04/24/2026
Journée des locataires : un appel à l’espoir envers les jeunes investisseurs
Le 24 avril marque la 14ᵉ Journée annuelle des locataires, un moment essentiel pour rappeler que la lutte pour un logement digne et accessible est loin d’être terminée. Les revendications demeurent claires : un véritable contrôle des hausses de loyer, un investissement massif dans les logements sociaux et la reconnaissance du droit au logement dans la Charte des droits et libertés du Québec.
Cette journée survient alors que notre société traverse une crise du logement sans précédent. Dans ce contexte, la nouvelle première ministre du Québec, Christine Fréchette, a annoncé un crédit d’impôt pouvant atteindre 5 875 $ pour soutenir les nouveaux acheteurs.
Cette mesure favorise une économie de propriétaires plutôt qu’une économie de locataires. Or, cette aide ne rejoindra pas celles et ceux qui en auraient le plus besoin : les locataires qui n’ont tout simplement pas les moyens d’accéder à la propriété. Des locataires fragilisés par les évictions et les hausses de loyer.
Dans mon travail quotidien, je rencontre des locataires qui reçoivent des avis d’éviction de propriétaires cherchant à maximiser la rentabilité de leurs immeubles. Pour des personnes déjà vulnérables, ces avis provoquent un stress immense et l’urgence de trouver un nouveau logement dans un marché où l«abordable» se fait de plus en plus rare.
Beaucoup vivent de l’aide sociale, de prestations de sécurité de vieillesse, de chômage ou occupent des emplois à faible revenu. Leur budget n’a pas suivi le rythme des hausses de loyer permises ces dernières années. Dans plusieurs cas, l’augmentation cumulée en quatre ans atteint entre 150 $ et 200 $ par mois.
Pour ces ménages, cela signifie couper dans un budget déjà extrêmement serré pour simplement tenter de joindre les deux bouts. Comment pourront-ils absorber de telles hausses dans les années à venir ? Le logement se doit d’être reconnu comme un droit fondamental. Il devrait être défini par la capacité réelle des gens à payer, et non par les dynamiques d’un marché spéculatif.
Un marché qui exclut les plus vulnérables
À Trois-Rivières, le prix médian d’un 3 ½ atteint désormais 905$ soit près de 200$ de plus qu’en 2022. Pendant ce temps, la prestation de base d’assistance sociale demeure à 845 $. Le constat est brutal : un nombre croissant de logements deviennent tout simplement inaccessibles pour une partie importante de la population. Il est donc légitime et plus que nécessaire de dénoncer le manque d’engagement gouvernemental envers la création urgente de logements sociaux.
Un message aux jeunes futurs investisseurs : vous jouerez un rôle déterminant
Aujourd’hui, je souhaite m’adresser directement aux jeunes investisseurs qui envisagent l’achat d’immeubles locatifs. L’immobilier est souvent présenté comme une avenue d’investissement lucrative. Mais derrière chaque immeuble, il y a des vies, des familles, des personnes qui dépendent de votre humanité.
La marge de profit recherchée a un impact direct sur la qualité de vie des locataires. Vous avez le pouvoir d’atténuer les effets de la crise du logement. Devenez ces propriétaires humains, conscients et sensibles à la réalité de celles et ceux qui habitent vos logements.
Dans un contexte où les politiques publiques tardent à répondre à l’urgence, votre rôle devient d’autant plus crucial. Vous pouvez choisir d’être des acteurs de changement, des alliés des locataires, des bâtisseurs d’une société plus juste.
Charles Alexandre Bilodeau, responsable au soutien des locataires