04/20/2026
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Au cours des 10 dernières années, avec C4CCS, j’ai récupéré de nombreuses vieilles canettes en aluminium, certaines datant de la fin des années 80 et du début des années 90, encore estampillées « Consignée Québec 5¢ Refund », un rappel de là où le système a commencé.
Le système de consigne au Québec a débuté en 1984. À l’époque, les montants étaient de 5¢ pour les canettes et de 10¢ à 20¢ pour les bouteilles de bière. Avançons à aujourd’hui. Les canettes en aluminium sont passées à 10¢ seulement récemment, près de 40 ans plus t**d.
Certains diront, et même souligneront, que la consigne a doublé, passant de 5¢ à 10¢. Mais ça ne raconte pas toute l’histoire. Tout le reste a plus que doublé. Ce n’est pas du progrès. C’est une perte d’incitatif réel.
Parce que ce que représentait 5¢ en 1988 n’est pas ce que représente 10¢ aujourd’hui. En termes réels, l’incitatif a diminué.
Regardons la réalité. En 1988, une caisse de 24 bières au Québec coûtait environ 13$ à 16$. Aujourd’hui, cette même caisse coûte entre 35$ et 45$. Les prix ont augmenté d’environ 150 à 170 %. La consigne a augmenté de 100 %, et seulement après près de 40 ans. Faites le calcul. La valeur réelle de l’incitatif a diminué.
Et maintenant, on entre dans la prochaine phase. D’ici 2027, les bouteilles de vin et de spiritueux auront une consigne de 25¢. Une caisse standard de vin contient 12 bouteilles. À 25¢ par bouteille, ça fait 3$. Douze bouteilles en verre vides, 6 à 7 kg, pour 3$. Est-ce vraiment suffisant pour motiver les gens, surtout quand il faut transporter une boîte lourde et encombrante de bouteilles en verre pour seulement 3$?
Comparons maintenant avec un modèle qui fonctionne déjà. Les bouteilles de lait en verre réutilisables, comme La Pinte et autres modèles similaires, coûtent environ entre 5$ et 11$ et ont une consigne de 2$. Ces bouteilles reviennent.
Dans plusieurs pays européens, les systèmes de réemploi utilisent des consignes de 1$ ou plus par bouteille. Les taux de retour atteignent près de 90 à 100 %. Pas parce que les gens sont plus consciencieux. Parce que l’incitatif est suffisamment fort.
Ce n’est pas seulement une question de comportement. C’est une question d’économie circulaire ♻️.
En ce moment, le Québec envoie environ 82 000 à 85 000 tonnes de verre à l’enfouissement chaque année, soit environ 7 000 tonnes par mois. Et pourtant, une grande partie de ce verre a été « recyclée ».
Depuis environ 20 ans, le Québec a adopté la collecte pêle-mêle, où le verre est mélangé avec le papier et le plastique. Résultat : contamination. Entre 70 % et 80 % du verre placé dans les bacs bleus est perdu ou inutilisable. Une grande partie est broyée et utilisée comme matériau de recouvrement dans les sites d’enfouissement. Une fois utilisé ainsi, ce verre est retiré définitivement de la boucle circulaire 🔁.
Au lieu d’une vraie circularité, où le verre redevient du verre, une grande partie est dévalorisée et perdue.
Pendant ce temps, le Québec a la capacité de faire beaucoup mieux. Des installations locales peuvent traiter des dizaines de milliers de tonnes de verre propre. Les bouteilles peuvent être réutilisées jusqu’à 50 fois. Chaque tonne de verre recyclé permet d’éviter environ 315 kg de CO₂. La consommation d’énergie diminue d’environ 3 % pour chaque 10 % de verre recyclé utilisé.
L’industrie locale dépend d’un approvisionnement constant en matière propre. Le système fonctionne quand la matière revient propre.
Voilà le problème.
Pas la théorie.
Pas l’infrastructure.
Le retour.
En ce moment, une part importante des contenants ne revient jamais dans le système. C’est exactement là que C4CCS intervient, au niveau du dernier kilomètre, en récupérant ce qui ne reviendrait pas autrement.
