19/05/2026
L E S C O N F L I T S E N T R E L E P O U V O I R T R A D I T I O N N E L E T L E P O U V O I R
║ M O D E R N E ║
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Beaucoup d’autorités africaines ont du mal à accepter les réalités du monde moderne, car, dans le pouvoir ancestral, le roi est entouré, au premier cercle, par sa famille, puis, au deuxième cercle, par ses amis et ses proches. Ensuite, il reste au pouvoir jusqu’à sa mort ; même s’il gouverne mal, personne ne peut le contester.
C’est ce que nous avons vu avec Paul Biya, Paul Kagame, Mobutu Sese Seko… Heureusement, plusieurs pays africains ont compris le fonctionnement du monde moderne, dans lequel chaque citoyen peut aspirer au pouvoir, surtout s’il a l’ambition de changer les choses, et non pas seulement un groupe de dirigeants ainsi que leurs enfants.
Par ailleurs, la démocratie donne à tous la possibilité d’accéder au pouvoir en suivant un processus légal et institutionnel. Nous l’avons d’ailleurs souligné dans nos précédents articles : les pays où les élections sont organisées régulièrement sont aujourd’hui les plus stables et connaissent moins de conflits, de guerres et d’autres formes de désordre.
Cependant, les monarchies occidentales qui subsistent encore aujourd’hui se sont, pour la plupart, modernisées, c’est-à-dire qu’elles respectent davantage le peuple et savent se sanctionner elles-mêmes en cas de dérive.
En Afrique, en revanche, la dictature continue souvent de s’exercer, même sous le couvert de la démocratie. Combien de dérives sont commises par les collaborateurs et les enfants des autorités africaines sans qu’ils soient inquiétés ? Cette logique de deux poids, deux mesures alimente profondément la frustration des populations.
Ceux qui détiennent le pouvoir créent même parfois de prétendus partis ou milices politiques dont les partisans sont majoritairement de jeunes délinquants qui se substituent au peuple, alors qu’ils menacent et agressent ceux qui parlent au nom de l’opposition, allant même jusqu’à interdire les marches pacifiques des opposants.
Ce n’est pas cela, la démocratie. Construisons nos pays de la bonne manière, dans le respect des lois, des libertés publiques et de la dignité du peuple.