11/19/2024
Voici la description de la première journée du trek. Pour la bonne compréhension de l’histoire, il est nécessaire de comprendre minimalement comment se déroule la compétition. Nous avons entre 1 à 5 CP obligatoires à pointer selon les journées de trek, un CP bonus obligatoire par jour et le reste des CP bonus sont facultatifs mais si nous décidons d’aller les chercher, cela nous donne des points que nous pouvons déduire sur nos km parcourus sur le nombre de km idéal (à vol d’oiseau) selon le parcours choisi. Les différents CP obligatoires ferment à des heures déjà établies. Si un CP n’est pas pointé à l’heure, tous les CP suivants dans la journée ne peuvent être pointés. Chaque CP obligatoire non pointé donne 5 points de pénalité à l’équipe. Nous pouvons trouver les CP bonus seulement qu’avec une photo qu’on nous fourni, il n’y a donc aucune indication sur le terrain nous permettant de confirmer que nous avons trouvé l’endroit exacte où se trouve le CP bonus.
Jour 1: La journée des perdues
Le matin du premier jour, nous sommes nerveuses et fébriles. Motivées et quand même confiantes, nous partons vers ce qui sera la journée la plus difficile de notre trek. Direction premier CP bonus noir qui vaut 3 points de déduction. Nous arrivons rapidement à l’endroit où nous pensons être le bonus noir mais impossible de le trouver. Il s’agit de plusieurs grosses roches situées sur le bord d’une route. Des roches et des routes dans le désert, il y en a partout… c’est comme trouver une aiguille dans une botte de foin 😂, sans indication. Nous finissons par contre par trouver l’endroit exacte après avoir dévié un peu de notre route.
Direction CP1 par la suite, nous voyons nos premières dunes et c’est magnifique. On nous avait dit que le désert avait reçu énormément d’eau et c’est vrai puisque nous arrivons à l’endroit le plus incroyable du désert que nous avons vu. Devant nous se trouve des dunes de sables et de l’eau verte turquoise… c’est irréel. À cet endroit difficile à décrire tellement c’est beau, se trouve le CP1!
Nous partons ainsi vers un autre CP bonus noir et sans nous en rendre compte, nous prenons le mauvais cap, nous marchons ainsi dans la mauvaise direction au travers les dunes de sables pendant un bon moment. Rendu au bout des dunes, nous comprenons enfin que nous ne sommes pas du tout au bon endroit et que nous sommes perdues. Encore plus dramatique, nous n’arrivons pas à nous situer sur la carte et avoir des points de repères pour pouvoir trianguler notre position et trouver ainsi un nouveau cap. Nous choisissons alors une solution catastrophique, nous décidons de suivre des traces de pas dans le sable, ne sachant pas que nous suivons des pas d’une équipe aussi perdue que nous 😂😂.
Après un bon moment, nous rencontrons plusieurs autres équipes aussi perdues, chacune prend une stratégie différente er nous nous perdons de vue. Cependant, la situation devient encore plus tragique, puisque nous manquons d’eau et il fait très chaud. Nous sommes perdues, nous manquons d’eau et le temps commence à presser puisque le CP1 ferme à 15h. À ce moment, on se questionne à savoir si nous allons devoir, dès la première journée, activer la balise de détresse et ainsi être éliminées de la compétition.
Mais la magie opère et nous connaissons nos premiers moments de solidarité entre équipes. Nous rencontrons une équipe qui elle aussi est perdue, nous mentionnons notre besoin en eau et sans hésitation, l’équipe nous donne un peu de leur eau alors qu’elles en ont pas des tonnes non plus. Nous décidons de nous entraider et de nous suivre. Ce n’est pas permis normalement mais situation de survie oblige, nous décidons de nous unir afin de survivre.
Nous continuons à tourner en rond et nous montons sur une dune. Nous avons, à ce moment, deux points de repères pour effectuer une triangulation et trouver un nouveau cap pour trouver le CP2. Sans trop savoir si nos informations sont bonnes, nous nous dirigeons en marche rapide vers la nouvelle direction trouvée. Tel un oasis au milieu du désert (littéralement) 😂, nous voyons enfin le CP2 et nous devons courir pour pointer le CP à temps. Ce CP sera pointé 10 minutes avant la fermeture. Nous sommes à ce moment là complètement désséchées et à bout de souffle. Heureusement, il s’agit d’un CP qui nous permet de nous ravitailler en eau et en nourriture.
La réalité nous rattrape et notre belle insouciance est envolée. Nous poursuivons donc notre parcours selon notre stratégie de départ, faire tous les CP bonus noirs, les plus payants, après tout, nous en avons trouvé un le matin même malgré quelques difficultés.
