12/08/2025
Article intéressant
🗞👇Une intervention médiatique précieuse d’Émilie Nicolas sur le PL-7, ce projet de loi « visant à réduire la bureaucratie et à accroître l’efficacité de l’État» piloté par France-Élaine Duranceau.
Entre autres préciosités dans notre modèle québécois, il y a ce choix d’appuyer l’autonomie du milieu communautaire. Depuis 1995, grâce au Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales, qui a pour responsabilité de gérer le Fonds d’aide à l’action communautaire autonome (FAACA), des centaines de groupes de défense collectives peuvent prendre la parole publiquement, critiquer le gouvernement pour le bénéfice des groupes qu'ils défendent et participer aux débats démocratiques. C’est ce qui est entendu pas 𝗮𝘂𝘁𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗲. Aujourd’hui, cet acquis est menacé.
❌Le projet de loi 7 propose de ramener le financement du communautaire sous un contrôle politique direct. Nous ne souhaitons pas revenir à un modèle de « charité » où les premières personnes touchées par les injustices sociales perdent leur voix .
Extrait :
« Quand on parle de groupes en défense collective des droits, il est question d’associations de locataires, de retraités, de personnes en situation de handicap, de groupes LGBTQ+, de femmes, de personnes assistées sociales, d’organismes de défense des droits sociaux, de comités logement, de groupes qui se penchent sur la question du chômage, de la pauvreté, de l’écologie, de la jeunesse. Des groupes « par et pour », en immense majorité. Qui permettent aux gens qui vivent toutes sortes de réalités sociales d’avoir voix au chapitre. Lorsqu’il est question de l’action communautaire autonome, on peut penser à la Fédération pour le planning des naissances, à la Ligue des droits et libertés, au Regroupement des Auberges du cœur, au Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec, au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, au Regroupement des maisons des jeunes du Québec, à la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, notamment.
Ensuite, il y a le projet de loi 7 (...) Si vous n’y connaissez rien, vous pourriez croire qu’il s’agit d’éviter un « dédoublement de structures ». Si vous y comprenez quelque chose, vous saurez qu’il s’agit de prendre le milieu communautaire, qui donne une voix aux gens sur une foule d’enjeux, et de rabattre son financement dans une structure plus directement sous le contrôle du politique.
Si le projet de loi 7 est adopté tel quel, tout ce beau monde susnommé sera menacé dans son caractère « autonome ». On retourne au modèle de « charité » d’antan, où les gens qui vivent eux-mêmes des réalités sociales ne peuvent s’organiser collectivement et parler librement avec les décideurs sans craindre de représailles politiques et financières. »
-
📎Pour lire le communiqué de presse conjoint du Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA) : https://rq-aca.org/2025/12/02/projet-de-loi-7-recul-historique-pour-le-mouvement-communautaire-autonome-2/