08/28/2026
La mobilité durable c’est d’abord le transport collectif ou actif. Si l’auto solo est essentielle la voiture électrique est nettement plus avantageuse pour l’environnement que l’auto à essence. Elle est aussi plus économique! Cette étude très fiable le prouve!
LE FAMEUX DILEMME DE LA VOITURE ÉLECTRIQUE
Avez-vous déjà eu des disputes avec une connaissance, un ami à savoir ce qui pollue le plus entre la voiture électrique et la voiture à essence?
Voilà que des chercheurs québécois s’en mèlent et on créé un outil vous permettant de mettre des arguments et des chiffres sur des impressions.
Voici l’article du Devoir du 26 août qui nous en parle
« On voulait faciliter le débat démocratique, qui est difficile si on manque d’information vulgarisée, issue d’une recherche solide », explique Raphaël Baril, le fondateur de Pareto, un laboratoire d’idées qui se penche sur la transition socioécologique.
Lancé ce mardi, le nouvel outil interactif de Pareto permet de comparer les véhicules thermiques et électriques sur une multitude d’axes : climat, eau, minéraux, santé humaine, portefeuille, etc.
Il se base sur des études récentes d’analyse de cycle de vie. Le modèle est configuré pour le contexte québécois : il prend compte de la très faible intensité carbone du réseau d’Hydro-Québec, par exemple.
C’est la « curiosité intellectuelle » — et non le militantisme — qui a guidé l’OBNL dans ce projet, explique M. Baril, qui est aussi chercheur à l’Université Laval.
Par la force des données, la compilation démontre que le véhicule électrique est un choix largement supérieur sur les plans écologique et économique. « Le résultat est net », dit M. Baril.
Dans ses réglages par défaut, l’outil interactif compare un véhicule thermique qui consomme 6,8 litres d’essence aux 100 km à un véhicule électrique qui utilise 16 kilowattheures (kWh) aux 100 km et doté d’une batterie lithium-fer-phosphate (LFP) de 60 kWh. Ces réglages correspondent à une Toyota Corolla et à une Tesla Model 3 Propulsion. Les calculs sont réalisés pour une durée de vie de 300 000 kilomètres. Tous les paramètres sont ajustables.
En matière d’émissions de gaz à effet de serre, le véhicule électrique émet 5,7 tonnes de CO2 sur l’ensemble de sa durée de vie, ce qui comprend l’ensemble des chaînes manufacturières et énergétiques dont il dépend. La batterie compte pour 3,7 tonnes.
Le véhicule thermique, lui, cause l’émission de 68,3 tonnes de CO2, une pollution en immense majorité imputable à la production et à la combustion de son carburant pétrolier.
Ainsi, sur l’ensemble de sa durée de vie, le véhicule électrique génère 12 fois moins de gaz à effet de serre que le véhicule à essence. Et la « dette carbone » attribuable à sa fabrication est amortie après 14 000 kilomètres.
Quant au coût d’achat des véhicules, légèrement supérieur pour l’option électrique (après les subventions), il est rapidement compensé par les économies d’essence.
Après 300 000 kilomètres, le véhicule thermique aura brûlé l’équivalent de 50 000 $ d’essence (au prix de 1,75 $ le litre), tandis que le véhicule électrique aura consommé l’équivalent de 8000 $ d’électricité (au tarif domestique de 10,5 ¢ le kWh) — une différence de 43 000 $.
Un seul bémol : les minéraux
L’outil indique par ailleurs que le véhicule électrique consomme trois fois moins d’eau que celui à essence. Pour la batterie, 11 mètres cubes (m3) d’eau servent à extraire du lithium par évaporation, mais le raffinage du pétrole exige 35 m3 d’eau.
Il révèle aussi que les véhicules électriques sont moins nocifs pour la santé humaine. La pollution de l’air due aux véhicules thermiques cause 1200 décès prématurés par année au pays, selon Santé Canada. Même l’emprise territoriale des véhicules électriques — y compris les éoliennes, les panneaux solaires et les usines de batteries dont ils dépendent — est inférieure à celle des véhicules thermiques, selon les références citées par l’OBNL. Il s’avère que les raffineries, les oléoducs, les puits de pétrole et les mines de sables bitumineux occupent un espace considérable…
Le seul axe environnemental où le véhicule à essence l’emporte, quoique marginalement, est celui des ressources minérales.
La fabrication d’un véhicule électrique requiert effectivement une plus grande quantité de minéraux, tels que le phosphate, le graphite, l’aluminium, le cuivre et le lithium. Mais l’écart se resserre quand on ne néglige pas de comptabiliser les métaux (platine, palladium, rhodium) qui se trouvent dans les catalyseurs des véhicules à essence, et les minéraux nécessaires au raffinage du pétrole.
Raphaël Baril regrette que le mouvement environnemental entretienne une certaine « confusion » au sujet des véhicules électriques.
Certes, ces véhicules ne sont pas irréprochables d’un point de vue écologique — surtout par rapport aux transports actif et collectif. « Le meilleur véhicule, c’est celui qui n’est jamais construit », affirme-t-il.
Mais, poursuit M. Baril, ce n’est pas une raison pour nier les avantages environnementaux des véhicules électriques par rapport aux modèles à essence, qui se manifestent « sur presque tous les axes ».
Commentaires et partage par Michel Desautels