Dans son préambule, on lit : « L’Assemblée nationale […] est donc résolue à faire du français la langue de l’État et de la Loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires ». Communément appelée « loi 101 », cette Charte imposait, dans sa version originale, l’usage exclusif du français dans l’affichage public et la pu
blicité commerciale, étendait les programmes de francisation à toutes les entreprises employant 50 personnes et plus et restreignait l’accès à l’école anglaise. Bien que plusieurs dispositions de cette Charte aient été invalidées par les tribunaux depuis son adoption, elle a néanmoins permis au français de faire des progrès considérables au Québec. On observe un attrait croissant pour le français et la connaissance de cette langue est en hausse puisque 94 % des Québécois, toutes langues confondues, déclarent parler le français, dont 70 % des anglophones et 75 % des allophones. Malgré ces progrès, les objectifs visés par la Charte de la langue française sont loin d’avoir été atteints. Le faible taux de natalité des francophones, la concentration des immigrants dans la région métropolitaine de Montréal et la très grande attraction de l’anglais exercent des pressions considérables sur la langue française et entretiennent un vif sentiment d’insécurité chez les Québécois francophones. À cause de l’étalement urbain, un phénomène qui touche essentiellement les francophones, le poids des Québécois de langue maternelle française sur l’Île de Montréal est passé récemment sous la barre de 50 %, mais se situe à 67 % si on englobe la grande région métropolitaine. L’enjeu est de taille puisque cette région concentre près de la moitié de la population du Québec.