Bien sûr, il y a des défis réels. Les détaillants et les institutions soulèvent des enjeux liés à l’espace, au personnel, à la logistique, à l’hygiène, à l’entreposage, aux flux de trésorerie et à la perception des prix à la caisse. Certains préfèrent des centres de retour spécialisés plutôt que la collecte en magasin.
Ce sont des réalités opérationnelles valides.
Mais cela ne change pas le problème fondamental.
Si l’incitatif est trop faible, la matière ne revient pas.
Pas d’incitatif réel, pas de retour réel.
Si on veut vraiment fermer la boucle 🔁, il faut augmenter la consigne.
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Over the past 10 years, working through C4CCS, I’ve come across many old aluminum cans, some dating back to the late 80s and early 90s, still stamped on top with “Consignée Québec 5¢ Refund,” a reminder of where the system started.
Québec’s deposit system began in 1984. At the time, refunds were 5¢ for cans and 10¢ to 20¢ for beer bottles. Fast forward to today. Aluminum cans only recently increased to 10¢, nearly 40 years later.
Some will say, and even point out, that the deposit doubled from 5¢ to 10¢. But that doesn’t tell the full story. Everything else more than doubled. That’s not progress. That’s a loss in real incentive.
Because what 5¢ represented in 1988 is not what 10¢ represents today. In real terms, the incentive has actually decreased.
Now let’s look at reality. In 1988, a 24-case of beer in Québec cost roughly $13 to $16 CAD. Today, that same case is around $35 to $45 CAD. Prices have increased by roughly 150 to 170 percent. The deposit increased by 100 percent, and only after nearly 40 years. Do the math. The real value of the incentive has declined.
And now we’re heading into the next phase. By 2027, wine and spirit bottles will carry a 25¢ deposit. A standard case of wine is 12 bottles. At 25¢ per bottle, that’s $3. Twelve empty glass bottles, 6 to 7 kg, for $3. Is that really enough to get people moving, especially when it means carrying a heavy, awkward box of glass bottles for $3?
Now compare that to something already working. Reusable glass milk bottles, like La Pinte and similar models, retail between about $5 and $11 and carry a $2 deposit. Those bottles come back.
In several European countries, refill systems use deposits of $1 or more per bottle. Return rates reach close to 90 to 100 percent. Not because people care more. Because the incentive is strong enough.
This isn’t just about behavior. It’s about the circular economy ♻️.
Right now, Québec sends roughly 82,000 to 85,000 tonnes of glass to landfills every year, about 7,000 tonnes per month. And much of that glass was technically “recycled.”
Over the past 20 years, Québec shifted to single-stream recycling, mixing glass with paper and plastic. The result is contamination. Between 70 and 80 percent of glass placed in blue bins is lost or unusable. Much of it is crushed and used in low-value applications like road material. Once used that way, it is removed from the circular loop permanently 🔁.
So instead of true circularity, where glass becomes glass again, a large portion is downcycled and lost.
Meanwhile, Québec has the capacity for something much better. Local facilities can process tens of thousands of tonnes of clean glass. Bottles can be reused up to 50 times. Every tonne of recycled glass saves about 315 kg of CO₂. Energy use drops by about 3 percent for every 10 percent of recycled glass used.
Local manufacturing depends on clean, consistent material coming back. The system works when the material comes back clean.
That’s the gap.
Not theory.
Not infrastructure.
Return.
Right now, a significant portion of containers never make it back into the system. That’s exactly where services like C4CCS operate, at the last-mile layer, capturing volume that wouldn’t otherwise return.
Of course, there are real challenges. Retailers and institutions often raise concerns about space, staffing, logistics, hygiene, storage, cash flow, and how higher deposits are perceived at checkout. Some prefer specialized return centres instead of in-store collection.
These are valid operational realities.
But they don’t change the core issue.
If the incentive is too low, the material doesn’t come back.
No real incentive, no real return.
If we truly want to close the loop 🔁, we need to increase the incentive.