07/02/2026
Austérité au Québec
[Résumé : les coupures dans la fonction publique finissent par nous coûter plus cher et inondent le communautaire de demandes qu'il n'avait pas avant.]
Eh oui, encore le mot en « A ». Le gouvernement, bien que sur le point de se faire montrer la porte par le Québec (espérons-le...), promet encore de couper dans la fonction publique. C'est bien connu : quand quelque chose ne fonctionne déjà pas, il suffit d'enlever des pièces pour améliorer la situation (sarcasme).
Cette décision s'inscrit dans la continuité des deux derniers mandats de ce parti. Couper est à la mode, alors on coupe sans se demander pourquoi, comme s'il n'y avait pas de lendemain... Pourtant, les arguments avancés par les adeptes de ces politiques tournent toujours autour de la sacrosainte dette, agitée tel un épouvantail sur toutes les tribunes possibles et imaginables.
Mais parlons-en, de cette dette.
Contrairement au discours alarmiste qu'on nous sert, la dette du Québec n'est pas une catastrophe imminente. Elle est même parmi les plus gérables des provinces canadiennes quand on la compare à la capacité de payer de l'État. Ce qui pose vraiment problème avec la dette, c'est qu'on l'utilise pour justifier des coupures idéologiques dans les services publics, alors qu'on n'hésite pas à offrir des baisses d'impôts aux plus riches ou des subventions généreuses aux entreprises privées. La dette devient soudainement moins préoccupante quand il s'agit de favoriser l'élite économique.
En réalité, investir dans les services publics et la fonction publique, c'est investir dans notre capacité collective à répondre aux besoins de la population et ça, c'est loin d'être une dépense inutile!On parle ici de notre filet social, le mécanisme qu'on se doit se donner en tant que société pour être certains que tout le monde dans la province commence sa vie de façon le plus égale possible et que si une badluck arrive, bin il ne se retrouvera pas à devoir dormir dehors à -40.
Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) a d'ailleurs publié de supers graphiques concernant ces coupures et cette fameuse dette et les autres dépenses de l'État. Le plus frappant dans ces chiffres : le gouvernement a dépensé plus de 7 milliards de dollars en sous-traitance depuis l'année fiscale 2018-2019!
Il est important de comprendre ici que non seulement les coupures ne sauvent pas véritablement d'argent, mais qu'elles engendrent des dépenses superflues en ayant recours à la sous-traitance. Par sous-traitante, on parle ici d'embauche d'employé privé pour faire un travail qui aurait pu être fait par la fonction publique... Rappelons que le but premier du privé est de faire du profit. Il est certain que tout finit par coûter plus cher, même si les coûts peuvent sembler à première vue attrayants.
Pour le communautaire, ça veut aussi dire plus de travail. Quand on retire des fonctionnaires qui sont payé·e·s pour aider les citoyen·ne·s à naviguer les méandres administratifs de notre système, c'est nous, le communautaire, qui nous retrouvons à pallier ce manque — sans que ce soit notre mission principale et encore moins avec un financement supplémentaire.
Pour résumer : les coupures dans la fonction publique finissent par nous coûter plus cher et inondent le communautaire de demandes qu'il n'avait pas avant. Où est la logique?