Nous faisons cette fois-ci une autre erreur, celle de trop nous fier au podomètre que nous avons. Le podomètre est la seule façon de connaître de façon plus ou moins précise le nombre de km parcourus entre deux CP. Nous croyons être au bon endroit pour le CP noir mais il s’agit d’un point entre deux buissons. De plus, compte tenu que la photo a été prise avant la grande quantité de pluie tombée dans le désert, les buissons ont pu changé sensiblement depuis ce temps. Nous n’arrivons pas à trouver l’endroit exacte où le CP se trouve. Ainsi, sans avoir la certitude d’avoir trouvé le bon endroit, nous pouvons pas partir du nouveau cap que nous avions calculé.
Encore une fois, nous sommes perdues. Nous tournons en rond et nous tentons de nous fier aux traces mais rapidement, nous prenons conscience que les traces que nous suivons sont celles que nous aurions du prendre pour trouver le CP2 un peu plus tôt.
Nous rencontrons alors l’une des 2 autres équipes québécoises de la compétition. Mais elles sont perdues elles aussi…
En haut d’une dune, nous voyons un bâtiment au loin, nous savons qu’il s’agit d’un autre CP bonus mais dont la valeur est moindre que le bonus noir que nous avions prévu de pointer. Peu importe, ce CP bonus va nous permettre de nous retrouver. Le temps presse, le CP3 va bientôt fermer. Nos compatriotes prennent la décision de poursuivre leur chemin de leur coté (nous apprendrons plus t**d qu’elles n’arriveront jamais à terminer cette journée et qu’elle ont dû activer la balise de détresse). Nous nous dirigeons donc vers le bâtiment qui nous permettra de retrouver notre chemin. En marchant rapidement, presque qu’en courant, nous nous rendons à notre point de repère, et nous savons désormais que le CP3 se trouve à moins de 300 mètres. Mais il est trop t**d et le CP3 est désormais fermé. Nous voyons le CP3 au loin, il s’en est fallu de peu pour atteindre notre objectif mais voilà, notre journée est terminée, il ne sert à rien de continuer à pointer les CP obligatoires restant.
Mais voilà que nous comprenons qu’il nous reste quelques minutes avant la fermeture du CP3, il est 17h27 et le CP ferme à 17h30. Une équipe y est déjà, nous nous mettons à courir comme des folles, l’autre équipe nous encourage et nous crie après, nous courons alors avec l’énergie de l’espoir. Nous pointons finalement le CP3 à 17h29 alors qu’il ferme à 17h30. En pleure, nous tentons de reprendre notre souffle, mais le temps presse encore. Nous devons rallier le CP4 avant sa fermeture, il y a plus de 4km et moins d’1h30 pour le rallier. C’est peu, quand il faut prendre en compte le terrain et le fait que nous devons constamment nous arrêter pour nous assurer que nous gardons le bon cap.
Les derniers 100 mètres sont interminables, car encore une fois, selon le podomètre, nous sommes supposées être arrivées au CP4 mais nous ne le voyons pas. La nuit tombe tranquillement et nous ne savons pas comment garder notre cap dans la noirceur, notre formation ne nous ayant pas appris à le faire …. Nous rejoignons en cours de route d’autres équipes, qui ont les mêmes préoccupations. Nous marchons de plus en plus rapidement, il reste moins de 10 minutes avant la fermeture du CP. Mais où est-t’il donc ? La marche devient encore une fois de la course. Encore une fois, le CP4 nous apparaît d’un coup, derrière une petite butte, nous y arrivons à moins de 10 minutes de la fermeture.
Épuisée physiquement mais encore plus mentalement, après avoir eu une journée complètement horrible, nous nous reposons un peu avant de faire les quelques km qui nous reste pour entrer au bivouac. Au classement, on nous annonce que nous avons fait 23km au lieu des 18 km que nous aurions idéalement dû faire. Malgré tout, grâce au fait que nous avons réussi à pointer tous les CP obligatoires et deux CP bonus, nous sommes à un peu plus de deux km de pénalité. Nous nous retrouvons au 72e rang au classement des novices et au 102e rang au classement générale.
Nous rentrons au bivouac à 19h45, cela fait plus de 12h que nous marchons mais notre journée n’est pourtant pas terminée. Après avoir été pris une do**he et fait soigner de petits bobos au pied, nous nous retrouvons dans la tente restaurant pour dévorer un souper et placer les CP obligatoires du lendemain. Nous nous couchons passé 23h30, la nuit sera courte puisque le réveil se fait à 5h30 le lendemain.
Cette première journée aura été horrible. Malgré tout, nous sommes fières de ce que nous avons fait. À fleur de peau, nous nous couchons le coeur rempli d’inquiétude et peu confiantes en nos moyens pour le lendemain. Le reste du trek sera t’il aussi difficile ? Serons-nous capables de poursuivre et de terminer notre expédition ? Des questions plein la tête, chacune de nous s’endort sans se douter que la journée suivante sera incroyable. À suivre …