13/06/2026
Ce jour, les forces de répression ont violemment dispersé le sit-in pacifique organisé par l’opposition congolaise. Le bilan provisoire fait état de deux morts et de plusieurs blessés, parmi lesquels des figures politiques de premier plan, notamment Jean-Marc Kabund, Martin Fayulu et Delly Sessanga.
Ce qui s’est produit aujourd’hui dépasse largement le cadre d’un simple débordement policier. La Police nationale congolaise aurait agi en coordination avec une milice pro-pouvoir dénommée « La Force du Progrès ». L’implication d’un groupe armé partisan dans la répression de citoyens exerçant leur droit de manifester pacifiquement constitue un fait d’une gravité extrême. Elle révèle une logique préoccupante d’instrumentalisation de la violence para-militaire au service du maintien politique.
Filimbi condamne avec la plus grande fermeté cette violence d’État. Réprimer des citoyens ainsi que des responsables politiques dans l’exercice de leur droit constitutionnel à la manifestation pacifique constitue une violation grave des libertés fondamentales.
Nous assurons un suivi rigoureux de l’ensemble des cas signalés. Les noms, les faits et les éléments de preuve sont documentés. Les auteurs de ces violences, leurs commanditaires, les miliciens impliqués ainsi que les donneurs d’ordre devront répondre de leurs actes, devant les juridictions nationales et, le cas échéant, devant les instances internationales compétentes.
Nous adressons enfin un message clair au Président Félix Tshisekedi :
Le peuple congolais dispose d’un droit inaliénable à la manifestation pacifique. Ce droit ne peut faire l’objet d’aucune restriction arbitraire. Nous demandons la cessation immédiate de toute forme d’intimidation et de répression visant les voix dissidentes. Nous réitérons également notre exigence de voir le projet de troisième mandat définitivement et publiquement abandonné. Cette perspective, jugée illégitime par une large partie de l’opinion, contribue à exacerber les tensions, à fragiliser la cohésion nationale et à encourager le recours à des pratiques de violence politique contre les citoyens.