05/27/2026
Dans le cadre des festivités soulignant le 150ᵉ anniversaire de la découverte de l’amiante, qui se tiendront le samedi 11 juillet sur le site de KB3 - Musée Minéro de Thetford Mines, le Centre d’archives vous propose une capsule historique hebdomadaire.
Aux débuts de Thetford Mines, le paysage urbain n'était pas dicté par des architectes, mais par la richesse du sous-sol. Puisque les compagnies minières possédaient les droits sur les terres, la ville s'est littéralement moulée aux gisements d'amiante, créant une organisation spatiale totalement dépendante de l'industrie.
Plutôt que de voir un centre-ville unifié émerger, de petits noyaux de peuplement se sont créés autour de chaque puits d'extraction, comme les mines King, Bell ou Johnson. Les mineurs, pressés de s'installer près de leur travail, construisaient des habitations modestes à l'ombre des installations minières. Cette proximité était extrême : les familles vivaient au rythme des explosions et sous un voile constant de poussière.
Cette occupation du sol était marquée par une grande précarité. Les ouvriers n'étaient souvent que locataires du terrain, les propriétaires miniers se réservant le droit de déplacer les maisons si un nouveau filon était découvert. Cette réalité a donné naissance à une ville nomade et fragmentée, où l'infrastructure publique (rues, aqueducs et électricité) était souvent gérée par les compagnies elles-mêmes. En somme, Thetford Mines n'était pas une ville qui accueillait des mines, mais une mine qui tolérait une ville sur son passage, forçant les citoyens à s'adapter sans cesse aux besoins de l'extraction.
Source: CART, - Fonds Les Célébrations du centenaire de Thetford Mines 1992