouchements, gestes déplacés ou propos déplacés.
- Création d’un numéro vert ou application mobile pour signaler rapidement les comportements abusifs.
2. Infrastructure et équipement adaptés
- Mettre en place des séparateurs physiques dans les motos‑taxis, de sorte que le passager arrière ne soit pas en contact direct avec le passager du milieu ou le conducteur.
- Favoriser des zones de stationnement éclairées et sécurisées, avec présence de personnel de contrôle.
3. Sensibilisation & formation
- Former les conducteurs aux droits des passagers,à l’éthique professionnelle et au respect corporel.
- Campagnes d’information dans les quartiers populaires, sur les radios, les réseaux sociaux, pour informer les femmes et les hommes sur leurs droits à bord d’un transport urbain.
4. Justice et application de la loi
- Assurer que les plaintes soient prises au sérieux et traitées rapidement.
- Augmenter les patrouilles de police ou des agents spécialisés dans les zones à forte densité de motos‑taxis.
Le transport à moto‑taxi est vital à Kinshasa. Mais quand il devient un lieu de vulnérabilité, il trahit sa mission de service public. Les autorités, les associations et la société civile doivent agir ensemble pour que chaque femme, chaque homme, puisse voyager avec dignité et sécurité.
Le corps d’un passager n’est pas un terrain libre…à méditer 🧘♀️